<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738</id><updated>2012-02-12T11:28:29.340+01:00</updated><title type='text'>Faits Dérangeants</title><subtitle type='html'>Une collection de faits dérangeants, glanés au fil du temps et des péregrinations.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>20</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-112585145089963345</id><published>2005-09-04T18:28:00.000+02:00</published><updated>2005-09-04T18:43:31.776+02:00</updated><title type='text'>Les propagandistes</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Les propagandistes&lt;br /&gt;par Silvia Cattori&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etre humain c’est être présent à l’instant même où l’on sait que des humains, quels qu’ils soient, sont sauvagement violentés par plus forts qu’eux. Or tout le monde ne l’entend pas de cette oreille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a, dans toutes sortes d’arènes médiatico-politiques - en France surtout - une « intelligentsia » fondamentalement anti-arabe et anti-musulmane, qui a toute latitude de monopoliser la parole et dont les prises de positions imposent une lecture biaisée de l’horrifiante réalité au Moyen-Orient et en Afghanistan. Son influence - qui s’étend par cercles concentriques, parfois bien au-delà de l’Hexagone - pèse d’un poids décisif dans l’orientation de l’opinion et les décisions politiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, quelques propagandistes, sans problèmes de conscience ni considération humaine, quand il s’agit de déformer les faits dans le sens de leurs objectifs, peuvent - au détriment d’une réflexion équilibrée - donner une vision tronquée et mensongère, dicter une manière de voir et d’exclure à « l’israélienne », instruire des procès contre ceux qui défendent des thèses opposées.&lt;br /&gt;Ils sont bien connus du public. En France, ils sont de toutes les tribunes culturelles et politiques. Ils s’appellent, notamment, Alain Finkielkraut, Alexandre Adler, Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann [1]. Ils ne sont, a priori, ni de droite ni de gauche. Ils sont centrés sur leur cause : la défense d’Israël et l’éradication de ceux qu’ils qualifient « d’antisémites ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils s’émeuvent quand il y a des victimes en Israël mais se refusent à toute compassion quand les victimes sont arabes [2]. Et, lorsque leur parti pris communautariste est mis en question, ils se prévalent du poids de la Shoah, invoquent la « judéophobie », ce qui met automatiquement leurs contradicteurs dans la position de coupables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or, il n’y a pas dans nos sociétés, de « haine du juif » comme ils l’affirment à cor et à cris. « Il est plus que temps de le dire, à haute et intelligible voix : de toute l’histoire juive (…) il n’y a jamais eu d’époque aussi dénuée d’antisémitisme que la nôtre. Jamais les juifs n’ont connu période plus favorable que la période actuelle. » Ran Ha Cohen ne pouvait mieux dire ! [3]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par contre, ce qui est palpable, réel et difficile à tolérer, c’est la haine et la méfiance à l’égard des Arabes et des musulmans. Haine et méfiance qui s’expriment à toute occasion. Comme lors de la visite à Paris du Premier ministre Ariel Sharon, où celui-ci a pu déclarer publiquement sans susciter de réaction : « Ma mère m’a donné un conseil, qui fut un phare tout au long de ma vie. Ma mère me disait (…) ne crois absolument pas les Arabes". Effectivement, j’ai suivi ce conseil tout au long de ma vie active. » [4] Propos raciste s’il en est, de surcroit prononcé dans un pays qui proclame lutter contre le racisme et les discriminations raciales. Imaginez quelle tempête aurait provoqué un chef d’État arabe, et a fortiori européen, qui se serait permis de déclarer que sa mère « lui avait toujours conseillé de ne jamais croire les juifs » !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’y a-t-il pas dans une démocratie – du moins telle qu’on nous la chante - un code moral, une éthique, des exigences de probité et d’intégrité auxquels aucune situation politique, n’autorise à déroger ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerre d’Israël contre les Palestiniens dure depuis plus d’un demi-siècle. Si Israël respectait la légalité, se retirait des territoires qu’il colonise, se soumettait aux résolutions de l’ONU, il serait possible d’instaurer la paix rapidement. Or, Israël veut gagner du temps et du terrain, par la continuation de la guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 2000 – moment où Israël a considérablement durci sa politique de coercition - il y a eu une large prise de conscience de l’opinion sur le caractère brutal de sa politique d’apartheid. Ici, nos propagandistes inféodés à Israël ont immédiatement senti le danger et organisé la contre-attaque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne pouvant argumenter sur le plan du droit, ils ont tout de suite cherché à sauver les meubles, et à masquer des décennies de crimes et de tromperies historiques et politiques, en pointant du doigt le port du voile, l’Islam, le « fanatisme arabe », donnant ainsi corps et vie à la théorie du prétendu « choc de civilisations », chère à Tel Aviv et Washington. Théorie, qui ne sert qu’à justifier des guerres impitoyables dont l’État d’Israël est le premier bénéficiaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tandis que, lavés du sang arabe qu’ils ont sur les mains, Barak, Peres, Sharon, ont été successivement présentés comme « des hommes de paix », les jeunes Arabes qui brûlent le drapeau israélien pour protester contre les tueries de Palestiniens et parce qu’ils croient au droit de leurs peuples à décider de leur destin, sont eux, désignés à la vindicte. Il n’est bien sûr pas question pour cette intelligentsia d’établir un lien entre les actes de vengeance d’humiliés - qu’elle appelle « terroristes » - et la violence des armées étatiques qui les poussent aux extrêmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En novembre 1967, lors d’une conférence de presse, le Général de Gaulle prenait acte de l’occupation armée israélienne de territoires arabes et prévoyait en substance : « Cette occupation provoquera une réaction de résistance naturelle que les forces d’occupation ne parviendront pas à juguler et qu’ils qualifieront de terrorisme ». C’était il y a 38 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faut-il vraiment s’étonner que des jeunes gens, jetés au désespoir par l’enfer et les souffrances générées par ces guerres injustes, finissent par se faire exploser ? N’est-ce pas ce que les propagandistes, payés pour jeter de l’huile sur le feu, ont insidieusement cherché ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce ne sont ni les « antisémites » imaginaires, ni les « terroristes » musulmans, qui « menacent les juifs ». Ce sont les armées de Sharon, Bush, Blair, qui terrorisent et ensanglantent la terre entière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour où, partout dans le monde, les propagandistes inféodés à Israël cesseront de dénaturer la vérité et de qualifier de « terrorisme » toute forme de résistance à l’oppression coloniale, le jour où Israël ne disposera plus ni du soutien de Washington, ni de la bienveillance des états et des médias occidentaux, et qu’il aura l’humilité de reconnaître ses torts vis-à-vis des Palestiniens, ce jour là, il n’y aura plus de raisons pour les Arabes, les musulmans, ni pour quiconque, de se révolter. Mais jusque là, hélas, le monde va continuer de vivre dans la violence et la peine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu’à quel point ces jusqu’au-boutistes en parfait accord avec la politique sioniste n’ont-ils pas contribué, par leurs thèses partisanes, à manipuler l’opinion en faveur d’une idéologie contraire aux lois internationales, et à favoriser des guerres illégales qui ont conduit au cauchemar auquel nous sommes présentement confrontés ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, le fait qu’Israël se soit défini comme « État juif » ne devrait pas conduire automatiquement les Français nés dans des familles juives, à se sentir solidaires de sa politique. Pas plus que les Français nés dans des familles chrétiennes ne se sont crus obligés de soutenir des dictateurs catholiques en Argentine, au Chili, etc. « Juif » n’est pas une race, n’est pas une ethnie, n’est pas une nationalité (en dehors d’Israël). Cela se rapporte à une religion. À la sphère privée. Un citoyen suisse ou français de confession juive n’est en rien différent, aux yeux des non-juifs, d’un citoyen suisse ou français, de confession catholique, protestante ou musulmane.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui a intérêt à orchestrer des campagnes de mise au ban de la société de tel ou tel contradicteur, sous prétexte « d’outrance anti-juive », de « négationnisme », de « révisionnisme ? » Mais d’abord, qui sont les négationnistes par excellence ? Ceux qui défendent le droit des Palestiniens à exister sur leur terre ou ceux qui leur nient un droit de retour [5], qui nient la politique meurtrière d’apartheid et d’épuration ethnique d’Israël, et qui font l’impasse sur les persécutions et les assassinats qui endeuillent chaque jour des familles en Palestine, en Afghanistan, en Irak ? [6]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est un secret pour personne. L’épouvantail de « l’antisémitisme » et le rappel incessant de l’Holocauste servent à jeter le voile sur les crimes perpétrés par un Etat qui s’est construit sur des biens volés et l’épuration ethnique des Palestiniens, commencée en 1948, toujours en cours. Leur sort terrifiant nous touche en permanence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Innocenter un État qui pratique la discrimination raciale, qui ne connaît que la force des armes et la brutalité, qui contrevient à toutes les lois humanitaires, qui refuse de se conformer aux principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ce n’est pas une posture acceptable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médias qui ont fait le renom et les succès d’édition de ces soit disant « philosophes » ont joué avec le feu. On est en droit de leur demander des comptes !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De quel magistère moral peuvent bien se prévaloir les Alain Finkielkraut, Alexandre Adler, Bernard-Henri Lévy, Bernard Kouchner, André Glucksmann, pour décider de ce qui peut être dit et pas dit et, plus grave, ostraciser tous ceux qui refusent de voir le monde à travers leurs lunettes partisanes ? Quelle qualification ont-ils pour s’attribuer le pouvoir de juger et de condamner ? La liberté d’expression ne peut-elle donc s’exercer qu’en Israël ou des intellectuels, tel Ilan Pappe, Gilad Atzmon et Israël Shamir, peuvent, sans se brider, dénoncer sévèrement la politique inique de leur pays ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand vous demandez à ceux qui, ces vingt-cinq dernières années, ont été victimes de cabales : « Qui était à l’origine des calomnies qui vous ont détruit, mis au ban de la société ? », les personnages constamment cités comme s’étant particulièrement acharnés à les diffamer publiquement et à les détruire, sont : André Glucksmann, Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment lutter contre leurs manipulations, rétablir un semblant de vérité ? Ceux qui - comme l’humoriste Dieudonné ou l’intellectuel Tariq Ramadan - ont osé le tenter, l’ont chèrement payé [7].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Néanmoins, même si leur emprise sur l’opinion a pu retarder une indispensable prise de conscience, ils n’ont pas pu totalement empêcher les gens de s’émanciper, de penser par eux-mêmes, ni de se tourner vers les médias alternatifs [8].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le récent sondage, qui a révélé qu’une majorité d’Européens considéraient Israël et les Etats-Unis comme les principaux dangers pour la paix du monde, l’a bien montré. Le mythe de « l’unique démocratie du Moyen-Orient » et du bon soldat de Tsahal, se noie aujourd’hui dans le sang. C’est précisément, cette prise de conscience qui inquiète les thuriféraires d’Israël et les pousse à hausser encore le ton !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est pourquoi, il ne faut pas avoir peur de dire que les sketches de l’humoriste Dieudonné, les aphorismes décapants d’un Alain Soral, l’argumentation d’intellectuels comme Tariq Ramadan, la pensée complexe de sociologues comme Edgar Morin, l’information de journalistes intègres comme Charles Enderlin [9] et Alain Ménargues [10], toutes ces voix que l’on veut faire taire, sont des voix irremplaçables ! Des voix qu’ils convient de protéger vigoureusement, car elles peuvent contribuer à contrebalancer quelque peu le discours partisan d’intellectuels au service d’une idéologie raciste et à rétablir un certain équilibre des points de vues exprimés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous devons avoir présent à l’esprit que la bataille pour rendre justice aux opprimés en Palestine et en Irak se joue d’abord ici, chez nous : sans une forte pression de l’opinion internationale sur Israël et les États-Unis, il n’y a pas d’espoir que ces peuples puissent jamais obtenir réparation et reconnaissance de leurs droits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soutenir ces guerres porteuses de malheurs revient à étouffer le cri de tous les peuples qui en sont les victimes. Cela nous ne pouvons pas humainement et moralement l’accepter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui sont engagés dans ce combat, avec bonté, avec compassion, avec amour, doivent savoir qu’ils ne sont pas nombreux. Et que, s’élever contre les propagandistes qui brandissent l’anathème de « l’antisémitisme » et du « négationnisme », pour prendre publiquement la défense de ceux qui sont injustement vilipendés, est une urgence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Silvia Cattori&lt;br /&gt;Journaliste suisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[1] Désignés « nouveaux philosophes » par Laure Adler : « Ce qui a permis de vendre des livres, qui était le but de l’opération » avouait cyniquement Françoise Verny ; qualifiés par la suite de « nouveaux chiens de garde » (Serge Halimi), de « philosophes à la pensée nulle » (Gilles Deleuze), de « nouveaux imposteurs », de « nouveaux réactionnaires », etc, ils n’en ont pas moins abusé de la bonne foi de générations de lecteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[2] Ils ne se sont jamais exprimés quant au sort terrifiant infligés aux Arabes et aux Musulmans victimes de sévices barbares, à Abu Graib, à Guantanamo et en Israël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[3] Voir site : www.Antiwar.com&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[4] Ces propos ont été tenus le 28 juillet 20005 à Paris en présence de la « communauté juive ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[5] La population de réfugiés palestiniens est la plus grande du monde. En 2005, d’après les statistiques de l’UNRWA, ils se répartissaient ainsi : 4, 2 millions. Dont 1,7 en Jordanie ; 861 645 dans la bande de Gaza ; 687 542 en Cisjordanie ; 424 650 en Syrie ; 400 582 au Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[6] Quand G.W.Bush menaçait d’intervenir en Afghanistan, on a entendu sur Arte B-H. Lévy et A. Adler, proclamer leur entier soutien à la guerre qui allait « libérer les femmes musulmanes de la burka ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[7] Voir sur Ramadan : http://www.politis.fr/article716.html Voir sur Dieudonné http://www.oulala.net/Portail/article.php3 ?id_article=1828&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[8] Internet est devenu le canal d’information le plus prisé des lecteurs qui veulent avoir accès à une information indépendante, à l’abri de toute censure ou autocensure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[9] Charles Enderlin est depuis 2001 diffamé - notamment par Alain Finkielkraut et le mensuel du judaïsme français L’Arche, - pour avoir attribué à l’armée israélienne l’assassinat de l’enfant Mohammed Al Dura.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[10] Alain Ménargues a été injustement licencié de son poste de vice-directeur de RFI peu après la publication de son livre : Le mur de Sharon. Paris, Presse de la Renaissance, 2004.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.voltairenet.org/article127233.html"&gt;http://www.voltairenet.org/article127233.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/09/les-propagandistes.html" rel="tag"&gt;Adler&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/09/les-propagandistes.html" rel="tag"&gt;Finkielkraut&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/09/les-propagandistes.html" rel="tag"&gt;Glucksmann&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/09/les-propagandistes.html" rel="tag"&gt;Kouchner&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/09/les-propagandistes.html" rel="tag"&gt;Levy&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-112585145089963345?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.voltairenet.org/article127233.html' title='Les propagandistes'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/112585145089963345/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=112585145089963345' title='10 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112585145089963345'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112585145089963345'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/09/les-propagandistes.html' title='Les propagandistes'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>10</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-112585068213257657</id><published>2005-09-04T18:13:00.000+02:00</published><updated>2005-09-04T18:20:35.920+02:00</updated><title type='text'>Alexandre Adler : Expert en variations et médiacrate tous terrains</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Les facéties d’Alexandre Adler : Expert en variations et médiacrate tous terrains&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;par Mathias Reymond&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Vous occupez, pour longtemps, toutes les places, votre réseau contrôle toutes les voies d’accès et refoule les nouveaux, le style que vous imprimez au pouvoir intellectuel que vous exercez enterre tout possible et tout futur. Du haut de la pyramide, amoncellement d’escroqueries et d’impudences, vous déclarez froidement, en écartant ceux qui voudraient regarder par eux-mêmes qu’il n’y a rien à voir et que le morne désert s’étend à l’infini. » [1]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour éclairer ces propos de Guy Hocquenghem, adressés à ceux qui ont procédé à « la lente pédagogie du renoncement », revenons sur la carrière exemplaire du fastidieux Alexandre Adler dont l’ampleur des variations idéologiques et partisanes n’a d’égale que la quantité de souliers cirés : une souplesse de l’échine qui passe, dans les médias qu’il squatte, pour un signe d’agilité de la pensée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un parcours médiatique « exemplaire »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né le 23 septembre 1950 à Paris, Alexandre Adler est un ancien élève de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm ; il est agrégé d’histoire, auditeur à l’Institut des Hautes Études de Défense nationale (IHEDN), professeur pour l’enseignement militaire supérieur détaché au ministère de la Défense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir côtoyé Libération et ses ex-maos (de 1982 à 1992), Adler volera du Point à L’Express en passant par l’Expansion avant de s’associer à Jean-Marie Colombani au sein du Monde (et de son émission « La rumeur du Monde » sur France Culture) et du Courrier International (1992-2002).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son départ précipité de ce journal, serait dû à « un « bloc-notes » très controversé et intitulé « Tournant en Allemagne ? » et qui portait « sur la place des juifs dans ce pays. » [2] Mais, rassurant ses adorateurs, il a précisé : « Depuis le 11 septembre, je suis en guerre. (...) Dans ce nouveau combat pour moi, et qui n’était plus seulement intellectuel, je dus quitter Courrier International et Le Monde, le second avec regret, le premier avec un regret mêlé de soulagement. (...) Je ne pouvais guère, en ces temps de radicalisation, me retrouver coude à coude avec ceux qui combattent la mondialisation, la démocratie américaine et Israël. » [3]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, Alexandre Adler côtoie l’équipe du Figaro et de France Culture et collabore au site proche-orient.info. Présent sur La Cinquième le temps de quelques cours d’histoire (aux côtés de Colombani), on le voit souvent aussi sur Arte et plus récemment sur la chaîne satellite catholique TV KTO. Il concourt régulièrement à de nombreux « vrai-faux débats » télévisés sur la géopolitique et les conflits internationaux, et n’hésite pas, comme tout le monde, à aller parader chez Thierry Ardisson (19/06/2004).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En somme, Adler a croisé Serge July, Claude Imbert, Bernard-Henri Lévy, Alain Duhamel, Jean-François Revel, Jacques Attali, Denis Jeambar, Jean-Marie Cavada, Laure Adler, Jean-Marie Colombani, Alain Minc, Edwy Plenel et Yves de Chaisemartin dans un cadre purement professionnel... qui en dit long sur la profession en question. Telle une araignée « affamée », « l’expert » tisse la toile de son cercle proche, puis de son réseau d’amitiés. Toutes ces portes d’entrée sur le monde médiatique et politique lui permettent de toujours trouver tribune pour ses proses, micro pour ses paroles et caméra pour ses gesticulations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un parcours politique « cohérent »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Appelant à voter communiste lors des élections européennes de juin 1979 [4], encarté chez les communistes jusqu’en 1980 [5], appartenant « corps et biens [...à] la Gauche française », s’insurgeant contre les technocrates de droite, ces « fascistes en cravates [qui] peuplent les cabinets ministériels » [6] ; il a, comme beaucoup, sous le règne de François Mitterrand, vendu son âme à la mondialisation de l’économie de marché et s’est installé sur la très vaste planète du « centre-gauche ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette planète est tellement vaste, qu’il vote pour le candidat Jacques Chirac en 1995 en précisant avec une grande clarté : « Nous (Adler et sa femme Blandine Kriegel) ne sommes pas des gens de droite [...mais] le malheur des temps oblige à siéger à droite. » [7] Les temps sont durs !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant vingt ans auparavant le jeune Adler affirmait : « c’est l’historien en moi qui croit aux coups de force de la prévision, et il avait prophétisé que « seules les forces de gauche sont sur ce continent porteuses de potentialités culturelles capables de cimenter l’Europe. » [8]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mauvaise prophétie ou reniement idéologique ? Peu importe puisqu’il soutient Jacques Chirac pendant sa campagne présidentielle de 1995 sur le thème démagogique de la « fracture sociale » et une fois que celui-ci entreprend de reprendre les essais nucléaires pour la France, il commet un dossier sur le thème « A quoi sert la bombe ? , en exprimant la nécessité de cette relance car « il n’y a pas d’arsenal nucléaire sérieux sans des tests répétés de bon fonctionnement ». Il explique alors, dans une de ses interminables tirades, qu’il en est de l’indépendance du « pouvoir gaulliste restauré » et de sa « souveraineté face à une opinion humanitaire mondiale peu informée. » [9]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est alors accueilli de façon régulière, en tant que courtisan - et accessoirement expert, à la table de Jacques Chirac [10]. Après avoir été un temps dans le cercle proche de Philippe Seguin, il se retrouve de nouveau dans l’entourage du parti socialiste lors des séminaires de Florence à la gloire de l’OMC et du néo-libéralisme en tant qu’« invité personnel » de Lionel Jospin [11].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Très courtois envers les seniors, il rend hommage à Valéry Giscard d’Estaing, doté d’une « intelligence brillante », et à son très libéral projet de constitution européenne qui correspond « au meilleur équilibrage possible », voir à « un miracle d’équilibre. » [12] Il est loin le temps où il espérait et croyait « à un retournement de la conjoncture (...) qui mette fin dans l’opprobre à l’équipe nixonienne des Giscard et consorts. » [13]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toujours dans l’entourage des princes du monde, il participe à une conférence pour la fondation Prince Pierre de Monaco le 14 octobre 2002, peu de temps après Alain Duhamel et avant Guy Sorman. Puis, lors de la nomination de Nicolas Sarkozy à Bercy, il courtise l’homme politique du moment en participant à un déjeuner avec d’autres professionnels de la pensée jetable, dont André Glucksmann, Alain Finkielkraut, Pascal Bruckner, Alain-Gérard Slama, André Comte-Sponville et Philippe Sollers [14].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, il devient de plus en plus délicat de percevoir les réelles opinions politiques de notre girouette pensante, d’autant que pour lui le « général Massu était l’un des hommes les plus à gauche de toute l’armée française. » [15]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un parcours idéologique « moderne »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La mutation (a)typique du versatile Adler s’est aussi opérée prodigieusement sur le plan des options idéologiques en économie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir été un historien proche du Parti Communiste Français, il s’est métamorphosé en invité « officiel » des grandes entreprises, allant discuter avec les cadres du groupe Vivendi [16], se produisant, en tant qu’invité d’honneur, dans les salons du jockey Club à Paris, le jeudi 13 décembre 2001, devant un parterre d’hommes d’affaires et de diplomates [17], avant de discourir aux Universités d’été du MEDEF en 2002 et 2003.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réincarné en grand adepte de la mondialisation libérale, il présume cyniquement que celle-ci renforcera les structures des démocraties : « la mise en marche, parfaitement compatible, d’un marché de consommation unifié gigantesque en Asie, et d’une capacité financière et technologique prodigieuse en Amérique, en Europe et en Russie peut créer la toile de fond du triomphe de la démocratie. » [18] D’ailleurs, pour lui le marché « a une valeur morale : il attribue la prime au meilleur et permet l’utilisation optimale des biens rares. » [19]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Récapitulons : Brejnévien sous Brejnev, centre-gauche sous Mitterrand, rocardien sous Rocard, chiraquien sous Chirac, proche de Jospin sous Jospin, de droite sous la Droite...Mais surtout, depuis plus de vingt ans, partisan de l’économie de marché sous le libéralisme triomphant. Dans une conversation matinale avec le directeur du Monde Jean-Marie Colombani, Alexandre Adler affirme une bonne fois pour toute « je ne vote pas à gauche ! » [20] Cette fois c’est clair...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Convive perpétuel de tous les médias, courtisan successif de tous les pouvoirs politiques et, pour finir, zélateur de la mondialisation libérale, Alexandre Adler est emblématique de la place qu’occupent dans l’espace médiatique les idéologues professionnels qui se défendent de toute idéologie : car, voyez-vous, ils pensent pour nous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mathias Reymond&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.acrimed.org/article1785.html"&gt;http://www.acrimed.org/article1785.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/09/alexandre-adler-expert-en-variations.html" rel="tag"&gt;Adler&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-112585068213257657?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.acrimed.org/article1785.html' title='Alexandre Adler : Expert en variations et médiacrate tous terrains'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/112585068213257657/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=112585068213257657' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112585068213257657'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112585068213257657'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/09/alexandre-adler-expert-en-variations.html' title='Alexandre Adler : Expert en variations et médiacrate tous terrains'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-112585018319398563</id><published>2005-09-04T18:07:00.000+02:00</published><updated>2005-09-04T18:12:02.243+02:00</updated><title type='text'>Alexandre Adler, portrait d’un omniscient</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Ancien élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, agrégé d’histoire, considéré par de nombreux journalistes comme la référence en matière de géopolitique et de conflits internationaux, Alexandre Adler, ancien éditorialiste à Libération, au Monde, à L’Express et au Point, est présenté comme un commentateur avisé par ses confrères. Ils lui décernent le Prix du livre politique 2003 pour J’ai vu finir le monde ancien... Un prix où nombre des lauréats ont été précédemment membres du jury (1).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nul ne nie l’immense culture d’Alexandre Adler, dont la panoplie des connaissances embrasse l’histoire des Etats-Unis, le conflit du Proche-Orient, sans oublier la Russie, l’Amérique latine et l’Afrique. Cette science lui permet d’expliquer successivement que la victoire électorale de M. Silvio Berlusconi en 2001 est une « catastrophe morale. (...) On peut rapprocher les figures de Mussolini et de Berlusconi » (Courrier international, 3 mai 2001), avant de se reprendre : « La victoire totale de Berlusconi permet de liquider enfin la Ligue (...). C’est en soi une victoire de la démocratie. » (L’Expansion, 23 mai 2001.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une lecture attentive des écrits et des chroniques de l’actuel éditorialiste de France-Culture et du Figaro ouvre au lecteur d’autres surprises (2). Son condensé de l’histoire du XXe siècle italien paru dans Le Monde du 30 octobre 1998 fut tellement décrié dans la Péninsule qu’il valut à Alexandre Adler une réfutation détaillée du Corriere della Sera (4 novembre 1998). Quand, portant son attention sur un autre continent, notre spécialiste avança que « le franc CFA (...) est la monnaie de presque toute l’Afrique occidentale, à l’exception, jusqu’ici, du Nigeria (3) », il oublia de citer le Ghana, le Liberia, la Sierra Leone, la Gambie et la Guinée. Autre continent, autre problème : l’historien de formation n’hésite pas à prétendre que les Américains « ont songé à s’emparer du Canada en 1812, mais ils y ont renoncé assez vite, car ils ne voulaient pas en fin de compte intégrer un bloc de population francophone aussi important (4) ». Les spécialistes canadiens précisent que, loin d’avoir spontanément changé d’avis, les Américains furent repoussés lors de batailles, comme celle de Châteauguay (5).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Présent dans les « cercles de la raison », proche du pouvoir, Alexandre Adler évoque rarement la provenance des confidences qui parsèment ses analyses. Son Odyssée américaine est un ouvrage de 319 pages agrémenté en tout et pour tout d’une vingtaine de notes de référence... et sans bibliographie. Lorsque l’auteur évoque le Venezuela et son électorat populaire – « Notons qu’il reste 40 % de chavistes dans les couches les plus pauvres du Venezuela » (p. 202) –, il ne précise pas l’origine des chiffres qu’il avance. Réalisée au même moment par la société américaine Evans-McDonough, une enquête, pourtant peu encourageante pour le régime, estimait que 54 % des sondés des milieux populaires s’opposaient à la révocation du président. Laquelle fut repoussée par 59,6 % des électeurs, toutes classes confondues...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Assurément, Alexandre Adler ne peut être spécialiste de tous les sujets ; ses chroniques régulières dans un nombre important de médias ne lui laissent pas autant de temps qu’il le souhaiterait pour enquêter. En 2001, entre les deux guerres du Golfe, il décrète que la population irakienne « ne souffre pas des bombardements (6) »... Trois ans plus tard, quand il avance que Yasser Arafat est « un dictateur arabe classique qui ne veut voir qu’une tête » (France-Culture, 14 décembre 2004), il omet de préciser que ce « dictateur » avait été largement élu à la direction de l’Autorité palestinienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elu en 1998 et ayant triomphé de neuf scrutins successifs, M. Hugo Chávez ne serait, lui, qu’un « populiste quasi fasciste » (France-Culture, 3 mai 2005), un « gorille » ou un « primate » (Le Figaro, 11 mai 2005) ou un « semi-dictateur »… qui « vient de passer une nouvelle frontière en inculpant et en incarcérant plusieurs de ses opposants les plus notoires comme l’ancien président social-démocrate Carlos Andrés Pérez » (France-Culture, 3 mars 2005). Quand il qualifie cet acte d’« arbitraire », Alexandre Adler n’indique pas que M. Pérez a été destitué de la présidence de la République du Venezuela en 1993, poursuivi par la justice pour malversation financière aggravée, ni, surtout, qu’il n’a nullement été incarcéré, pour la bonne et simple raison qu’il vit en exil (doré), faisant la navette entre Saint-Domingue et Miami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre spécialiste assure, en juin 2004, que la création d’un Etat en Cisjordanie et à Gaza « va représenter pour les Palestiniens un objectif qui fera baisser la tension au Proche-Orient, mais pas énormément, puisque la majorité des Palestiniens continuent à souhaiter la destruction totale d’Israël (7) ». La revue L’Arche, qui n’a pas l’hostilité à l’égard d’Israël comme marque de fabrique, rendait pourtant compte en janvier 2005 d’une étude réalisée par le Jerusalem Media &amp; Communication Center (JMCC) auprès de 1 200 adultes de la population palestinienne. Elle indiquait que 57 % des personnes interrogées étaient favorables à l’instauration de deux Etats côte à côte. Et, en juin 2004, le JMCC soulignait déjà que le nombre souhaitant « la destruction totale d’Israël » ne s’élevait qu’à 11 % (8). Une « majorité des Palestiniens » toute relative donc...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alexandre Adler apprécie les rapprochements insolites. Il a signalé aux auditeurs de France-Culture que la « campagne [d’attentats du Hamas] a fait plus de morts en trois mois que l’ETA en vingt-cinq ans » (19 octobre 2004). Il a également mêlé M. Oussama Ben Laden, la capitulation franco-britannique de 1938 à Munich et la victoire électorale de M. José Luis Zapatero en Espagne : « Ben Laden vient de remporter une victoire stratégique importante. (...) L’électorat a voté pour la trouille, pour le renoncement, pour Munich. Donc le terrorisme parvient à ses fins, il est justifié puisqu’il obtient des résultats spectaculaires » (France-Culture, 15 mars 2004).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eprouvant une certaine animosité à l’égard des altermondialistes – des « ennemis de la liberté » –, Alexandre Adler admet détester M. José Bové, sa « bête noire attitrée » (France-Culture, 15 avril 2005). Le rapprochant du dirigeant fasciste français Henri Dorgères, il l’a qualifié d’« espèce d’avatar de Poujade touché par la métaphysique heideggérienne et allumé par une mystique pseudo-gandhienne (9) ». Cette technique d’association de noms communs-noms propres paraît caractériser la prose de notre auteur. Elle enfante des trouvailles pittoresques : Laurent Fabius symboliserait un « nouveau césarisme tribunicien » ; le combat du sous-commandant Marcos s’apparenterait à un « opéra-bouffe zapatiste », etc. (Le Figaro, 15 septembre 2004, et Le Monde, 23 novembre 2000).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souvent présenté comme un visionnaire de génie, notre expert a accumulé les prévisions malencontreuses. Le 14 avril 2001, il annonce sur France-Culture que « George W. Bush va rentrer en conflit avec l’aile conservatrice de son parti et il s’y prépare ». Sitôt après les attentats du 11-septembre, le doute n’est pas permis : « Bien sûr, le Pakistan est en guerre avec les Etats-Unis (...) L’Inde est prête à aider les Américains à détruire l’armée pakistanaise. » (Radio J, 20 septembre 2001). Au lendemain de l’intervention militaire américaine en Irak, Adler assène : « Il est plus raisonnable de penser que ces armes biologiques et chimiques ont existé. (...) Saddam Hussein (...) a préféré les enterrer profondément (...) ou en détruire un grand nombre (...), ce qui évidemment ridiculiserait Américains et Anglais (10). » Un an plus tard, il affirme encore que « Bush n’a pas menti (...) il croyait sincèrement à la présence effective d’armes de destruction massive en Irak » (Le Figaro, 6 septembre 2004).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour l’élection américaine de 2004, notre spécialiste avait annoncé la victoire de M. John Kerry : « Quitte à devenir la risée de mes lecteurs en novembre : Kerry va gagner d’une courte tête, ce sera donc l’élection de l’an 2000 inversée ! » (Le Figaro, 6 septembre 2004). Il affina son pronostic : « Je suis convaincu que le candidat démocrate disposera d’une avance d’une dizaine, voire d’une vingtaine de délégués » (il faisait sans doute référence aux grands électeurs).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un mois avant le déclenchement des opérations anglo-américaines en Irak, l’expert avait suggéré : « La guerre n’aura peut-être tout simplement pas lieu » (Le Figaro, 8 mars 2003). L’explication suivait : « Cette conviction que nous avons repose sur une observation minutieuse de certains faits, sur certaines hypothèses que tout le monde ne partage pas, mais aussi sur des intuitions et des appréciations psychologiques, qui, elles, pourront s’avérer erronées. » Alexandre Adler ajoutait : « Au lecteur de juger sur pièces. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Le jury de l’année 2003 était présidé par Philippe Sollers et composé de plusieurs journalistes et éditorialistes multicartes tels Bernard Guetta, Alain-Gérard Slama, Laurent Joffrin (qui obtint le prix en 2002), Jean-Pierre Elkabbach...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2) Voir une biographie critique d’Alexandre Adler sur le site d’Acrimed (Action - Critique - Médias).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(3) L’Odyssée américaine, Paris, Grasset, 2004, p. 40.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(4) J’ai vu finir le monde ancien, Paris, Grasset, 2002, p. 53.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(5) Voir par exemple le site « War of 1812 ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(6) France-Culture, 6 octobre 2001, cité dans PLPL (Pour lire pas lu), n° 11, octobre 2002.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(7) Interview pour le Fonds social juif unifié.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(8) http://www.jmcc.org/publicpo ll/opin...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(9) J’ai vu finir le monde ancien, op. cit., p. 69.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(10) France-Culture, 21 juillet 2003, cité dans Le Canard enchaîné du 23 juillet 2003.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mathias Reymond.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/REYMOND/12563"&gt;http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/REYMOND/12563&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/09/alexandre-adler-portrait-dun.html" rel="tag"&gt;Adler&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-112585018319398563?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/REYMOND/12563' title='Alexandre Adler, portrait d’un omniscient'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/112585018319398563/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=112585018319398563' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112585018319398563'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112585018319398563'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/09/alexandre-adler-portrait-dun.html' title='Alexandre Adler, portrait d’un omniscient'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-112409411928482318</id><published>2005-08-15T10:18:00.000+02:00</published><updated>2005-09-04T18:22:19.736+02:00</updated><title type='text'>Les origines du désordre présent, par Zbigniew Brzezinski en janvier 1998</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Pour nous rafraîchir la mémoire: les origines du désordre présent, par Zbigniew Brzezinski en janvier 1998&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu après l’attaque du 11 septembre 2001 et avec l’attaque américaine contre l’Afghanistan qui suivit, certains avaient ressorti cette courte interview de Zbigniew Brzezinski au Nouvel Observateur (n°1732), du 15 janvier 1998. Nous pensons qu’il est utile de la rappeler, alors que pas un iota n’a été retiré aux stupides assertions officielles sur le diable, le Mal, le “choc des civilisations”, le terrorisme dans sa quasi-fatalité islamiste et ainsi de suite, depuis les presque-quatre années après 9/11. Il y a l’incroyable et obscène publicité faite aux attentats de Londres (7 et 21 juillet), réussis et ratés, et à leur suite policière, tout cela relevant directement et indirectement d’une politique d’une inconséquence rarissime dans l’histoire de la diplomatie (la guerre en Irak) et présenté comme s’il s’agissait de “la bataille d’Angleterre” de l’été 1940. Parallèlement et dans l’indifférence obstinée quant aux causes de ces drames, les Anglo-Saxons continuent en Irak et en d’autres lieux divers à créer et à alimenter le chaos, la mort, la désolation et l’illégalité, tout ce qui est l’essence du terrorisme après tout, sur une échelle infiniment plus grande. Tout cela mérite amplement le rappel de ce petit échange de questions-réponses de 1998.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Brzezinski fut le conseiller pour la sécurité nationale du président Jimmy Carter, de 1977 à 1981. A ce poste, il fut l’un des animateurs du prologue et du lancement de l’aide américaine aux moudjahiddines luttant contre les communistes en Afghanistan (effectivement: “contre les communistes” en général ; d’abord contre le régime communiste de Babrak Karmal puis, à partir de décembre 1979, contre les Soviétiques de l’Armée Rouge également). Cette politique a été souvent décrite comme l’événement créant le Osama Ben Laden présenté depuis comme le cerveau d’une offensive mondiale de terrorisme. Elle prit, avec Reagan et son directeur de la CIA Bill Casey, des proportions considérables, accentuant l’effet initial voulu par Brzezinski et l’administration Carter (l’accentuation de la lutte contre les Soviétiques passant par le renforcement des structures de l’extrémisme islamiste). C’est effectivement de là que datent le développement et la mise en place, et l’équipement militaire initial également, de la nébuleuse islamiste qu’on considère aujourd’hui, dans les milieux de la pensée conformiste globalisée, comme la première menace contre la civilisation. « Sottises! » répond, comme par avance, Zbigniew Brzezinski en 1998. Il a par avance raison bien qu’il se garde bien, aujourd’hui, de répéter ce jugement de 1998. Le conformisme est devenu, aujourd’hui à Washington comme à Londres et à Paris, un régime de terreur intellectuelle qu’il est risqué de défier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, personne de sérieux, en 1998, à Washington, n’aurait contredit Brzezinski sur le fond, malgré l’insistance de l’intervieweur. Aujourd’hui, rappeler ces déclarations de Brzezinski pourrait représenter un cas d’une condamnation sans appel, avec effet rétroactif s’il le faut. Restent la réalité, les faits, les manigances, les intentions, — bref, ce qui fait ici la cause première de l’enchaînement menant aux événements du 11 septembre 2001 et après. Il est bon de se rappeler jusqu’à quel point, et à quelle profondeur, avec quel zèle, quelle absence de défiance, les Américains ont semé les graines dont ils récoltent aujourd’hui les fruits amers. Si ce n’est de la prédestination, cela y ressemble.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici donc la courte interview de Zbigniew Brzezinski parue dans Le Nouvel Observateur du 15 janvier 1998, lorsque tout le monde s’intéressait fort peu à l’implication des révélations qu’il y fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;“Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes...” &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Nouvel Observateur. — L'ancien directeur de la CIA Robert Gates l'affirme dans ses Mémoires (1) : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine afghans six mois avant l'intervention soviétique. A l'époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité ; vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire. Vous confirmez?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zbigniew Brzezinski (2). — Oui. Selon la version officielle de l'histoire, l'aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c'est-à-dire après que l'armée soviétique eut envahi l'Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité, gardée secrète jusqu'à présent, est tout autre : c'est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l'assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j'ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu'à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N. O. — Malgré ce risque, vous étiez partisan de cette “covert action” [opération clandestine]. Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Z. Brzezinski. — Ce n'est pas tout à fait cela. Nous n'avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu'ils le fassent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N. O. — Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu'ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant, il y avait un fond de vérité... Vous ne regrettez rien aujourd'hui?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Z. Brzezinski. — Regretter quoi? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d'attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j'ai écrit au président Carter, en substance : “Nous avons maintenant l'occasion de donner à l'URSS sa guerre du Vietnam.” De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l'éclatement de l'empire soviétique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N. O. — Vous ne regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme islamiste, d'avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Z. Brzezinski. — Qu'est-ce qui est le plus important au regard de l'histoire du monde? Les talibans ou la chute de l'empire soviétique? Quelques excités islamistes ou la libération de l'Europe centrale et la fin de la guerre froide?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N. O. — “Quelques excités”? Mais on le dit et on le répète: le fondamentalisme islamique représente aujourd'hui une menace mondiale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Z. Brzezinski. — Sottises! Il faudrait, dit-on, que l'Occident ait une politique globale à l'égard de l'islamisme. C'est stupide: il n'y a pas d'islamisme global. Regardons l'islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C'est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu'y a-t-il de commun entre l'Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l'Egypte pro-occidentale ou l'Asie centrale sécularisée? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Propos recueillis par Vincent Jauvert&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) From the Shadows, par Robert Gates, Simon and Schuster. (2) Zbigniew Brzezinski vient de publier Le Grand Echiquier, Bayard Editions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Notre recommandation est que ce texte doit être lu avec la mention classique à l'esprit, — “Disclaimer: In accordance with 17 U.S.C. 107, this material is distributed without profit or payment to those who have expressed a prior interest in receiving this information for non-profit research and educational purposes only.”.]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=1793"&gt;http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=1793&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/08/les-origines-du-dsordre-prsent-par.html" rel="tag"&gt;Brzezinski&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/08/les-origines-du-dsordre-prsent-par.html" rel="tag"&gt;Afghanistan&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/08/les-origines-du-dsordre-prsent-par.html" rel="tag"&gt;Islamisme&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-112409411928482318?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=1793' title='Les origines du désordre présent, par Zbigniew Brzezinski en janvier 1998'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/112409411928482318/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=112409411928482318' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112409411928482318'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112409411928482318'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/08/les-origines-du-dsordre-prsent-par.html' title='Les origines du désordre présent, par Zbigniew Brzezinski en janvier 1998'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-112409319079123215</id><published>2005-08-14T09:55:00.000+02:00</published><updated>2005-08-15T10:16:39.006+02:00</updated><title type='text'>Bernard Kouchner mentait...</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Oui, Bernard Kouchner mentait...&lt;br /&gt;par Michel Collon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le co-auteur d'un des plus gros médiamensonges des années 90 vient d'avouer. Instructif pour l'avenir, car les trucs de manipulation sont toujours les mêmes...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Flash-back. Eté 92, guerre en Bosnie. Bernard Kouchner et ses « Médecins du monde » diffusent dans la presse et sur les murs de Paris une pub, frappante et coûteuse. La photo - montage présente des « prisonniers » d'un camp serbe en Bosnie. Derrière des barbelés. Kouchner y accole l'image d'un mirador d'Auschwitz. Son texte accuse les Serbes d' « exécutions en masse ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Info ou intox ? Intox, reconnaît Kouchner douze ans plus tard. Son récent livre autopublicitaire, Les guerriers de la paix, relate une entrevue avec Izetbegovic (le dirigeant nationaliste musulman au pouvoir à l'époque à Sarajevo), sur son lit de mort :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Kouchner : C'étaient d'horribles lieux, mais on n'y exterminait pas systématiquement. Le saviez-vous ?&lt;br /&gt;- Izetbegovic : Oui. L'affirmation était fausse. Il n'y avait pas de camp d'extermination quelle que fût l'horreur des lieux. Je pensais que mes révélations pourraient précipiter les bombardements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce médiamensonge a effectivement fait basculer l'opinion vers le soutien aux bombardements. Toute la presse occidentale l'avait diffusé massivement&lt;br /&gt;Mais le récent démenti a été passé sous silence. Le public ne peut savoir qu'il a été roulé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le demi-aveu de Kouchner et ce silence médiatique posent des questions cruciales :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1° Kouchner savait-il bien plus tôt ?&lt;br /&gt;Réponse : Oui. Dès 1993, un journaliste de France 2, Jacques Merlino, révélait la supercherie dans un bouquin au titre éloquent « Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ». Il y interviewait le directeur de Ruder Finn, agence US de relations publiques. Lequel, très fier, avouait avoir monté de toutes pièces la campagne des « camps d'extermination » :&lt;br /&gt;« Nous avons circonvenu trois grandes organisations juives : B'nai B'rith, American Jewish Committee et American Jewish Congress. Aussitôt, nous avons pu dans l'opinion publique faire coïncider Serbes et nazis. Le dossier était complexe, personne ne comprenait ce qu'il se passait en Yougoslavie, mais d'un seul coup, nous pouvions présenter une affaire simple avec des&lt;br /&gt;bons et des méchants. » &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;En mentant, fait observer le journaliste ! Réponse : « Nous sommes des professionnels. Nous ne sommes pas payés pour faire la morale. » &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Donc, Kouchner savait depuis longtemps et ce n'est pas joli - joli d'à présent mettre toute la faute sur le dos d'un mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2° Les médias ont-ils enterré les preuves de la supercherie ?&lt;br /&gt;Réponse : Oui. Un journaliste allemand Thomas Deichman a montré dès 1994 que l'image des barbelés était truquée, que les « prisonniers » n'étaient pas enfermés. En fait, elle était tirée d'un reportage ITN où ils déclaraient être bien traités, mais la journaliste avait coupé ces&lt;br /&gt;déclarations !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;On trouvera l'affiche de Kouchner, les commentaires de Deichmann, et notre&lt;br /&gt;exposé des trucages dans notre livre Poker menteur. Daté de 1998. Donc, il ne fallait pas attendre aujourd'hui pour rectifier :&lt;br /&gt;http:// &lt;a href="http://www.michelcollon.info/display.php?image=img/tm/tm_yougo34.jpg"&gt;www.michelcollon.info/display.php?image=img/tm/tm_yougo34.jpg&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un reportage-vidéo « Sous les bombes de l'Otan » (1999), nous avions aussi présenté les images tournées par une télé locale, qui démontraient la tricherie du reportage ITN.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3° Kouchner a-t-il été protégé, même par des « critiques de médias » ?&lt;br /&gt;Réponse : Oui. Un exemple : Daniel Schneidermann (Arrêts sur images, France 5) nous avait contacté sur ce dossier, puis nous a écarté du débat pour ne pas nuire à Kouchner.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;On n'a pas non plus interrogé ses médiamensonges sur le Kosovo et son bilan catastrophique dans cette province. Nous disons bien : médiamensonges, et non erreurs. Son plan de carrière visant le poste de secrétaire - général de l'ONU, il lui faut tout faire pour plaire aux USA.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4° Pourquoi fallait-il présenter une histoire « simple », mais fausse ?&lt;br /&gt;Pour cacher la responsabilité des grandes puissances occidentales dans ce conflit :&lt;br /&gt;-Depuis 1979, la CIA allemande soutenait des extrémistes pour faire éclater la Yougoslavie.&lt;br /&gt;-En 1989, le FMI avait mis la pression néolibérale pour éliminer l'autogestion et les droits travailleurs, excitant la crise et les nationalismes.&lt;br /&gt;-En 1991, l'Allemagne avait armé les extrémistes croates et musulmans avant la guerre.&lt;br /&gt;-De 1992 à 1995, les Etats-Unis ont délibérément prolongé le conflit, comme en atteste l'envoyé spécial européen en Bosnie, lord Owen.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.michelcollon.info/reponses_tm.php"&gt;http://www.michelcollon.info/reponses_tm.php&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;-Pour quels intérêts, toutes ces manoeuvres ? Eliminer un système social trop à gauche, mais aussi contrôler les Balkans stratégiques et les routes du pétrole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5° S'agit-il de nier tous les crimes commis ?&lt;br /&gt;Pas du tout, mais lorsque nos gouvernements cherchent à nous entraîner par une propagande de guerre « bons contre méchants », il est important de repérer leurs intérêts cachés. Et leurs trucages d'infos. Par exemple, s'agissant des camps de prisonniers en Bosnie, l'ONU en avait recensé six croates, deux serbes et un musulman. Et c'étaient plutôt des camps de regroupement en vue d'échanges, et non des camps d'extermination. Mais, les nationalistes croates et musulmans étant "nos" alliés, ou plutôt "nos" agents, Kouchner, Bernard-Henri Lévy et autres invités médiatiques permanents les ont mensongèrement blanchis. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Il faudrait juger les criminels de guerre. Tous les criminels de guerre, dans tous les camps. Mais pas par des tribunaux bidons mis sur pied par une justice des vainqueurs où les USA et l'Otan se placent d'office au-dessus de la loi et même carrément hors-la-loi puisqu'ils violent la Charte de&lt;br /&gt;l'ONU à tour de bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6° Y a-t-il eu d'autres médiamensonges « réussis » dans cette guerre ?&lt;br /&gt;Oui. Un seul exemple. Quand l'Otan a commencé à bombarder la Yougoslavie, en 1999, elle a affirmé réagir à ce qu'elle appelait un « massacre de 40 civils » par l'armée yougoslave, à Racak, village du Kosovo. Mais Belgrade parlait d'un combat entre deux armées, provoqué par les forces séparatistes albanaises. L'ONU avait commandé un rapport à une commission de légistes&lt;br /&gt;dirigée par un docteur finlandais, Madame Ranta. Celle-ci a confirmé la thèse de Belgrade. Mais aucun média n'en a parlé. Le médiamensonge reste intact pour l'opinion. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ? Parce que les médiamensonges de Kouchner, BHL et Cie ont permis de diviser la gauche et de l'empêcher de s'opposer à une guerre en réalité injuste. L'opinion publique, ça se travaille. Et la prochaine fois, ça recommencera. &lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-03-28%2019:13:34&amp;log=articles"&gt;http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-03-28%2019:13:34&amp;amp;log=articles&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/8066/829/1600/tm_yougo34.jpg"&gt;&lt;img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/8066/829/400/tm_yougo34.jpg" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/08/bernard-kouchner-mentait.html" rel="tag"&gt;Kouchner&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/08/bernard-kouchner-mentait.html" rel="tag"&gt;Kosovo&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/08/bernard-kouchner-mentait.html" rel="tag"&gt;Serbie&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/08/bernard-kouchner-mentait.html" rel="tag"&gt;Bosnie&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-112409319079123215?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-03-28%2019:13:34&amp;log=articles' title='Bernard Kouchner mentait...'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/112409319079123215/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=112409319079123215' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112409319079123215'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112409319079123215'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/08/bernard-kouchner-mentait.html' title='Bernard Kouchner mentait...'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-112256329358691187</id><published>2005-07-28T17:06:00.000+02:00</published><updated>2005-07-28T17:09:37.830+02:00</updated><title type='text'>L'Assemblée Nationale n'est pas représentative</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Sondage: 78% des Français estiment que l'Assemblée n'est pas représentative &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PARIS (AP) - Près de huit Français sur dix, soit 78%, estiment que l'Assemblée nationale n'est pas représentative de l'opinion des Français, selon un sondage BVA publié lundi par "Le Figaro".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seuls 18% des sondés estiment que l'Assemblée nationale est représentative de l'opinion des Français, tandis que 4% ne se prononcent pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce sondage a été réalisé par téléphone les 1er et 2 juillet auprès d'un échantillon national de 958 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. AP&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://fr.news.yahoo.com/050725/5/4ijo0.html"&gt;http://fr.news.yahoo.com/050725/5/4ijo0.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-112256329358691187?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://fr.news.yahoo.com/050725/5/4ijo0.html' title='L&apos;Assemblée Nationale n&apos;est pas représentative'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/112256329358691187/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=112256329358691187' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112256329358691187'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112256329358691187'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/07/lassemble-nationale-nest-pas.html' title='L&apos;Assemblée Nationale n&apos;est pas représentative'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-112237494994561542</id><published>2005-07-26T12:45:00.000+02:00</published><updated>2005-07-26T12:52:39.393+02:00</updated><title type='text'>Lettre de Ben Gourion à Moshe Sharett l’incitant à exécuter un plan de démembrement et déstabilisation du Liban.</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Lettre de Ben Gourion à Moshe Sharett, Premier ministre à l’époque, l’incitant à exécuter un plan de démembrement et déstabilisation du Liban. Elle parut dans les mémoires de ce dernier, publiées en 1979 après sa mort, par son fils, malgré les protestations du gouvernement israélien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Sdé-Boker, le 27 février 1954&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moshe,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En quittant le gouvernement, j’avais décidé de ne pas interférer dans les affaires politiques courantes. Et si vous ne m’aviez pas appelé, toi, Lavon et Moshe Dayan, je ne vous aurais pas donné mon opinion. Mais à partir du moment où vous avez fait appel à moi, j’ai considéré qu’il était de mon devoir de faire ce que vous me demandiez, en particulier vis-à-vis de toi qui es chef du gouvernement. C’est pourquoi je me permets de revenir sur une affaire où te ne partages pas mon opinion. Il s’agit de l’affaire du Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans aucun rapport avec les événements courants (entre-temps Neguib a été de nouveau désigné président de l’État, c’est là une disposition très habile de Nasser et de sa bande), il est clair que le Liban est le maillon le plus faible dans la chaîne de la Ligue arabe. Hormis les coptes, toutes les autres minorités du monde arabe sont musulmanes. Mais l’Egypte est le pays le plus compact et le plus solidement établi de tous les Etats arabes, la très large majorité y constitue un bloc très solide, véritablement de même race, de même religion et de même langue. La minorité chrétienne ne peut réellement y remettre en cause l’entité politique et la nation. Cela n’est pas le cas des chrétiens du Liban. Ils représentent la majorité dans le Liban historique, et cette majorité a une tradition et une culture radicalement différentes de celles des autres populations de la Ligue. Même dans ses frontières élargies (et c’est bien la plus grave des fautes qu’ait commises la France que d’avoir élargi les frontières du Liban), les musulmans ne sont pas libres de leurs mouvements par peur des chrétiens, bien qu’étant peut-être majoritaires (et je ne sais pas s’ils le sont).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La constitution d’un Etat chrétien est dans ces conditions quelque chose de naturel. Il aurait des racines historiques, et serait soutenu par des forces importantes dans le monde chrétien, aussi bien catholiques que protestantes. En temps normal, c’est quelque chose de presque impossible à réaliser, avant tout à cause de l’absence d’initiative et de courage des chrétiens. Mais dans des situations de confusion, de troubles, de révolution ou de guerre civile, les choses changent, et le faible peut se prendre pour un héros. Il est possible (en politique, il n’y a jamais de certitude) que maintenant le moment soit favorable pour provoquer la création d’un Etat chrétien à nos côtés. Sans notre initiative et notre aide, la chose n’aura pas lieu. Je pense qu’actuellement c’est notre tâche essentielle (c’est Ben Gourion qui souligne) ou tout du moins l’une (idem) des tâches essentielles de notre politique extérieure, et il faut investir des moyens, du temps, de l’énergie, et agir par tous les moyens de nature à entraîner un changement fondamental au Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut mobiliser Eliahou Sasson et tous nos arabisants. S’il y a besoin d’argent, il ne faut pas compter des dollars, même s’il se révèle que l’argent aura été dépensé à fonds perdus. Il faut se concentrer de toutes nos forces sur cet objectif. Pour cela, peut-être faut-il faire immédiatement venir Reouven Shiloah. Manquer cette occasion historique ne serait pas pardonnable. Il n’y a de notre part aucune provocation à l’égard des Grands de ce monde. De toute manière, nous ne devons jamais agir “au nom” de quiconque. Et il faut, selon moi, agir rapidement, à toute vapeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans un rétrécissement des frontières du Liban, cela n’est bien entendu pas réalisable. Mais, si l’on trouve des gens et des éléments au Liban qui se mobilisent pour la création d’un Etat maronite, ils n’ont pas besoin de larges frontières ni d’une population musulmane importante, et ce n’est pas cela qui sera gênant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas si nous avons des gens au Liban, mais il y a toutes sortes de moyens pour réaliser la tentative que je propose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien à toi »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.aschkar.org/article49.html"&gt;http://www.aschkar.org/article49.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/07/lettre-de-ben-gourion-moshe-sharett.html" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;a href="http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/07/lettre-de-ben-gourion-moshe-sharett.html" rel="tag"&gt;Israel&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-112237494994561542?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.aschkar.org/article49.html' title='Lettre de Ben Gourion à Moshe Sharett l’incitant à exécuter un plan de démembrement et déstabilisation du Liban.'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/112237494994561542/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=112237494994561542' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112237494994561542'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/112237494994561542'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/07/lettre-de-ben-gourion-moshe-sharett.html' title='Lettre de Ben Gourion à Moshe Sharett l’incitant à exécuter un plan de démembrement et déstabilisation du Liban.'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-111516458801131928</id><published>2005-05-04T01:51:00.000+02:00</published><updated>2005-05-04T01:56:28.016+02:00</updated><title type='text'>L’Afrique du Sud, ex-laboratoire secret de bio-terrorisme des démocraties</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;L’affaire Wouter Basson&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Afrique du Sud, ex-laboratoire secret de bio-terrorisme des démocraties&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années 80, le système d’Apartheid était menacé en Afrique du Sud. Le régime lança un programme secret de recherche biologique et chimique nommé Project Coast. Son objectif était la production de substances mortelles éthniquement sélectives, permettant de réduire la population noire. On ignore combien de personnes sont mortes dans ces expériences. Le chiffre de plusieurs milliers est avancé. Le directeur du projet, le docteur Wouter Basson, a été acquitté le 12 avril 2002 à l’issu d’un procès controversé. Aujourd’hui, le scandale éclabousse la Suisse qui aurait collaboré aux recherches du « docteur la Mort ». Il semble, en effet, que pour contourner les traités de non-prolifération d’armes de destruction massive, plusieurs démocraties aient fait sous-traiter leurs recherches par le régime de l’Apartheid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains le prénomment « docteur la Mort » et le qualificatif n’est pas trop fort. À 52 ans, ce fils de cantatrice, brillant chimiste et ardent patriote, est à l’origine d’un des projets politico-militaires les plus effroyables que l’après-guerre ait connu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes en 1984 et le gouvernement de l’Apartheid, en guerre larvée avec ses voisins et notamment l’Angola, n’en finit pas de cultiver sa propagande anti-communiste. Au prétexte d’une crainte d’attaque bio-chimique, les autorités militaires en place décident de développer une unité spéciale chargée du Chemical and Biological Warfare (CBW). Nom de code : Project Coast. C’est l’actuel président du Freedom Front, le général Viljoen, parlementaire proche de Le Pen à qui il a empreinté la flamme frontiste, qui, aujourd’hui encore se vente d’avoir politiquement entériné le projet lorsqu’il dirigeait la Défense sud-africaine dans les année 80. C’est lui qui chargea le docteur Wouter Basson, celui qu’on nommera « docteur la Mort », de développer le projet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les années 80 annoncent l’arrivée de Mandela et de sa démocratie, les autorités politiques réalisent alors combien la démographie ne leur est pas favorable et qu’au jeu d’une voix-un vote, la communauté afrikaner n’aurait bientôt plus de poids politique. Ce constat mènera le docteur Basson à une analyse simple : moins il y aura de noirs moins il y aura de votes noirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l’équation coûte de l’argent. Des dizaines de millions de francs sont ainsi mis à contribution par le gouvernement de l’apartheid peu avant les années 90, afin de mettre sur pied un laboratoire militaire technologiquement suréquipé dans la banlieue proche de Pretoria à Roodeplaat, Des recherches extrêmement poussées sont alors enclenchées afin de développer une molécule mortelle, sensible à la mélanine qui pigmente la peau des noirs. Autrement dit, une arme d’extermination éthniquement sélective. Le laboratoire militaire du docteur Basson étudie également, échantillons à l’appui, l’éventualité de propager de graves épidémies dans les populations africaines. Un volet du Project Coast s’intéresse aussi au meilleur moyen scientifique de stériliser en masse les femmes noires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les milieux militaires étrangers spécialisés dans la guerre bio-chimique viennent bien volontiers contribuer à l’effort de recherche, l’Angleterre, les États-Unis, Israël, la Suisse, la France, mais aussi l’Irak ou la Libye figurent parmi les collaborateurs généreux ou occasionnels. Et ceci malgré la signature de nombreux traités de non-prolifération bio-chimique ou l’embargo du régime d’apartheid... Le laboratoire dit de Roodeplaat était devenu une véritable pharmacie macabre : Butolinum, Thallium, Anthrax, Sida, Choléra, en quantités hallucinantes... Une technologie de mort sous l’autorité d’un homme : le docteur Basson, avec pour seule cible, la population noire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les activités de ce docteur ne furent révélées qu’ en 1998 lors d’auditions très spéciales de la Commission Vérité et Réconciliation (CVR). Mais cela fait maintenant trois ans qu’il est jugé en homme libre, après caution symbolique, devant la Haute cour de justice de Pretoria. Principalement poursuivi pour fraude au fisc et production massive de drogue, il n’est que très accessoirement inculpé d’une soixantaine de meurtres ou de tentatives, parmi lesquels de très hautes personnalités, comme l’ancien président Mandela, le révérend Franck Chikane (actuel conseiller du président Mbeki). Cela étant les auditions de la Commission Vérité et Réconciliation ont montré qu’il était raisonnable de penser que plusieurs milliers de noirs avaient disparu dans les expériences ou les assassinats politiques pilotés par les laboratoires qu’il dirigeait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, le docteur Basson vit dans une banlieue cossue de Pretoria. Cardiologue, il bénéficie même d’un poste à l’Hôpital Académique de la ville. Ce qui ne rassure pas sa clientèle pour majorité noire. Mais cela signifie aussi qu’il est toujours employé par l’État sud-africain. À quoi s’ajoute le fait que Basson est encore à ce jour un membre de l’armée sud-africaine ! Cette situation pour le moins surprenante est vivement dénoncée par des magistrats de la Commission Vérité et Réconciliation qui appellent à la mise sur pieds d’un tribunal international, pour qu’enfin soient jugés les crimes contre l’humanité perpétrés par Basson et les siens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le procès qui lui a été intenté début 1999 n’a pas levé le voile sur l’ensemble de ses activités criminelles. D’autant que le juge très conservateur, et très controversé Willie Hartzenberg (frère du président du parti conservateur sud-africain et nommé sous l’apartheid), est apparu bien partial, réduisant à chaque audience les accusations comme une peau de chagrin. Durant la procédure d’enquête ont même disparu les trois CD-Roms du docteur, compilation faite à la va-vite avant son arrestation et regroupant tous les résultats de ses diverses expérimentations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le procès s’est achevé le 12 avril 2002 par l’acquittement du docteur Basson. Au moment où la Cour pénale internationale voyait le jour... Le procureur a aussitôt annoncé qu’il ferait appel et Desmond Tutu dans un message adressé à l’opinion publique a parlé « d’un jour sombre pour l’Afrique du sud ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup de questions peu de réponses, mais quelques certitudes : l’arsenal chimique développé n’est pas perdu pour tout le monde, et son principal instigateur est encore à ce jour un militaire dépendant du ministère de la Défense, payé par le contribuable sud-africain. Autre certitude les traités de non-prolifération bio-chimique signés par les pays occidentaux, n’ont pas empêché le commerce de ce sinistre savoir faire et il n’est pas invraisemblable que sans notre collaboration, « docteur la Mort » n’ait jamais existé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’heure du terrorisme bio-chimique, il est urgent de mettre sur pied une commission internationale indépendante afin d’identifier tous ceux qui ont collaboré au programme Coast, et localiser le stock d’armes bio-chimiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tristan Mendès France&lt;br /&gt;Assistant parlementaire, journaliste et documentariste. Il a notamment écrit le livre Dr la mort, Enquête sur un bioterrorisme d’Etat en Afrique du Sud et le documentaire Docteur La Mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La collaboration suisse aux expériences du docteur Basson&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Début juin 2002, une délégation parlementaire suisse (dite des Commissions de gestion ou Dél CdG) est mise sur pied afin d’examiner dans quelle mesure la Suisse et ses services ont collaboré au programme de guerre bio-chimique sud-africain, le Project Coast, dirigé par le Docteur Wouter Basson.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le travail de la Dél CdG, qui devrait officiellement rendre son rapport au printemps 2003, semble avoir été court-circuité. En effet, entre-temps, le DDPS (Département fédéral de la Défense) a pris l’initiative d’interroger Wouter Basson directement à Pretoria sous forme de questionnaire sur papier en-tête officiel de l’administration suisse. L’initiative du DDPS correspond à un acte officiel à un citoyen étranger résident à l’étranger, ce qu’interdit formellement la Convention de Genève sans l’accord express du pays concerné, en l’espèce l’Afrique du Sud qui a découvert l’affaire dans les médias.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce fâcheux court-circuitage a été révélé par le journal suisse WeltWoche de la semaine du 20 octobre 2002. La Dél CdG s’est alors fendu d’une note d’information le 24 octobre 2002. Elle défausse sa responsabilité sur celle du DDPS en précisant qu’elle ne se prononcera plus sur ses activités jusqu’à la remise de son rapport. Le DDPS a, quant à lui, admis avoir commis une « erreur » dans ses transmissions, tout en déclarant à son tour, que « la Dél CdG est responsable de ses actes devant le Parlement ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reste que la Suisse se trouve dorénavant dans une situation délicate vis-à-vis de l’Afrique du Sud qui risque de ne plus collaborer à l’enquête. Une manière originale d’enterrer un sujet qui dérange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Livre &amp; documentaire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dr la mort, Enquête sur un bioterrorisme d’Etat en Afrique du Sud&lt;br /&gt;par Tristan Mendès-France&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Passé sous silence - Docteur La Mort&lt;br /&gt;Documentaire écrit par Tristan Mendès-France et réalisé par Jean Pierre Prévost.&lt;br /&gt;France 3, jeudi 31 octobre 2002, 23h55 (50 min)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rapports&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maîtrise des armements chimiques et biologiques, rapport de l’ Assemblée parlementaire de l’Union de l’Europe occidentale (UEO), 5 décembre 2001. Voir notamment l’introduction du rapport et le chapitre « Les difficultés d’application de la CAB »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les rapports entretenus par les services de renseignements suisses avec l’Afrique du Sud, rapport de la Délégation des Commissions de gestion des Chambres fédérales sur le rôle des Services de renseignements suisses dans le cadre des relations entre la Suisse et l’Afrique du Sud. Voir notamment, dans le chapitre 2, la partie « Prétendue participation du Laboratoire AC de Spiez aux projets sud-africains de développement d’armes biologiques et chimiques ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.reseauvoltaire.net/article8655.html"&gt;http://www.reseauvoltaire.net/article8655.html&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-111516458801131928?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.reseauvoltaire.net/article8655.html' title='L’Afrique du Sud, ex-laboratoire secret de bio-terrorisme des démocraties'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/111516458801131928/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=111516458801131928' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/111516458801131928'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/111516458801131928'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/05/lafrique-du-sud-ex-laboratoire-secret.html' title='L’Afrique du Sud, ex-laboratoire secret de bio-terrorisme des démocraties'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-111450445846165890</id><published>2005-04-26T10:30:00.000+02:00</published><updated>2005-04-26T10:37:36.850+02:00</updated><title type='text'>Une ressource naturelle inépuisable</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;Une ressource naturelle inépuisable&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon Jean-Marc Jancovici[1], il faudrait stopper la croissance pour limiter l’effet de serre. Mais de puissantes connotations relient « croissance » à « développement », « épanouissement » etc. Stopper la croissance, ce ne serait pas seulement faire un effort d’austérité salubre pour les riches, ce serait aussi perpétuer la misère des pauvres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Personne ne sait mesurer la croissance&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dit « croissance » pour désigner le taux de variation annuel (supposé positif) du PIB en volume, lui-même mesure agrégée du volume de la consommation[2]. Mais l’évaluation du PIB est problématique. On connaît, aux erreurs statistiques près, sa valeur : c’est l’écart entre la valeur de la production et celle des matières premières consommées pour produire. Mais pour évaluer son volume il faut diviser cette valeur par un prix. Or il n’est pas facile d’assigner un prix à un agrégat, surtout lorsque celui-ci est un écart entre deux valeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cette difficulté technique s’en ajoute une autre, plus fondamentale : lorsque la qualité d’un produit s’accroît, faut-il dire ou non qu’une unité de ce produit représente davantage de « volume » ? Selon que l’on prend en compte ou non cet effet qualité, le volume sera différent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette question ne se pose pas lorsque l’on considère des produits simples comme le lingot de 20 kg de cuivre pur ou la tonne d’une variété donnée de blé ; mais elle se pose pour les automobiles, les ordinateurs, les machines-outils etc. dont les performances évoluent, ainsi que pour les vêtements, les produits alimentaires etc. pour lesquels existent divers degrés de qualité. On ne peut pas se contenter de compter les poulets produits sans considérer le fait que certains sont excellents, d’autres médiocres. Il en est de même pour la plupart des produits. En théorie, l’évaluation de l’indice de prix (et donc du volume) se relie à celle de la satisfaction du consommateur ; mais celle-ci, étant le Saint des Saints de la théorie, est comme il se doit inaccessible à la mesure…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme on ne sait pas faire autrement, l’évaluation du volume s’appuie pour la plupart des produits sur les seules quantités produites : négliger ainsi l’effet qualité entraîne une sous-estimation de la croissance. Mais par ailleurs on évalue mal les nuisances associées à la production (pollution, diminution des ressources non renouvelables) et cela provoque une surestimation. Entre l’une et l’autre, où se trouve la « vraie » mesure ? Personne n’en sait rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Croissance en quantité ou en qualité ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les écologistes veulent stopper la croissance en volume, celle du nombre des kilomètres parcourus en voiture ou en avion, du nombre de kilos de viande consommés, de la superficie des logements etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais stopper la croissance en volume, ce n’est pas stopper la croissance tout court. Nous pourrions consommer moins, mais mieux. Nous pourrions substituer, à la croissance en quantité, une croissance en qualité : manger moins, savourer davantage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;« Nous sommes tous milliardaires en lecture »&lt;/strong&gt;, disait Jean-Paul Benzécri. Les livres ne sont pas très chers et la plupart des grands classiques sont publiés dans des éditions de poche. Comme la lecture attentive prend du temps, celui qui aime à lire peut, même avec un revenu modeste[3], consacrer tout son temps à ce plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les écologistes devraient recommander une réorientation de la croissance plutôt que son arrêt. Il s’agirait d’accroître non la quantité de ce que l’on consomme, mais sa qualité. Cela suppose bien sûr de payer un prix unitaire plus élevé – de ce point de vue, focaliser l’attention des consommateurs sur la recherche du moins-disant n’est pas une bonne chose[4].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’entends déjà une objection : « C’est là une position élitiste, typique d’un auditeur de France Culture jouissant d’un bon revenu » etc. Ceux qui disent cela croient que seule une petite élite, à laquelle ils pensent sans doute appartenir, est capable de discernement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L’intelligence, ressource inépuisable&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La croissance par la qualité suppose que le consommateur use de discernement, tout comme le concepteur : ce qui fait la différence entre une maison mal fichue et une belle maison, c'est le temps que l'architecte a consacré à la réflexion. Il s’agit d’une croissance intelligente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais dès que l’on prononce le mot « intelligence » on touche une corde sensible. Si vous vous ennuyez lors d’un dîner en ville, interrogez-vous à voix haute sur l’hérédité de l’intelligence. Ce sera comme le dessin de Caran d’Ache dans Le Figaro du 14 février 1899 : la question de l’intelligence, c’est notre affaire Dreyfus !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://www.volle.com/opinion/croissance2_fichiers/image002.jpg" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a en effet cru en France, au XXe siècle, qu’il existait un enchaînement de cause à effet entre l’intelligence, la réussite dans les études, le diplôme, la carrière et le statut social. L’industrie, qui avait besoin de salariés qualifiés, servait de moteur à cet ascenseur. Ce modèle a un corollaire féroce et donc rarement explicité : le statut social élevé appartenant, par définition, à une minorité, la majorité de la population serait composée d’imbéciles [5].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant l’ascenseur social ne fonctionne plus aussi bien, l'industrie n'ayant plus les mêmes besoins. On se demande d'ailleurs si le système scolaire ne décourage pas sélectivement les esprits les plus exigeants : lier l'étude à l’acquisition d’un statut social, n’est-ce pas en effet prostituer l’intellect ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’adolescent se trouve coincé, à l’âge où son cerveau s’épanouit pour explorer le monde, entre la réprobation grondeuse des adultes et la surveillance jalouse de ses camarades. Pour qu’il puisse déployer son intelligence il lui faut des encouragements et la protection d'un petit cercle d’amis. Ces conditions sont aujourd’hui rarement réunies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais où en serons-nous dans quelques dizaines d’années ? Le bien-être matériel sera devenu trivial. La goinfrerie, réaction naturelle des premières générations qu'a épargnées la pénurie, sera passée de mode. La recherche du pouvoir et de la célébrité, autre remède à l’angoisse, aura (espérons-le) sombré dans le ridicule. Les plaisirs de la drogue, qui se déclenchent comme avec un presse-bouton, auront déçu par leur banalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il apparaîtra alors que la seule ressource naturelle inépuisable, c’est notre matière grise. Lire ne coûte pas grand-chose, comprendre ce qu’on lit ne coûte rien. Pour faire des mathématiques il faut un crayon et du papier. Pour programmer il suffit de disposer d'un ordinateur. Les plaisirs que procure l’exploration du monde de la nature comme du monde de la pensée n’ont pas de limite. Si le but de l’économie est de maximiser la satisfaction du consommateur, son « utilité », c’est donc du côté de l’intelligence qu’il faut chercher l’efficacité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, je suis élitiste, je l’avoue : je suis partisan d'un « élitisme de masse » qui invite chacun à trouver en soi-même et dans des relations amicales, comme le faisait Montaigne, la source de son plaisir de vivre. Vous dites que c’est irréaliste ? Mais regardez l’ambition qui se propose à nos adolescents : devenir vedette, acteur de cinéma, prince ou princesse, top modèle, champion de sport, avocat ou médecin célèbre, et démultiplier sa propre image dans les médias… est-ce réaliste ? A supposer encore qu'il parvienne à grimper l’échelle des pouvoirs politique ou économique, rencontra-t-il le bonheur à son sommet ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La civilisation chinoise a pris pour modèle le sage (shengrén, prononcer chengjen). Cela ne veut pas dire que tous les Chinois sont des sages mais que la sagesse, sommet de l’intelligence pratique, présente à l’horizon de leurs vies un point de repère vers lequel il leur est loisible de s’orienter. Et sur le chemin de la sagesse (dào, prononcer tao), la croissance peut se poursuivre indéfiniment sans entamer aucune des ressources de notre planète...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On dira que le PIB en volume ne peut pas servir pour mesurer une telle croissance. Mais si le PIB ne peut pas servir à évaluer le bien-être, cela ne signifie-t-il pas qu'il échoue dans la mission que la théorie économique lui assigne, et qu'il faut donc soit le modifier, soit changer d'indicateur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je cite ci-dessous une anecdote qui illustre ce que l'on peut entendre par sagesse :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers temps à Taïwan rien ne m’énervait plus que de m’entendre dire que si j’étais français, je pouvais lire et parler anglais puisque nos deux pays utilisent les mêmes lettres de l’alphabet. Je répondais par la négation la plus brutale et mes interlocuteurs ne poursuivaient pas la discussion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un ami qui enseignait le Taiqi Quan m’ouvrit les yeux : « Le monde est un cercle, la société chinoise est un cercle et les relations sociales aussi. Si quelqu’un te donne un coup de poing et que tu bloques ce coup, vous vous faites mal tous les deux, il n’y a pas de cercle. Il ne comprendra pas son erreur et du même coup vous serez tous les deux mauvais et dans l’erreur. Mais si tu utilises la force qu’il t’a transmise et que ton bras opposé au coup qu’il t’inflige vient le frapper, tu resteras un homme bon car tu auras utilisé le cercle et c’est lui-même qui se sera frappé : il comprendra son erreur ! Il faut utiliser l’erreur de l’autre, ne pas la contrer. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A partir de ce soir là, mes relations avec les chinois s’améliorèrent et d’un point de vue rhétorique, j’affinai considérablement mon style :&lt;br /&gt;« Ha, vous êtes français ! La langue française, c’est pareil que l’anglais ... »&lt;br /&gt;« Oui, c’est pareil ! C’est comme la langue chinoise et le japonais. »&lt;br /&gt;« Mais le français et l’anglais c’est différent, n’est-ce pas ? »&lt;br /&gt;« Oui, ce n’est pas pareil. Le japonais et le chinois sont aussi des langues différentes... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la discussion pouvait suivre son cours tranquillement : l’affrontement n’avait pas eu lieu et la conciliation de l’autre permettait une cohabitation paisible et harmonieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Extrait de Patrick Le Chevoir, « L’énigme du parapluie », Anthroepotes, 1977, Vol. I-4)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[1] Président de X-Environnement, groupe thématique de l’amicale des anciens élèves de l’Ecole Polytechnique. Ce groupe publie d’intéressantes études.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[2] Plus exactement : de la valeur ajoutée ; mais qui dit valeur ajoutée dit revenu et qui dit revenu dit consommation, l’épargne étant une consommation différée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[3] Avec un revenu modeste dans un pays riche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[4] C’est pourtant ce que font les chaînes de magasins à grande surface.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[5] En logique, si A implique B, non-B implique non-A. Appliquons cette règle : si l'intelligence procure automatiquement (via "les études") un statut social élevé, il est impossible que celui qui a un faible statut social soit intelligent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;li&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;a href="http://www.volle.com/opinion/croissance2.htm"&gt;http://www.volle.com/opinion/croissance2.htm&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-111450445846165890?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.volle.com/opinion/croissance2.htm' title='Une ressource naturelle inépuisable'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/111450445846165890/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=111450445846165890' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/111450445846165890'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/111450445846165890'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/04/une-ressource-naturelle-inpuisable_26.html' title='Une ressource naturelle inépuisable'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-111447718496056375</id><published>2005-04-26T02:57:00.000+02:00</published><updated>2005-04-26T02:59:44.963+02:00</updated><title type='text'>La loi des suspects</title><content type='html'>&lt;div align="justify"&gt;La loi des suspects&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PERBEN a eu une idée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'événement mérite à lui seul d'être signalé, mais, en plus, l'idée est lumineuse.&lt;br /&gt;En visite à Marseille au pôle anti-criminalité, le garde des Sceaux a annoncé le dépôt d'un projet de loi autorisant la saisie et la vente immédiate des biens des présumés délinquants avant même qu'ils aient été jugés. « Il faut priver les voyous du fruit de leurs activités criminelles dès les enquêtes préliminaires », a déclaré le ministre de la Justice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès les enquêtes préliminaires, c'est-à-dire sans même qu'un juge soit saisi et avant toute mise en examen. Voilà une réforme vigoureuse qui aurait évité à la justice bien des errements. Par exemple, dès le début de l'enquête sur les lycées d'Ile-de-France, dont le procès traîne en longueur et s'enlise, la police aurait pu piquer les comptes bancaires des partis politiques.&lt;br /&gt;Ou dans l'affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris, il aurait été si simple de vendre le siège du RPR, et de liquider le château de Bity appartenant au suspect Chirac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le progrès est évident. Que l'on songe au procès d'Outreau, dans lequel on s'est contenté de mettre des innocents au trou, alors qu'il aurait été possible, grâce à Perben, de vendre (même s'ils sont plus modestes) tous leurs biens. Bien sûr, a ajouté le garde des Sceaux, en cas d'erreur « il faudrait rembourser ». Mais l'essentiel est d'infliger une sanction le plus tôt possible, avant condamnation, avant jugement, avant instruction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourquoi pas avant le délit? Perben devrait poursuivre dans cette voie prometteuse. On pourrait imaginer de faire payer une amende et d'expédier au trou tous les citoyens, quitte à indemniser ceux qui n'ont rien à se reprocher, s'il en existe. Soixante millions de présumés innocents attendraient, sous bonne garde, d'être lavés de tout soupçon...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Source: Le canard enchainé du 13/04/2005 &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-111447718496056375?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/111447718496056375/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=111447718496056375' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/111447718496056375'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/111447718496056375'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/04/la-loi-des-suspects.html' title='La loi des suspects'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-111403885873321577</id><published>2005-04-21T01:10:00.000+02:00</published><updated>2005-04-21T01:17:48.280+02:00</updated><title type='text'>Une mauvaise constitution qui révèle un secret cancer de notre démocratie</title><content type='html'>&lt;i&gt;&lt;div align="justify"&gt;&lt;br /&gt;Chers collègues et amis,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après six mois de réflexion intense, se cristallise une argumentation autour du "traité constitutionnel", à partir de lui mais au-delà de lui, une argumentation qui n’est ni de droite ni de gauche, et qui montre un danger historique pour nous tous, au-dessus de la politique. Pour ces raisons, cette courte argumentation devrait intéresser les citoyens de tous bords.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a six mois, en septembre 2004, j’étais, comme tout le monde, favorable à ce texte sans l’avoir lu, par principe, "pour avancer", même si je savais bien que les institutions étaient très imparfaites. Je ne voulais pas être de ceux qui freinent l’Europe. Je crois vraiment que l’immense majorité des Européens, au-delà des clivages gauche/droite, aiment cette belle idée d’une Europe unie, plus fraternelle, plus forte. C’est un rêve de paix, consensuel, très majoritaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’avais pas lu le texte et je n’avais absolument pas le temps : trop de travail… Et puis l’Europe c’est loin, et puis avec tous ces hommes politiques, je me sentais protégé par le nombre : en cas de dérive, il allait bien y en avoir quelques-uns pour nous défendre… et je me dispensais de "faire de la politique", c’est-à-dire que je me dispensais de m’occuper de mes propres affaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà des appels s’élevaient contre le traité, mais ils venaient des extrêmes de l’échiquier politique et pour cette simple raison, je ne commençais même pas à lire leurs arguments, restant en confiance dans le flot de l’avis du plus grand nombre sans vérifier par moi-même la force des idées en présence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis soudain, des appels sont venus de personnes non suspectes d’être antieuropéennes. J’ai alors lu leurs appels, sans souci des étiquettes, et j’ai trouvé les arguments très forts. Je me suis mis à lire, beaucoup, des livres entiers, de tous bords, Fabius, Strauss-Khan, Giscard, Jennar, Fitoussi, Généreux, etc. et beaucoup plus d’articles des partisans du traité parce que je voulais être sûr de ne pas me tromper. Et plus je lis, plus je suis inquiet. Finalement, aujourd’hui, je ne pense plus qu’à ça, je ne dors presque plus, j’ai peur, simplement, de perdre l’essentiel : la protection contre l’arbitraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je continue aujourd’hui à lire toutes les interventions, ceux qui sont pour, ceux qui sont contre, je continue à chercher où est la faille dans mon raisonnement et le présent texte est un appel à réfléchir et à progresser : si vous sentez une faille, parlons-en, s’il vous plaît, tranquillement, honnêtement, c’est très important. Je peux me tromper, je cherche sincèrement à l’éviter, réfléchissons ensemble, si vous le voulez bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sens que c’est ma mission de professeur de droit d’en parler un peu plus que les autres, d’en parler à mes collègues, mais aussi à mes élèves, aussi aux journalistes. Je serais complice si je restais coi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai ainsi trouvé plus de dix raisons graves de s’opposer à ce texte extrêmement dangereux, et encore dix autres raisons de rejeter un texte désagréable, pas fraternel du tout en réalité. Mais les cinq raisons les plus fortes, les plus convaincantes, celles qui traversent toutes les opinions politiques parce qu’elles remettent en cause carrément la possibilité d’avoir une réflexion politique, me sont apparues tardivement car il faut beaucoup travailler pour les mettre en évidence. Ce sont ces raisons-là, les cinq plus importantes, sur lesquelles je voudrais attirer votre attention et solliciter votre avis pour que nous en parlions ensemble, puisque les journalistes nous privent de débats publics.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Dans cette affaire d'État, &lt;b&gt;les fondements du droit constitutionnel sont bafoués&lt;/b&gt;, ce qui rappelle au premier plan cinq principes transmis par nos aïeux. Les principes 4 et 5 sont les plus importants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Une Constitution doit être lisible pour permettre un vote populaire : ce texte-là est &lt;b&gt;illisible&lt;/b&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Une Constitution doit être politiquement neutre : ce texte-là est &lt;b&gt;partisan&lt;/b&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Une Constitution est révisable : ce texte-là est &lt;b&gt;verrouillé&lt;/b&gt; par une exigence de double unanimité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. Une Constitution protège de la tyrannie par la séparation des pouvoirs et par le contrôle des pouvoirs : ce texte-là organise &lt;b&gt;un Parlement sans pouvoir face à un exécutif tout puissant et largement irresponsable. &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5. Une Constitution n’est pas octroyée par les puissants, elle est établie par le peuple lui-même, précisément pour se protéger de l’arbitraire des puissants, à travers une assemblée constituante, indépendante, élue pour ça et révoquée après : ce texte-là entérine &lt;b&gt;des institutions européennes qui ont été écrites depuis cinquante ans par les hommes au pouvoir, à la fois juges et parties.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;Premier principe de droit constitutionnel : une Constitution est un texte lisible.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Le "traité constitutionnel" est beaucoup trop long[1] : 852 pages A4, une ramette et demie. Cette longueur est unique au monde pour une Constitution, ce qui la rend simplement illisible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Cette longueur interdit la critique.&lt;/b&gt; C’est tout sauf un détail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les 75% d’Espagnols votants qui ont approuvé ce texte, comme les 60% qui se sont abstenus, &lt;b&gt;ne l'ont probablement pas lu : ni les ministres, ni les parlementaires, ni les professeurs, ni les journalistes, ni les citoyens&lt;/b&gt;, qui ont tous autre chose à faire : qui a le temps matériel de lire 850 pages A4 ? Il suffit de se poser la question pour soi-même : ce n’est pas différent pour les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Ces citoyens prennent ainsi le risque majeur, pour eux, mais aussi pour leurs enfants et leurs petits-enfants, de découvrir trop tard ce qu'ils ne pourront plus changer.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+2;"&gt;Il faut évidemment lire et comprendre ce que l'on signe.&lt;/span&gt; Ou bien, on refuse de signer.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même s'il était simple (et il ne l'est pas), un texte aussi long ne permet pas de le juger avec discernement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant, il faut bien avoir un avis. Comment faire pour avoir un avis sur un texte qu'on ne peut pas lire ? En s’alignant sur "les autres", on se rassure, comme les moutons de Panurge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Cette longueur extravagante est, par elle-même, non démocratique : on éloigne ainsi les curieux.&lt;/b&gt; On observe ces temps-ci comme cette vieille technique obscurantiste marche bien : l’unanimisme ambiant repose sur des malentendus rendus possibles par un texte illisible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Une Constitution est la loi fondamentale, elle est &lt;span style="font-size:+1;"&gt;&lt;u&gt;"le droit du droit"&lt;/u&gt;&lt;/span&gt;, elle doit pouvoir être &lt;u&gt;lue par tous&lt;/u&gt;, pour &lt;u&gt;être approuvée ou rejetée en connaissance de cause.&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’est-ce pas une mission des professeurs de droit, mais aussi des journalistes, de l'expliquer aux citoyens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;&lt;b&gt;Deuxième principe de droit constitutionnel : une Constitution est un texte neutre, elle permet le débat politique sans en imposer l'issue.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une Constitution démocratique n'est pas de droite ou de gauche, elle n'est pas socialiste ou libérale, une Constitution n'est pas partisane : elle rend &lt;u&gt;possible&lt;/u&gt; le débat politique, elle est &lt;u&gt;au-dessus &lt;/u&gt;du débat politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’inverse, ce "traité constitutionnel", en plus de fixer la règle du jeu politique, voudrait fixer le jeu lui-même !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En imposant dans toutes ses parties[2] (I, II et surtout III) des contraintes et références libérales, &lt;b&gt;ce texte n'est pas neutre politiquement&lt;/b&gt;, il &lt;b&gt;&lt;u&gt;impose pour toujours des choix de politique économique &lt;/u&gt;&lt;/b&gt;qui doivent évidemment dépendre du débat politique quotidien, variable selon la conjoncture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notamment, ce texte confirme pour toujours que l’Europe se prive elle-même des trois principaux leviers économiques qui permettent à tous les États du monde de gouverner : pas de politique monétaire (banque centrale indépendante, n’ayant comme seule mission, constitutionnelle, intangible, que la lutte contre l’inflation et aucunement l’emploi ou la croissance[3]), pas de politique budgétaire (pacte de stabilité[4]) et pas de politique industrielle (interdiction de toute entrave à la concurrence[5], donc interdiction d’aider certains acteurs nationaux).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est une &lt;b&gt;politique de l’impuissance économique&lt;/b&gt;[6] qui est ainsi &lt;b&gt;institutionnalisée&lt;/b&gt;, imposée pour longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce texte infantilise les citoyens d'Europe : il nous prive tous de l'intérêt de réfléchir à des alternatives. À quoi bon continuer le débat politique, en effet, puisque toute alternative réelle est expressément interdite dans le texte suprême ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mise à part la constitution soviétique (qui imposait, elle aussi, une politique, le collectivisme), cette constitution partisane serait un cas unique au monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’est-ce pas une mission des professeurs de droit, mais aussi des journalistes, de l'expliquer aux citoyens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;Troisième principe de droit constitutionnel : une Constitution démocratique est révisable&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le "traité constitutionnel" est beaucoup trop difficilement révisable[7] : pour changer une virgule à ce texte, il faut d'abord l'unanimité des gouvernements pour tomber d'accord sur un projet de révision, puis il faut l'unanimité des peuples (parlements ou référendums) pour le ratifier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec 25 États, cette procédure de &lt;b&gt;double unanimité &lt;/b&gt;est une vraie garantie d'intangibilité pour les partisans de l'immobilisme. Ce texte est pétrifié dès sa naissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Concrètement, si une large majorité d’Européens souhaitent modifier leur loi fondamentale, ils ne le pourront pas.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;C'est inacceptable pour une Constitution&lt;/b&gt;[8] et ce serait, là encore, un cas unique au monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On me répond en mettant en avant le mot "traité" pour prétendre que l'unanimité est normale (ce qui est vrai en matière de traités), mais ça ne tient pas : ce texte, à l’évidence, joue le rôle d’une constitution et l'oxymore "Traité constitutionnel" (assemblage de mots contradictoires) conduit, en jouant sur les mots, à créer &lt;b&gt;une nouvelle norme suprême beaucoup trop rigide, trop difficile à réviser.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le "traité constitutionnel" est exécutoire &lt;u&gt;sans limitation de durée&lt;/u&gt;[9], il s’impose sur presque tous les &lt;u&gt;sujets essentiels &lt;/u&gt;à la vie des gens, &lt;u&gt;sa force juridique est supérieure &lt;/u&gt;à toutes nos normes nationales (règlements, lois, Constitution), et même à tous nos traités, il met en place les grands &lt;u&gt;pouvoirs&lt;/u&gt; (exécutif, législatif, judiciaire) et il en règle les &lt;u&gt;équilibres&lt;/u&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le "traité constitutionnel", notre Constitution nationale devient un texte de rang inférieur au moindre petit règlement européen (souvent directement exécutoire dans notre droit positif) et ne nous protège donc plus de rien dans tous les domaines où l'Europe prend le pouvoir, c’est-à-dire presque partout[10].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Le TCE est donc manifestement, par nature, une Constitution, il fixe le &lt;u&gt;droit du droit&lt;/u&gt;. &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nombreux professeurs de droit public l’analysent comme tel, de la même façon qu’ils analysent la&lt;b&gt;&lt;u&gt; nouvelle Union comme un État&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;, avec tous ses composants fondamentaux.[11]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En établissant une Constitution par voie de traité, procédure beaucoup moins contraignante qu’une lourde assemblée constituante, (publique, contradictoire et validée directement par le peuple), &lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;les parlements et gouvernements, de droite comme de gauche, ont fait comme s’ils étaient propriétaires de la souveraineté populaire&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;, et ce traité, comme les précédents, peut s’analyser comme &lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;un abus de pouvoir &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;: nos élus, tout élus qu’ils sont, n’ont pas reçu le mandat d’abdiquer notre souveraineté. &lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;C’est au peuple, directement, de contrôler que les conditions de ce transfert&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;, (à mon avis souhaitable pour construire une Europe forte et pacifiée), sont acceptables. Comme le suggère Christian Darlot, on devrait parler de « traité anti-constitutionnel ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour l'entrée d'un nouvel État dans l'UE, la règle de l’unanimité est une protection, mais ce n'est pas l'unanimité des peuples consultés par référendum qui est requise : c'est d’abord l’unanimité des 25 représentants des gouvernements (dont beaucoup ne sont pas élus, et dont aucun ne l'est avec le mandat de décider sur ce point essentiel), puis l’unanimité des États selon leur procédure nationale de ratification[12]. Seuls les pays qui ont une procédure référendaire, et la France en fait partie, verront donc leur peuple directement consulté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout indique que la volonté des peuples compte de moins en moins pour ceux qui les gouvernent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’est-ce pas une mission des professeurs de droit, mais aussi des journalistes, de l'expliquer aux citoyens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;Quatrième principe de droit constitutionnel : une Constitution démocratique garantit contre l'arbitraire en assurant à la fois la séparation des pouvoirs et le contrôle des pouvoirs&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;L'esprit des lois décrit par Montesquieu est sans doute la meilleure idée de toute l'histoire de l'Humanité : &lt;b&gt;tous les pouvoirs tendent naturellement, mécaniquement, à l'abus de pouvoir&lt;/b&gt;. Il est donc essentiel, pour protéger les humains contre la tyrannie, d'abord de séparer les pouvoirs, et ensuite d'organiser le contrôle des pouvoirs : &lt;b&gt;pas de confusion des pouvoirs, et pas de pouvoir sans contre-pouvoirs.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi le peuple dit : &lt;i&gt;« Toi, le Parlement, tu fais les lois, mais tu ne les exécutes pas. Et toi, le Gouvernement, tu exécutes les lois, mais tu ne peux pas les écrire toi-même. » &lt;/i&gt;Ainsi, aucun pouvoir n’a, à lui seul, les moyens de devenir un tyran.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;« D’autre part, si l’un des pouvoirs estime que l’autre a un comportement inacceptable, il peut le révoquer : l’assemblée peut renverser le gouvernement, et le gouvernement peut dissoudre l’assemblée. Dans les deux cas, on en appelle alors à l’arbitrage (élection) du peuple qui doit rester la source unique de tous les pouvoirs. » &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ça, la meilleure idée du monde, la source profonde de notre quiétude quotidienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Foulant aux pieds ces principes fondateurs de la démocratie, le "traité constitutionnel" entérine au contraire l'attribution de tous les pouvoirs au couple exécutif Conseil des ministres + Commission : c’est ainsi que le pouvoir législatif (l’exécutif européen a l’exclusivité de l'initiative des lois ![13], et il peut par ailleurs créer toutes sortes de règles contraignantes supérieures à toutes les normes nationales[14]) et le pouvoir exécutif sont dans les mêmes mains !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec la confusion des pouvoirs, &lt;b&gt;c’est un premier rempart essentiel contre la tyrannie qui nous échappe&lt;/b&gt; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec une certaine cohérence, ce texte prive aussi le Parlement européen des pouvoirs élémentaires et essentiels que lui confère pourtant traditionnellement son élection au suffrage universel direct : pour commencer, &lt;b&gt;&lt;u&gt;le parlement européen n'a pas l'initiative des lois&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci est un vice rédhibitoire, absolument pas négociable. Si on laisse passer ça, on est fous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Parlement européen n'a également aucun moyen sérieux de contrôler et d'infléchir la politique menée par l'exécutif. Dans le meilleur des cas, il légifère selon un mécanisme humiliant appelé codécision[15]. &lt;b&gt;Il y a même une série de sujets qui lui échappent totalement ![&lt;/b&gt;16]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a mis le Parlement en tutelle, en cage : &lt;b&gt;le Parlement ne peut légiférer seul sur rien, il ne peut même rien initier.&lt;/b&gt; C’est exactement une tutelle…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;C’est d’autant plus choquant que l’exécutif, lui, au contraire, a ses quelques domaines &lt;u&gt;absolument réservés&lt;/u&gt;, bien à l’abri des contrôles tatillons, et comme par hasard ce sont les domaines économiques essentiels &lt;/b&gt;(Art. III-130 : marché intérieur et Art. III-163 et III-165 : règles de la concurrence). Pour un citoyen qui débarque là sans avoir été conditionné psychologiquement au préalable, c’est choquant. Mais peut-être que je me trompe. Peut-on m’expliquer cet étrange « équilibre » des pouvoirs ? Pour qui a-t-on écrit ce texte ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’argument selon lequel "c’est partout pareil" ne me rassure pas mais m’inquiète plus encore : pendant que la plupart des citoyens négligent la démocratie, hypnotisés par la pub, le foot et la télé, d’autres s’en occupent activement, et discrètement, on voit comment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Continuons : nombreux sont les "responsables" de l'exécutif européen, à commencer par les commissaires[17], mais surtout le Conseil des ministres, qui créent des normes contraignantes et &lt;b&gt;n'ont pourtant de comptes à rendre à personne au Parlement. &lt;u&gt;Un pouvoir immense sans contre-pouvoirs.&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Parlement européen ne peut pas mettre en cause un commissaire, il ne peut que révoquer en bloc la commission, à &lt;u&gt;la majorité des deux tiers&lt;/u&gt;, ce qui signifie que &lt;b&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;la Commission peut gouverner 450 millions de personnes avec l’accord d’un tiers seulement du Parlement. &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;Le Parlement européen ne peut pas renverser le Conseil des Ministres &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;qui est donc absolument irresponsable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Commission, qui est l’émanation du Conseil, sa « chose », sert donc de &lt;u&gt;« fusible » &lt;/u&gt;politique face au Parlement, &lt;u&gt;faisant écran &lt;/u&gt;aux Conseils qui ne risquent rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On aurait voulu organiser l’irresponsabilité générale qu’on ne s’y serait pas pris autrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Exemple de la toute-puissance des commissaires : le commissaire chargé du commerce international est le représentant unique de l’Union dans toutes les négociations internationales (OMC et autres). À lui seul, cet homme concentre donc un pouvoir vertigineux. C’est à ce titre qu’il négocie l’AGCS (Accord général sur les services, version mondiale de la directive Bolkestein) au nom de tous les Européens, mais dans le plus grand secret : i&lt;b&gt;l ne rend aucun compte au Parlement &lt;/b&gt;des négociations qu’il mène sur un accord qui va pourtant profondément changer la vie de tous les Européens, et &lt;b&gt;le Parlement ne peut pas lui imposer de rendre des comptes&lt;/b&gt;[18].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;On peut donc déjà observer des signes tangibles d’une dérive de type tyrannique.&lt;/u&gt;&lt;/b&gt; Et le "traité constitutionnel" verrouille pour longtemps un déséquilibre institutionnel qui le permet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;L’affaiblissement du contrôle parlementaire, c’est un deuxième rempart essentiel contre la tyrannie qui disparaît.&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color:#ff0000;"&gt;C'est ce que, depuis vingt ans, les manuels scolaires des étudiants en sciences politiques appellent pudiquement le "déficit démocratique" de l'UE. Un terme bien anodin pour désigner en fait une trahison des peuples, trop confiants en ceux qu'ils ont désignés pour les défendre.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes les conversations des citoyens devraient analyser ce recul historique, ce cancer de la démocratie : &lt;b&gt;dans les institutions européennes, le Parlement, seule instance porteuse de la souveraineté populaire par le jeu du suffrage universel direct, est privé à la fois de son pouvoir normatif et de son pouvoir de contrôle, pendant que la confusion des pouvoirs la plus dangereuse est réalisée dans les mains d'un exécutif largement irresponsable.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;C'est la porte grande ouverte à l'arbitraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment les analystes et commentateurs peuvent-ils glisser là-dessus comme si c'était secondaire ? C'est l'Europe à tout prix ? N'importe quelle Europe ? Même non démocratique ?! On n'a pas le droit d'en parler sans être qualifié d’antieuropéen ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On nous dit : « ce texte est meilleur qu’avant, il faudrait être idiot pour refuser de progresser ». C’est masquer qu’avec ce texte, on ne ferait pas que progresser : on figerait, on bloquerait, on entérinerait, on renforcerait, on donnerait &lt;b&gt;&lt;u&gt;pour la première fois une caution populaire aux auteurs du texte&lt;/u&gt;&lt;/b&gt; qui s’en sont &lt;b&gt;dispensés jusque-là&lt;/b&gt;, on voit pour quel résultat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même mieux qu’avant, le texte proposé est absolument inacceptable, très dangereux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Montesquieu doit se retourner dans sa tombe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les partisans du traité présentent comme une avancée majeure le fait que désormais, avec ce texte, le Parlement votera le budget[19]. Est-ce qu'on se rend compte de la gravité de la situation ? Aujourd'hui, le Parlement européen ne vote même pas le budget ! Il faut garder à l’esprit que, si le Parlement est faible, ce sont les citoyens qui sont faibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'avancée (réelle) sur le budget est une maneuvre qui ne doit pas masquer l'inacceptable faiblesse : si les citoyens valident eux-mêmes que leur Parlement n'ait définitivement pas l'initiative des lois, ils se font politiquement hara-kiri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Triste paradoxe que ces peuples, mal informés, qui accepteraient eux-mêmes le recul du contrôle parlementaire, c’est-à-dire du principal rempart qui les protège de l’injuste loi du plus fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;Il deviendrait alors inutile, pour les citoyens, d'avoir une réflexion et une opinion politique&lt;/u&gt;&lt;/b&gt; dès lors que disparaîtrait la courroie de transmission du Parlement (la seule qui transforme nos opinions politiques individuelles en décisions et en normes juridiques générales).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui claironnent la naissance d'un référendum d'initiative populaire à l'initiative d'un million de citoyens[20] n’ont pas bien lu : le traité ne définit qu'un misérable &lt;u&gt;droit de pétition sans aucune force contraignante pour la Commission &lt;/u&gt;qui n'est qu'invitée à réfléchir et qui peut parfaitement jeter la proposition à la poubelle sans même devoir se justifier[21].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la même façon, les beaux principes généraux et généreux, claironnés partout, sur toutes les radios, les télés, les journaux, tout au long des spots officiels, n'ont explicitement aucune force contraignante et font ainsi illusion : Art. II-111-2 : « La présente Charte n'étend pas le champ d'application du droit de l'Union au-delà des compétences de l'Union, ni ne crée aucune compétence ni aucune tâche nouvelles pour l'Union et ne modifie pas les compétences et tâches définies dans les autres parties de la Constitution. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut pas être plus clair que cet article : la partie II est stérilisée, vidée de son sens par l’article 111-2, cette charte fait illusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Partout, ce texte est en trompe-l'oeil pour masquer une maladie mortelle pour la démocratie : progressivement et subrepticement, en affirmant le contraire sans vergogne, &lt;b&gt;les exécutifs nationaux, de droite comme de gauche, à l'occasion de la naissance de l'Europe, sont en train, en cinquante ans, de s'affranchir du contrôle parlementaire.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Je le répète parce que c’est absolument fondamental, &lt;u&gt;les hommes politiques au pouvoir ne sont pas propriétaires de la souveraineté populaire&lt;/u&gt; qu'ils n’incarnent que temporairement : ni le gouvernement ni le parlement ne peuvent l'abdiquer (ou la confisquer) ; &lt;b&gt;&lt;u&gt;seul le peuple, lui-même, directement et en connaissance de cause, le peut.&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce point de vue, &lt;b&gt;les nombreux gouvernements qui ont fait ratifier ce texte par leur Parlement national[22], plutôt que par leur peuple (référendum), signent une véritable forfaiture &lt;/b&gt;: les peuples de ces pays sont ainsi privés à la fois du débat et de l’expression directe qui leur aurait permis de résister au recul du contrôle parlementaire qui les expose immanquablement aux tyrans à venir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel moyen reste-t-il à ces citoyens pour résister à cette confiscation de leur souveraineté ?[23].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce mépris des peuples et de leurs choix réels est très révélateur du danger qui grandit dans la plus grande discrétion : &lt;b&gt;&lt;u&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;nos élites, de droite comme de gauche, se méfient de la démocratie et nous en privent délibérément, progressivement et insidieusement.&lt;/span&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’est-ce pas une mission des professeurs de droit, mais aussi des journalistes, de l'expliquer aux citoyens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;Cinquième principe de droit constitutionnel : une Constitution démocratique est forcément établie par une assemblée indépendante des pouvoirs en place&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une Constitution n’est pas octroyée au peuple par les puissants. &lt;b&gt;Elle est définie par le peuple lui-même&lt;/b&gt;, précisément pour se protéger de l’arbitraire des puissants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’inverse, les institutions européennes ont été écrites (depuis cinquante ans) par les hommes politiques au pouvoir qui sont donc évidemment &lt;u&gt;juges et parties &lt;/u&gt;: de droite comme de gauche, en fixant eux-mêmes les contraintes qui allaient les gêner tous les jours, ces responsables ont été conduits, c'est humain mais c'est aussi prévisible, à une dangereuse partialité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est, là encore, un cas unique au monde, pour une démocratie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et on observe les résultats comme une caricature de ce qu'il faut éviter : un exécutif tout-puissant et un Parlement fantoche, une apparence de démocratie avec des trompe-l'œil partout, de petits progrès montés en épingle, mais un recul réel et profond du contrôle parlementaire, de la souveraineté des peuples et de la garantie contre l'arbitraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;La seule voie crédible pour créer un texte fondamental équilibré et protecteur est une assemblée constituante, indépendante des pouvoirs en place, élue pour élaborer une Constitution, rien que pour ça, révoquée après, et respectant une procédure très publique et très contradictoire (en droit, le mot "contradictoire" signifie que les points de vue opposés doivent pouvoir s’exprimer totalement).&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;C'est aux citoyens d'imposer cette procédure si les responsables politiques tentent de s'en affranchir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La composition assez variée de la Convention Giscard n'est pas un argument satisfaisant : cette convention est une mauvaise parodie, on est à mille lieues d'une assemblée Constituante : ses membres n'ont pas été élus avec ce mandat, ses membres n'étaient pas tous indépendants des pouvoirs en place, et surtout ils n'avaient pas les pouvoirs pour écrire un nouveau texte équilibré, et démocratique : ils ont simplement validé, compilé (et légèrement modifié) les textes antérieurs écrits par des acteurs partisans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réécriture du texte par les gouvernants au pouvoir, pendant encore une année après que la Convention a rendu sa proposition, est une énormité de plus, sous l’angle constitutionnel[24].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les vices antidémocratiques du "traité constitutionnel" viennent sans doute de cette erreur centrale, commise depuis l'origine, sur la source du droit fondamental, qui ne peut être qu'une assemblée constituante indépendante, élue sur ce seul mandat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’est-ce pas une mission des professeurs de droit, mais aussi des journalistes, de l'expliquer aux citoyens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;Conclusion&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Le TCE paraît donc inacceptable en l’état, mais je ne crois pourtant pas du tout qu’une Europe démocratique soit inaccessible, ni même compliquée à construire, comme on voudrait nous le faire croire. &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois même que c'est très simple, pour peu qu'une vraie volonté politique existe pour le défendre : qu'est-ce qu'il y a de compliqué à écrire &lt;i&gt;"Le Parlement a l'exclusivité de l'initiative et du vote des lois. Tous les corps constitués lui rendent des comptes publics. La Commission présente tous les ans au Parlement un bilan et un programme de politique générale qui doit être approuvé à la majorité."&lt;/i&gt; ? Où est la difficulté ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On me parle de compromis, mais je ne comprends pas pourquoi on devrait accepter un compromis sur un point à la fois aussi non négociable et aussi universel : tous les peuples d'Europe ont droit au même respect, à travers le Parlement, que celui que je réclame ici, le compromis devrait être vite trouvé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On me parle de progrès, mais à la vérité tout est dans la référence qu'on prend pour évaluer le progrès : car en effet, si l'on prend la situation de Nice (que je tiens pour déplorable sur le plan démocratique), c'est effectivement "mieux", c'est un "progrès", et on comprend donc pourquoi on se réfère à ce texte pour nous vendre le TCE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais si je me réfère à &lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;la démocratie nationale que je perds au profit de la "démocratie européenne" que je gagne, c'est objectivement un recul historique. Et c’est clairement pour longtemps.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Or je rappelle que c'est &lt;b&gt;la première fois en cinquante ans qu'on me demande mon avis&lt;/b&gt; : en tant que citoyen, je ne suis donc pas cosignataire de Nice, ni des traités précédents. À Maastricht, on m’interrogeait sur la monnaie et les contraintes économiques, si je me souviens bien, pas sur l’équilibre et le contrôle des pouvoirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi n'aurais-je donc à juger que du petit différentiel qui sépare Nice du TCE ? Pourquoi n'aurais-je pas mon mot à dire ("moi", citoyen de base, évidemment) sur l'ensemble de ce fantastique coup de force des exécutifs nationaux depuis cinquante ans sur le contrôle parle&amp;shy;mentaire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne vois pas pourquoi il faudrait que le texte soumis au vote soit artificiellement circonscrit aux quelque 50 articles nouveaux du TCE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je vois d'éminents experts prétendre qu'il n'y a que 60 pages à juger, 50 petits articles de rien du tout, prétendre que le reste existe déjà et se trouve donc hors du sujet, pas soumis au référendum, quand j'entends ça, je me dis, et j'ai l'impression que je ne suis pas le seul, que cette affaire est une escroquerie, pour rester poli.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on refuse cette vue d'ensemble dont je parle, si cette période de cinquante ans est sacrée, promue intouchable, irréversible, si on impose Nice comme référence, alors, effectivement, le TCE est un "bon texte" puisqu'"on progresse", mais il ne vous apparaît pas qu'il manque une petite partie de la démonstration ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est vrai que c'est sans doute une erreur (pour ceux qui construisent cette Europe très peu démocratique) d'avoir qualifié le texte de Constitution (ils nous ont mis la puce à l’oreille), et une autre erreur d'avoir proposé le texte par référendum à ces râleurs arrogants que sont les français, mais pour nous, citoyens, j'ai bien l'impression que ces deux erreurs nous donnent une chance historique, celle de voir plus clairement le danger et d'enfin résister, pour rendre aux parlementaires européens le pouvoir dont ils n'auraient jamais dû être privés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est donc bien le précieux pouvoir des parlementaires que je défends aujourd'hui, parce que leur pouvoir, c'est le mien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens de l’expliquer à une députée européenne qui m’a gentiment écrit, et qui m’a ainsi permis de préciser ma pensée, de progresser. Un bel exemple de courrier respectueux entre citoyens nourrissant le même rêve européen.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aimerais pouvoir parler de la sorte à tous les parlementaires qui me protègent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour parler franchement, j'aimerais que les parlementaires eux-mêmes soient plus agressifs pour exiger ce pouvoir qu’ils sont seuls à incarner, normalement, du fait du suffrage universel direct.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, ce &lt;b&gt;"traité constitutionnel" est un détonateur, un révélateur, qui met en lumière ce qui se trame discrètement depuis longtemps. &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'une certaine façon, le loup est sorti du bois et les citoyens peuvent enfin voir le grand danger, et résister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;Une des grandes erreurs, c’est de faire passer l’économique avant le politique, c’est de confier la barre aux économistes &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;alors qu’ils devraient rester dans les soutes pour faire tourner le moteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En prônant la liberté comme une valeur supérieure, au lieu de la fraternité, en institutionnalisant la compétition, la concurrence, au lieu de la collaboration et l’entraide, en imposant dans le texte suprême à travers le dogme de la concurrence absolue, et finalement une morale du « chacun pour soi et contre tous », en détruisant la régulation par l’État, gardien de l’intérêt général, pour instaurer la régulation par le marché, somme d’intérêts particuliers, &lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;les économistes libéraux s’en prennent aux fondements de la démocratie&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; pour, tout compte fait, affranchir les principaux décideurs économiques de tout contrôle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dérégulation systématique menée en Europe (institutions, politique et verrou de la Constitution), et plus généralement sur la terre entière (OMC, AGCS, ADPIC) est un recul de la civilisation, un retour vers la barbarie de la loi du plus fort[25].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par optimisme, par crédulité, par indifférence, les peuples modernes laissent s'affaiblir leur bien le plus précieux, très rare sur cette planète, celui qui conditionne leur sérénité quotidienne : les différentes protections contre l'arbitraire des hommes forts, depuis le cœur des entreprises (droits sociaux) jusqu'à la patrie (institutions démocratiques contrôlées et révocables).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;La démocratie n'est pas éternelle, elle est même extrêmement fragile.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; En la croyant invulnérable, nous sommes en train de la laisser perdre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même après le refus de ce texte-là, il faudra se battre pour la garder, et continuer à militer pour imposer à nos représentants de construire une autre Europe, simplement démocratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce texte fondateur en trompe-l'oeil est présenté aux citoyens à travers un débat lui aussi en trompe-l'oeil[26].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nombreux journalistes, en assimilant les opposants au texte à des opposants à l'Europe, font un amalgame malhonnête : la double égalité "Oui au traité=Oui à l'Europe, Non au traité=Non à l'Europe" est un mensonge insultant, une inversion de la réalité, un slogan trompeur jamais démontré, fait pour séduire ceux qui n'ont pas lu le traité et qui n'ont pas étudié les arguments, pourtant très forts, de ceux qui s’opposent à ce traité précisément pour protéger la perspective d’une Europe démocratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les journalistes sont un rempart essentiel, moderne, pour protéger la démocratie. Montesquieu ne pouvait pas prévoir l’importance capitale qu’ils allaient prendre, mais c’est certain : l&lt;b&gt;e pouvoir immense des journalistes mériterait lui-même un vrai contre pouvoir (de ce point de vue, on peut sûrement se demander si on ne commet pas une grave erreur en laissant acheter et vendre les médias comme de simples marchandises) et leur responsabilité est ici historique.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Mais que font-ils donc en l’occurrence ? Réveillez-les…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N'y aura-t-il en France que quelques rares émissions à des heures tardives pour organiser les débats contradictoires indispensables pour se forger une opinion éclairée ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est, pour l'instant, l'Internet qui est le média le plus démocratique, non censuré, le meilleur outil pour résister. Si ce message vous semble utile, diffusez-le vite dans vos propres réseaux et au-delà de l’Internet, sur papier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Conseil aux partisans du TCE (je ne peux pas les aider, je n’ai pas trouvé moi-même les arguments qui leur manquent ;o) : pour rassurer ceux qui sentent un grand danger dans le TCE, c’est une mauvaise réponse de souligner ce qui est bon dans le TCE : ça ne suffit pas à nous rassurer, évidemment. On ne signe pas un texte s’il contient ne serait-ce qu’une seule ligne inacceptable, quand bien même il contiendrait par ailleurs monts et merveilles. Et ce traité comporte de nombreux points inacceptables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut donc plutôt nous démontrer qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter, par exemple que le Parlement est fort, libre, apte à contrôler réellement l’exécutif dans toutes les phases de création du droit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai entendu à la radio, il y a quelques semaines, une phrase qui a fait mouche, qui depuis résonne sans cesse dans ma tête et qui me change. Elle dit : &lt;i&gt;&lt;b&gt;on ne naît pas citoyen : on le devient&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;BIBLIOGRAPHIE&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les livres et articles que j’ai lu depuis six mois, tous profondément proeuropéens, certains aident particulièrement à se forger une opinion construite et solidement argumentée contre ce texte dangereux, et plus généralement sur la construction européenne et la dérégulation mondiale :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Raoul Marc Jennar, « Europe, la trahison des élites », 280 pages, décembre 2004, Fayard : pour un réquisitoire rigoureux et passionnant. Une étude consternante des rouages européens et des dérives foncièrement antidémocratiques de cette Europe qui ment tout le temps. Comment la défense des intérêts privés des grands groupes a d’ores et déjà pris la place de celle de l’intérêt général. Les chapitres sur l’OMC, l’AGCS et l’ADPIC sont absolument é-di-fiants. Un livre essentiel, à lire d’urgence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, a écrit dans le Monde, le 11 mars 2005, un article très puissant qui résume parfaitement l’essentiel de l’essentiel : « Qui veut de la post-démocratie ? » :&lt;br /&gt;http://www.non-2005.org/index.php?action=article&amp;id_article=130747.&lt;br /&gt;Un article court (une page) et très dense : important, percutant, à lire absolument.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Raoul Marc Jennar, « Quand l’Union Européenne tue l’Europe », 40 pages, janvier 2005 : brochure résumant un argumentaire serré contre le "traité constitutionnel". Également un DVD où Jennar présente lui-même, de façon pédagogique, très posée, trois exposés sur l’AGCS, la directive Bolkestein et le traité constitutionnel. On y sent très fortement la terrifiante cohérence qui relie ces textes. Documents importants disponibles sur www.urfig.org.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Jean-Paul Fitoussi, économiste, « La Politique de l’impuissance », 160 pages, janvier 2005, Arléa : un passionnant petit livre d’entretiens avec Jean-Claude Guillebaud pour comprendre comment l’Europe abandonne sciemment la démocratie et renonce à l’intervention économique des États.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Jacques Généreux, économiste, « Manuel critique du parfait Européen – Les bonnes raisons de dire "non" à la constitution », 165 pages, février 2005, Seuil : encore un excellent petit livre, très clair, vivant, incisif, très argumenté, avec une tonalité à la fois économique et très humaine.&lt;br /&gt;Encore un enthousiasmant plaidoyer pour une vraie Europe !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Yves Salesse, membre du Conseil d’État, « Manifeste pour une autre Europe », 120 page, janvier 2005, Le Félin : un argumentaire précis, rigoureux, constructif. Agréable à lire et très instructif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Yves Salesse a également rédigé, lui aussi, un article plus court qui résume en 10 pages son analyse : « Dire non à la "constitution" européenne pour construire l’Europe » :&lt;br /&gt;http://www.fondation-copernic.org/Flash-septembre2004.pdf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Ces temps-ci, une source majeure d’information non censurée, très orientée politiquement (à gauche), mais absolument foisonnante, est le site portail www.rezo.net. J’y trouve chaque jour au moins un document intéressant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Bernard Maris, « Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie », novembre 1999, Albin Michel : pour une démonstration de l’imposture de "l’indispensable guerre économique", avec un parallèle très convaincant avec la guerre de 1914 : comme d’habitude, la guerre n'est pas inévitable, et ceux qui poussent à faire la guerre ne sont pas ceux qui se battent et qui souffrent. Un bel appel à la désertion.&lt;br /&gt;À mettre en parallèle avec la religion de la concurrence (compétition) sans entrave, rabachée par le "traité constitutionnel" qui, finalement, monte les États et les peuples les uns contre les autres, à coups de dumping social, fiscal, et environnemental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Joseph E. Stiglitz, « La grande désillusion », 324 pages, sept. 2003, Fayard : un pavé dans la mare : un grand économiste libéral, patron de la banque mondiale, qui a travaillé avec les plus grands hommes de ce monde, et qui décrit en détail le dogmatisme aveugle et criminel des technocrates libéraux du FMI et ses conséquences sur les économies et les peuples. Un style soigné, 0% de matière grasse. Un grand bouquin, une référence. À lire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Agnès Bertrand et Laurence Kalafatides, « OMC, le pouvoir invisible », 325 pages, juillet 2003, Fayard : un livre palpitant et éclairant pour comprendre les objectifs et les moyens de cette énorme machine à déréguler que sont le GATT puis l’OMC, outils de contrainte pour les États mais jamais pour les entreprises. Ce livre permet de ressentir fortement la parfaite cohérence qui existe entre les objectifs et les influences de l’OMC et ceux de la construction européenne actuelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Pour comprendre la logique d’ensemble de ce qui prend forme au niveau planétaire, il faut lire l’article à la fois terrifiant et lumineux de Lori M. Wallach, « Le nouveau manifeste du capitalisme mondial », dans Le Monde diplomatique de février 1998, à propos de l’Accord Multilatéral sur l’investissement (AMI), (une de ces « décisions Dracula », appelées ainsi parce qu’elles ne supportent pas la lumière, tellement elles sont évidemment inacceptables) : http://www.monde-diplomatique.fr/1998/02/WALLACH/10055.&lt;br /&gt;On y perçoit clairement, comme grâce à une caricature, la logique qui sous-tend de nombreux textes et accords essentiels en préparation aujourd’hui : AGCS, Construction européenne libérale, OMC, ADPIC, directive Bolkestein, etc. La parenté de tous ces textes devient évidente : un redoutable « air de famille ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;· Robert Joumard et Christian Darlot, enfin, simples citoyens comme moi apparemment, ont fait la même démarche : ils ont beaucoup lu, digéré, résumé, rassemblé, organisé tout ça avec talent pour faire deux synthèses un peu longues, comme la mienne, mais alors vraiment, je trouve, très intéressantes. Deux documents vraiment très bien faits à lire là :&lt;br /&gt;http://institut.fsu.fr/chantiers/europe/traite_constit/joumard.pdf&lt;br /&gt;et Voir la page Liens de mon site pour le doc de C. Darlot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="font-size:+1;"&gt;NOTES&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;--------------------------------------------------------------------------------&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[1] Constitution européenne : Comment se procurer le texte intégral ?&lt;br /&gt;http://www.constitution-europeenne.fr&lt;br /&gt;À lire avant de voter :&lt;br /&gt;a/ Le traité établissant une Constitution pour l’Europe - 349 pages.&lt;br /&gt;b/ Les protocoles et annexes I et II - 382 pages. Document nommé "Addendum 1 au document CIG 87/04 REV 1.&lt;br /&gt;c/ Les déclarations à annexer à l’acte final de la CIG et l’acte final - 121 pages. Doc. Nommé "Addendum 2 au document CIG 87/04 REV 2. Total : 349 + 382 + 121 = 852 pages.&lt;br /&gt;Pourtant, tout n’y figure pas : des définitions aussi essentielles que celle des SIEG, services d’intérêt économique général, (cités aux art. II-96, III-122, III-166), à ne surtout pas confondre avec les services publics, ne figurent pas dans les 852 pages : il faut, dans cet exemple, consulter le "livre blanc" de la Commission pour apprendre que les SIG et SIEG n’ont rien à voir avec les services publics.&lt;br /&gt;Rappel : à titre de comparaison, les Constitutions françaises et américaines font chacune environ 20 pages.&lt;br /&gt;Autres unités de mesure, moins sujettes à variation typographique, les mots et les caractères : la Constitution européenne contient 70 904 mots, soit 14,7 fois plus que la Constitution française, et 441 895 caractères (contre 46 515).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[2] Les instructions impératives de type politique sont trop nombreuses pour les citer toutes. Entre autres, plus de trois cents articles de la partie III fixent en détail les politiques économiques de l’Union.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[3] Indépendance et missions de la banque centrale : art. I-30 : « §1 (…) La Banque centrale européenne et les banques centrales nationales des États membres dont la monnaie est l'euro, qui constituent l'Eurosystème, conduisent la politique monétaire de l'Union. §2. Le Système européen de banques centrales est dirigé par les organes de décision de la Banque centrale européenne. L'objectif principal du Système européen de banques centrales est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de cet objectif, il apporte son soutien aux politiques économiques générales dans l'Union pour contribuer à la réalisation des objectifs de celle-ci. Il conduit toute autre mission de banque centrale conformément à la partie III et au statut du Système européen de banques centrales et de la Banque centrale européenne. §3. La Banque centrale européenne est une institution. Elle a la personnalité juridique. Elle est seule habilitée à autoriser l'émission de l'euro. Elle est indépendante dans l'exercice de ses pouvoirs et dans la gestion de ses finances. Les institutions, organes et organismes de l'Union ainsi que les gouvernements des États membres respectent cette indépendance. » et art. III-188 : « ni la Banque centrale européenne, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l'Union, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[4] Pacte de stabilité : art. III-184 (2 pages) et art. 1 du protocole n°10 sur la procédure concernant les déficits excessifs « Les valeurs de référence visées à l'article III-184, paragraphe 2, de la Constitution sont les suivantes: a) 3 % pour le rapport entre le déficit public prévu ou effectif et le produit intérieur brut aux prix du marché; b) 60 % pour le rapport entre la dette publique et le produit intérieur brut aux prix du marché. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[5] Interdiction de fausser la concurrence : cette interdiction est partout dans le texte, elle est formelle et contraignante, également à l’encontre des services publics : Art. III-166 : « §1. Les États membres, en ce qui concerne les entreprises publiques et les entreprises auxquelles ils accordent des droits spéciaux ou exclusifs, n'édictent ni ne maintiennent aucune mesure contraire à la Constitution, notamment à l'article I-4, paragraphe 2 [non discrimination], et aux articles III-161 à III-169 [règles de concurrence]. §2. Les entreprises chargées de la gestion de services d'intérêt économique général ou présentant le caractère d'un monopole fiscal sont soumises aux dispositions de la Constitution, notamment aux règles de concurrence, dans la mesure où l'application de ces dispositions ne fait pas échec à l'accomplissement en droit ou en fait de la mission particulière qui leur a été impartie. Le développement des échanges ne doit pas être affecté dans une mesure contraire à l'intérêt de l'Union. §3. La Commission veille à l'application du présent article et adopte, en tant que de besoin, les règlements ou décisions européens appropriés. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[6] « La politique de l’impuissance » : voir le petit livre lumineux de Jean-Paul Fitoussi qui démontre cette dépossession progressive des responsables politiques par méfiance de la démocratie. Voir surtout le livre enthousiasmant de Jacques Généreux, « Manuel critique du parfait européen » qui proteste, lui aussi, contre le sabordage des outils européens d’intervention économique, et contre le dogmatisme aveugle qui soutient cette folie unique au monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[7] Procédure de révision : art. IV-443.3 : « Une Conférence des représentants des gouvernements des États membres est convoquée par le président du Conseil en vue d'arrêter d'un commun accord les modifications à apporter au présent traité. Les modifications entrent en vigueur après avoir été ratifiées par tous les États membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[8] Rappel : l’article 28 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de l’an I de la République française (1793) précisait : « Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut pas assujettir à ses lois les générations futures. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[9] Durée d’application du texte : Art. IV-446 : « Le présent traité est conclu pour une durée illimitée. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[10] Liste des domaines où l’Europe est compétente : Article I-13 : « Les domaines de compétence exclusive : §1. L'Union dispose d'une compétence exclusive dans les domaines suivants: a) l'union douanière; b) l'établissement des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur; c) la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l'euro; d) la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la pêche; e) la politique commerciale commune. §2. L'Union dispose également d'une compétence exclusive pour la conclusion d'un accord international lorsque cette conclusion est prévue dans un acte législatif de l'Union, ou est nécessaire pour lui permettre d'exercer sa compétence interne, ou dans la mesure où elle est susceptible d'affecter des règles communes ou d'en altérer la portée. » Article I-14 : « Les domaines de compétence partagée : (…) §2. Les compétences partagées entre l'Union et les États membres s'appliquent aux principaux domaines suivants: a) le marché intérieur; b) la politique sociale, pour les aspects définis dans la partie III; c) la cohésion économique, sociale et territoriale; d) l'agriculture et la pêche, à l'exclusion de la conservation des ressources biologiques de la mer; e) l'environnement; f) la protection des consommateurs; g) les transports; h) les réseaux transeuropéens; i) l'énergie; j) l'espace de liberté, de sécurité et de justice; k) les enjeux communs de sécurité en matière de santé publique, pour les aspects définis dans la partie III. (…)».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[11] Force supérieure des normes européennes sur toutes les autres normes, nationales et internationales : Art. I-6 : « La Constitution et le droit adopté par les institutions de l'Union, dans l'exercice des compétences qui sont attribuées à celle-ci, priment le droit des États membres. »&lt;br /&gt;Art. I-12 : « §1. Lorsque la Constitution attribue à l'Union une compétence exclusive dans un domaine déterminé, seule l'Union peut légiférer et adopter des actes juridiquement contraignants, les États membres ne pouvant le faire par eux-mêmes que s'ils sont habilités par l'Union, ou pour mettre en oeuvre les actes de l'Union. ».&lt;br /&gt;Parmi les compétences exclusives, voir l’art.I-13, §1 : « e) la politique commerciale commune. »…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les parlements nationaux sont ainsi totalement dépouillés, par exemple, de la moindre capacité d’influencer les accords commerciaux internationaux (AGCS, ADPIC et autres avatars de l’OMC), alors que la vie des citoyens est promise à des bouleversements majeurs à l’occa&amp;shy;sion de ces accords qui se préparent dans la plus grande discrétion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voir aussi les arguments d’Olivier Gohin, professeur de droit public à l’Université de Paris II : le nouveau traité est une Constitution (organisation des pouvoirs et garantie des libertés, avec identification d’un pouvoir constituant) et l’Union est un État (avec un territoire, un peuple, des pouvoirs publics et une souveraineté de compétences) : http://www.non-2005.org/index.php?action=article&amp;amp;id_article=127743.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains professeurs vont plus loin : « la personnalité juridique de l’Union, instituée par Art. I-7 », selon François-Guilhem Bertrand, professeur émérite à l’Université de Paris XI, « doit se lire avec l’arrêt du 31 mars 1971 de la Cour de Justice AETR qui décide que la personnalité donnée à l’Europe efface celle des États membres et leur interdit de se manifester lorsque l’Europe s’exprime. » (voir lien précédent).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est peut-être exagéré, C’est peut-être la réalité, c’est peut-être bien ou mal, je n’ai pas de certitude là-dessus, mais on pourrait au moins en débattre, au lieu de faire comme si de rien n’était.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Art. I-33 : « Les actes juridiques de l'Union : Les institutions, pour exercer les compétences de l'Union, utilisent comme instruments juridiques, conformément à la partie III, la loi européenne, la loi-cadre européenne, le règlement européen, la décision européenne, les recommandations et les avis.&lt;br /&gt;La loi européenne est un acte législatif de portée générale. Elle est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.&lt;br /&gt;La loi-cadre européenne est un acte législatif qui lie tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant au choix de la forme et des moyens.&lt;br /&gt;Le règlement européen est un acte non législatif de portée générale pour la mise en oeuvre des actes législatifs et de certaines dispositions de la Constitution. Il peut soit être obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre, soit lier tout État membre destinataire quant au résultat à atteindre, tout en laissant aux instances nationales la compétence quant au choix de la forme et des moyens.&lt;br /&gt;La décision européenne est un acte non législatif obligatoire dans tous ses éléments. Lorsqu'elle désigne des destinataires, elle n'est obligatoire que pour ceux-ci.&lt;br /&gt;Les recommandations et les avis n'ont pas d'effet contraignant. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[12] Procédure de ratification pour l’entrée d’un nouvel État dans l’UE : Article I-58 : « Critères d'éligibilité et procédure d'adhésion à l'Union : (…) §2. Tout État européen qui souhaite devenir membre de l'Union adresse sa demande au Conseil. Le Parlement européen et les parlements nationaux sont informés de cette demande. Le Conseil statue à l'unanimité après avoir consulté la Commission et après approbation du Parlement européen, qui se prononce à la majorité des membres qui le composent. Les conditions et les modalités de l'admission font l'objet d'un accord entre les États membres et l'État candidat. Cet accord est soumis par tous les États contractants à ratification, conformément à leurs règles constitutionnelles respectives. » Ces derniers mots font dépendre du droit national la procédure de ratification de l’entrée d’un nouveau membre.&lt;br /&gt;En février 2005, le Parlement français, réunis en Congrès, a changé la Constitution française pour que cette ratification soit forcément soumise au référendum : article 2 de la loi de révision : « I. – Le titre XV de la Constitution est complété par un article 88-5 ainsi rédigé : "Art. 88-5. – Tout projet de loi autorisant la ratification d’un traité relatif à l’adhésion d’un État à l’Union européenne et aux Communautés européennes est soumis au référendum par le Président de la République." » Quand le texte précise « est soumis », c’est obligatoire (en droit, l’indicatif vaut impératif).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[13] Exclusivité de l’initiative des lois pour l’exécutif : article I-26 : « (…) §2. Un acte législatif de l'Union ne peut être adopté que sur proposition de la Commission, sauf dans les cas où la Constitution en dispose autrement. Les autres actes sont adoptés sur proposition de la Commission lorsque la Constitution le prévoit. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[14] Domaines où l’exécutif légifère seul (trois mots qui ne devraient jamais être ensemble !) : voir note 16.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[15] Domaines où le Parlement est habilité à légiférer en codécision ("procédure législative ordinaire" de l’art. III-396) : Art. I-34, §1 : « Les lois et lois-cadres européennes sont adoptées, sur proposition de la Commission, conjointement par le Parlement européen et le Conseil conformément à la procédure législative ordinaire visée à l'article III-396. Si les deux institutions ne parviennent pas à un accord, l'acte en question n'est pas adopté. » Pas de liste des domaines de codécision, donc, apparemment : il faut partir à la pêche dans les 850 pages pour trouver les articles qui prévoient la procédure législative ordinaire, et donc la codécision. Voir la note suivante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[16] Domaines exclusifs, où l’exécutif peut légiférer seul : art. I-34, §2 : « Dans les cas spécifiques prévus par la Constitution, les lois et lois-cadres européennes sont adoptées par le Parlement européen avec la participation du Conseil ou par celui-ci avec la participation du Parlement européen, conformément à des procédures législatives spéciales.» ici non plus, apparemment, pas de liste des "domaines réservés à l’exécutif-législateur" (Montesquieu souffre sans doute dans sa tombe que cet oxymore ose exister), donc : il faut partir à la pêche dans les 850 pages pour trouver les articles qui prévoient une procédure législative spéciale…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces domaines étant en quelque sorte une zone franche de contrôle parlementaire, on aimerait pourtant savoir simplement quelles sont les matières concernées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne trouvant pas ce que je cherchais dans mes 852 pages du texte original, j’ai trouvé les explications suivantes sur http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2157 : « Les 21 domaines dont le Parlement est exclu et où le Conseil des ministres décide seul sont d’une importance décisive : le marché intérieur, l’essentiel de la Politique Agricole Commune, le Tarif Douanier Commun, la Politique Étrangère et de Sécurité Commune, la politique économique, la politique sociale, la fiscalité... ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Interrogé sur les sources de cette affirmation, l'auteur Jean-Jacques Chavigné m’a rapidement donné les n° d’articles précis en commentant : « il ne sera jamais écrit noir sur blanc que le Parlement est exclu de la décision. Il faudra comprendre qu’il est exclu lorsqu’un article de la Constitution précisera que c’est le Conseil décide et/ou que le Parlement sera simplement consulté. (JJC) »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Opacité incroyable du texte suprême qui devrait pourtant être absolument clair, on comprend bien ici pourquoi.&lt;br /&gt;JJC continue : « Voilà donc les domaines (ou les parties de domaine) les plus importants où le Conseil décide seul et où le Parlement n’est pas co-décideur : (JJC jusqu’à la fin de la note 16) »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Politique Étrangère et de Sécurité Commune :&lt;br /&gt;Article III-295 : Alinéa 1 : « Le Conseil européen définit les orientations générales de la politique étrangère et de sécurité commune, y compris pour les questions ayant des implications en matière de défense ».&lt;br /&gt;Article III-300, Alinéa 1 : « Les décisions européennes visées au présent chapitre sont adoptées par le Conseil statuant à l’unanimité ».&lt;br /&gt;Alinéa 2 : « Par dérogation au paragraphe 1, le Conseil statue à la majorité qualifiée ».&lt;br /&gt;Le rôle du Parlement est défini à l’article III-304 : Alinéa 1 : « Le ministre des affaires étrangères de l’Union consulte et informe le Parlement européen… »&lt;br /&gt;Alinéa 2 : « Le Parlement européen peut adresser des questions ou formuler des recommandations… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marché intérieur :&lt;br /&gt;Article III-130-3 :&lt;br /&gt;« Le Conseil, sur proposition de la Commission adopte les règlements ou décisions européens… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tarif Douanier Commun :&lt;br /&gt;Article III-151-5 : « Le Conseil sur proposition de la Commission adopte les règlements ou décisions européens qui fixent les droits du tarif douanier commun ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Concurrence :&lt;br /&gt;Article III-163 : « Le Conseil, sur proposition de la Commission, adopte les règlements européens pour l'application des principes fixés aux articles III-161 et III-162 [règles de concurrence]. Il statue après consultation du Parlement européen. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Politique Agricole Commune :&lt;br /&gt;Article III-231 : Alinéa 2 : « La loi ou loi-cadre européenne établit l’organisation commune des marchés… »&lt;br /&gt;L’expression « Loi-cadre européenne », sans autre précision, signifie que la procédure législative ordinaire, définie à l’article III-396 s’applique. Il s’agit alors d’une co-décision du Conseil et du Parlement européen. Ce qui est un progrès par rapport aux traités précédents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais :&lt;br /&gt;Alinéa 3 : « Le Conseil sur proposition de la Commission adopte les règlements ou décisions européens relatifs à la fixation des prix, des prélèvements, des aides et des limitations quantitatives… ». Le Conseil décide donc seul, sur proposition de la Commission, des prix, des aides, des quotas…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fiscalité :&lt;br /&gt;Article III-171 : « Une loi-cadre européenne du Conseil établit les mesures concernant l’harmonisation des législations relatives aux taxes sur le chiffre d’affaires, aux droits d’accises et autres impôts indirects, pour autant que cette harmonisation soit nécessaire pour assurer l’établissement ou le fonctionnement du marché intérieur et éviter des distorsions de concurrence. Le Conseil statue à l’unanimité, après consultation du Parlement européen et du Comité économique et social ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Social :&lt;br /&gt;Il faut distinguer trois niveaux :&lt;br /&gt;1er niveau : domaine de co-décision :&lt;br /&gt;Article III-210-1 :&lt;br /&gt;a- L’amélioration du milieu de travail…&lt;br /&gt;b- Les conditions de travail.&lt;br /&gt;e- L’information et la consultation des travailleurs.&lt;br /&gt;h- l’intégration des personnes exclues du marché du travail&lt;br /&gt;i- L’égalité entre hommes et femmes.&lt;br /&gt;j- La lutte contre l’exclusion sociale&lt;br /&gt;k- La modernisation des systèmes de protection sociale, sans préjudice du point c.&lt;br /&gt;2ème niveau : le Conseil décide seul :&lt;br /&gt;Article III-210-3 : « … dans les domaines visés au paragraphe 1, point c, d, f et g, la loi ou loi-cadre européenne est adoptée par le Conseil statuant à l’unanimité, après consultation du Parlement européen… »&lt;br /&gt;c- la sécurité sociale et la protection sociale des travailleurs.&lt;br /&gt;d- La protection des travailleurs en cas de résiliation du contrat de travail.&lt;br /&gt;f- La représentation et la défense collective des intérêts des travailleurs et des employeurs y compris la cogestion, sous réserve du paragraphe 6.&lt;br /&gt;g- Les conditions d’emploi des ressortissants de pays tiers se trouvant en séjour régulier sur le territoire de l’Union.&lt;br /&gt;3ème niveau : l’Union (que ce soit le Conseil seul ou le Parlement avec le Conseil) n’est pas compétente :&lt;br /&gt;Article III-210-6 :&lt;br /&gt;« Le présent article ne s’applique ni aux rémunérations, ni au droit d’association, ni au droit de grève, ni au lock-out… »&lt;br /&gt;Ce qui rend impossible tout Smic européen.&lt;br /&gt;Ce qui vide de son contenu l’article II-210-3-f.&lt;br /&gt;Ce qui vide de son contenu l’article II-88 : le droit de grève ne pourra être imposé par l’Union à un Etat-membre qui ne le prévoirait pas ou le retirait de sa législation. Ce qui a l’avantage de ne pas, non plus, imposer le « lock out » à une législation nationale qui (telle la législation française) ne le reconnaîtrait pas. (JJC)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[17] Seule la Commission peut être renversée par le Parlement, en bloc : Article I-26, §8 : « La Commission, en tant que collège, est responsable devant le Parlement européen. Le Parlement européen peut adopter une motion de censure de la Commission conformément à l'article III-340. Si une telle motion est adoptée, les membres de la Commission doivent démissionner collectivement de leurs fonctions et le ministre des Affaires étrangères de l'Union doit démissionner des fonctions qu'il exerce au sein de la Commission. »,&lt;br /&gt;Article III-340 : « (…) Si la motion de censure est adoptée à la majorité des deux tiers des suffrages exprimés et à la majorité des membres qui composent le Parlement européen, les membres de la Commission doivent démissionner collectivement de leurs fonctions et le ministre des Affaires étrangères de l'Union doit démissionner des fonctions qu'il exerce au sein de la Commission. »&lt;br /&gt;un commissaire peut être « démissionné » par le président de la Commission (lui-même élu par le Parlement) : art. 1-27, dernier § : « Un membre de la Commission présente sa démission si le président le lui demande. »,&lt;br /&gt;mais ni le Conseil des ministres, ni le Conseil européen, ne sont responsables devant personne.&lt;br /&gt;Le Conseil nomme les membres de la Commission (art.1-27 §2), seul le Président de la Commission est élu par le Parlement (art. 1-27 §1) sur proposition du Conseil européen. Ce n’est pas le parlement qui choisit le Pst.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[18] Voir le détail de l’humiliation infligée par Pascal Lamy aux parlementaires qui voulaient consulter les documents préparatoires pour l’AGCS dans le livre passionnant de Raoul Marc Jennar, « Europe, la trahison des élites », pages 64 et s., et notamment 70 et 71.&lt;br /&gt;Voir aussi un passionnant article de Jennar intitulé « Combien de temps encore Pascal Lamy ? », à propos des deux accords AGCS et ADPIC : http://politique.eu.org/archives/2004/04/11.html.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[19] Soi-disant "avancées" pour le Parlement : il va voter le budget et il y aura davantage de matières où il y aura codécision : le Parlement ne sera donc plus exclu de presque tout comme avant… On croit rêver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[20] Noëlle Lenoir, alors ministre française déléguée aux affaires européennes du gouvernement Raffarin, a déclaré : « il suffira de rassembler un million de signatures en Europe pour obliger la Commission à engager une procédure législative » (Le Monde, 30 octobre 2003).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[21] Droit de pétition : art. I-47, §4 : « Des citoyens de l'Union, au nombre d'un million au moins, ressortissants d'un nombre significatif d'États membres, peuvent prendre l'initiative d'inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu'un acte juridique de l'Union est nécessaire aux fins de l'application de la Constitution. La loi européenne arrête les dispositions relatives aux procédures et conditions requises pour la présentation d'une telle initiative citoyenne, y compris le nombre minimum d'États membres dont les citoyens qui la présentent doivent provenir. » On est à mille lieues du référendum d’initiative populaire suisse qu’on fait miroiter aux électeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[22] Planning des ratifications :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pays qui ne soumettent pas le traité à leur peuple : Lituanie (11 décembre 2004), Hongrie (20 décembre 2004), Italie (25 janvier 2005), Slovénie (1er février 2005), Allemagne (12 mai 2005), Slovaquie (mai 2005), Chypre (mai 2005), Autriche (printemps 2005), Belgique (printemps 2005), Grèce (printemps 2005), Malte (juillet 2005), Suède (décembre 2005 et pourtant 58 % des suédois réclament un référendum), Estonie (2005), Finlande (fin 2005), Lettonie (?).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pays qui ont opté pour le référendum : Espagne (20 février 2005), Pays-Bas (1er juin 2005), France (29 mai 2005), Luxembourg (10 juillet 2005), Danemark (27 septembre 2005), Portugal (octobre 2005), Pologne (fin 2005), Royaume-Uni (printemps 2006), République tchèque (juin 2006), Irlande (2006).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[23] RM Jennar à raison : il faut réaffirmer nos fondamentaux et rappeler ce que proclamait, le 26 juin 1793, l’article 35 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de l’an I : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». (« Europe, la trahison… », p. 218).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[24] Lire à ce propos la position de Pervenche Berès, membre de la convention Giscard, coauteur du texte donc, qui renie pourtant le résultat final tant il a été défiguré par les gouvernements dans l’année qui a suivi, et qui appelle finalement à « Dire "non" pour sauver l'Europe » : http://www.ouisocialiste.net/IMG/pdf/beresMonde290904.pdf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[25] Selon la célèbre formule de Lacordaire : " Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit".&lt;br /&gt;Chacun peut prévoir ce qu’il adviendra avec des renards libres dans un poulailler libre.&lt;br /&gt;Les charmes de la liberté débridée sont une fable, une imposture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[26] Lire les analyses du site Acrimed sur la partialité des médias sur cette affaire :&lt;br /&gt;http://www.acrimed.org/article1950.html.&lt;br /&gt;Lire aussi l’article de Bernard Cassen dans Le Monde diplomatique : « Débat truqué sur le traité constitutionnel » : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/02/CASSEN/11908&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Constitution_revelateur_du_cancer_de_la_democratie.htm"&gt;http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Constitution_revelateur_du_cancer_de_la_democratie.htm&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-111403885873321577?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Constitution_revelateur_du_cancer_de_la_democratie.htm' title='Une mauvaise constitution qui révèle un secret cancer de notre démocratie'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/111403885873321577/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=111403885873321577' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/111403885873321577'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/111403885873321577'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/04/une-mauvaise-constitution-qui-rvle-un.html' title='Une mauvaise constitution qui révèle un secret cancer de notre démocratie'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-111074409976363343</id><published>2005-03-13T20:57:00.000+01:00</published><updated>2005-03-14T04:11:25.976+01:00</updated><title type='text'>Catastrophes naturelles</title><content type='html'>&lt;img src="http://img190.exs.cx/img190/88/catastrophes4vh.jpg" alt="Image Hosted by ImageShack.us" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2005/02/"&gt;Le Monde Diplomatique -Février 2005 &lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-111074409976363343?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.monde-diplomatique.fr/2005/02/' title='Catastrophes naturelles'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/111074409976363343/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=111074409976363343' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/111074409976363343'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/111074409976363343'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/03/catastrophes-naturelles.html' title='Catastrophes naturelles'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-110928842197051158</id><published>2005-02-25T00:35:00.000+01:00</published><updated>2005-02-25T00:40:21.973+01:00</updated><title type='text'>17 FÉVRIER 1495 - Christophe Colomb</title><content type='html'>17 FÉVRIER 1495&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Christophe Colomb, premier esclavagiste américain&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Miguel de Cueno, compagnon de voyage de Christophe Colomb lors de la deuxième expédition, raconte ainsi leur départ de l'île d'Hispaniola : « La veille de notre retour en Espagne, déçus de ne pas avoir trouvé d'or, nous avons encerclés les quatre villages près de notre mouillage et capturés 1 600 sauvages, hommes, femmes et grand enfants et les avons embarqués sur nos vaisseaux pour les vendre comme esclaves en Espagne. N'ayant pas assez de place dans nos caravelles, nous avons fait savoir aux soldats du fortin qu'ils pouvaient prendre autant d'esclaves qu'ils le voulaient parmi les Indiens restants. La petite engeance (NDLR : les bébés) des femmes, abandonnée sur place, faisant un raffut horrible, nous leurs avons brisé le crâne, les autres enfants ont été dévorés par les bêtes. (...) En paiement d'une dette de jeu, Colomb lui-même m'offrit une magnifique esclave Caribe, agée de 11 ans. Quand je voulus exercer mon droit sur elle, elle cria et me résista, je dus la corriger avec mon fouet et la forcer (NDLR : la violer). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.reseauvoltaire.net"&gt;http://www.reseauvoltaire.net&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-110928842197051158?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.reseauvoltaire.net' title='17 FÉVRIER 1495 - Christophe Colomb'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/110928842197051158/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=110928842197051158' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110928842197051158'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110928842197051158'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/02/17-fvrier-1495-christophe-colomb.html' title='17 FÉVRIER 1495 - Christophe Colomb'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-110877046238204094</id><published>2005-02-19T00:46:00.000+01:00</published><updated>2005-02-19T00:47:42.410+01:00</updated><title type='text'>Jean-Paul Biberian et les transmutations biologiques</title><content type='html'>Jean-Paul Biberian et les transmutations biologiques &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jean-Paul Bibérian. Ce physicien maitre de conférences à l’Université de Marseille, assume et expose sans réticence son intérêt pour la fusion froide. Loin de considérer le sujet comme une absurdité, il réalise des expériences et l’envisage comme un nouveau champ de recherche : "si on arrive à maîtriser la fusion froide, on modifié complètement les paramètres géopolitiques de la planète". Jean-Paul Biberian a également travaillé sur l’étude de la surface des matériaux etc les transmutations biologiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les transmutations biologiques &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La transmutation est la transformation d’un élément chimique en un autre, suite à la rencontre explosive de deux éléments. A partir du XIXème siècle, puis au XXème, certains savants ont évoqué l’existence des transmutations biologiques : la biologie et la chimie ne se comportaient pas de façon identique et il était possible que des éléments nouveaux se forment dans les organismes vivants : plantes, bactéries et êtres complexes. Le physicien Jean Paul Bibérian (université de Marseille) retrace ici l’histoire de cette théorie en marge de la science officielle, pour déboucher sur ses potentialités, dans la lutte contre la pollution notamment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’est ce qu’une transmutation ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est la transformation d’un élément chimique en un autre. Depuis longtemps, il est dit que l’alchimiste essaie de fabriquer de l’or à partir de plomb par un procédé physico-chimique. Le soleil et les étoiles font cela de manière continue depuis le début de l’Univers. Ils transforment l’hydrogène en hélium, puis vers la fin de la vie des étoiles en éléments plus lourds, comme le carbone, l’oxygène, le calcium, le fer ou l’uranium. Plus proche de nous, les bombes nucléaires et les centrales nucléaires produisent de manière habituelle des éléments chimiques nouveaux à partir d’uranium. Celui-ci lorsqu’il est bombardé par des neutrons fissionne, et produit les fameux déchets qui sont des éléments transmutés. Ce procédé génère d’ailleurs beaucoup d’énergie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec l’avènement de la science moderne, c’est-à-dire depuis le début du XIXème siècle, tout scientifique sait, ou plutôt, a appris qu’il est impossible de faire des réactions nucléaires à basse température, ou à faible énergie. La raison en est très simple : les atomes sont constitués de deux parties, un noyau très dense positif, et des électrons négatifs qui tournent autour. Pour faire fusionner deux atomes, il faut faire se mélanger les noyaux. Or, les noyaux étant tous positifs, ils ont tendance à se repousser. Pour réussir à les fusionner, il faut les amener très près l’un de l’autre, par exemple en les projetant l’un sur l’autre avec une grande vitesse. Une fois très proches, les forces nucléaires prennent le dessus, et les noyaux fusionnent. Peut-on y arriver à basse énergie, en particulier dans la matière vivante ? C’est une question très importante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu d’histoire &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre compréhension de la science provient au premier abord des connaissances qui nous ont été enseignées au cours de nos études, scolaires et universitaires. Nous avons appris à accepter ce qui nous est enseigné comme une vérité inébranlable, un axiome ou un dogme que nous ne pouvons pas remettre en cause. La science est d’un certain point de vue semblable à une religion avec ses croyances et ses tabous. Les transmutations dans la matière vivante sont un sujet qui a été étudié par de nombreuses personnes, et qui sont totalement ignorées de la science officielle. La raison pour laquelle ce domaine de la science est complètement rejeté remonte à Lavoisier (1799) et à sa célèbre conclusion schématisée par la formule : i(rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Ce qui signifie qu’en d’autres termes, on ne peut pas changer un élément chimique en un autre. Ce principe a été remis en cause une première fois avec la radioactivité naturelle découverte par Beckerel et Pierre et Marie Curie. On se souvient de l’attaque du célèbre Lord Kelvin contre Marie Curie qui prétendait que ce qui était observé par les Curie n’était qu’une réaction chimique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La radioactivité naturelle a été la preuve que le principe de Lavoisier n’était pas toujours valable. Certains éléments comme l’uranium ou le radium se détruisent spontanément. Plus tard, la radioactivité artificielle a été mise en évidence par Joliot Curie qui montrait que le phénomène de transmutation était général. En bombardant des matériaux avec certains rayonnements, on pouvait les faire fissionner, c’est à dire les transmuter en d’autres éléments. Ceci a conduit à la création d’une nouvelle science différente de la chimie et de la physique traditionnelle qui est la science du nucléaire dont les lois sont nouvelles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Afin de comprendre la situation actuelle, il est utile de comprendre ce qui s’est passé au cours des siècles précédents, et les expériences qui ont conduit à la science moderne, officielle, telle que nous la connaissons, et qui nous a été enseignée, sans remonter à l’époque de l’Antiquité qui distinguait les quatre éléments : terre, eau, air et feu, qui correspondent à nos quatre états de la matière : solide, liquide, gaz et plasma. Nous savons pourtant que dès cette époque les Grecs avaient compris par le raisonnement que si on coupe en parties de plus en plus petites un matériau comme par exemple du fer, à un certain moment, on va atteindre une limite, où si on le brise encore, ce ne sera plus du fer. Ils avaient créé le concept d’atome, c’est à dire un élément infiniment petit, que l’on ne peut pas casser. A l’époque, il ne s’agissait que d’une vue de l’esprit et non pas d’une donnée scientifique expérimentale telle que nous la concevons aujourd’hui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours des siècles qui ont suivi, les alchimistes de ces époques ont travaillé à mettre en évidence de nombreux éléments chimiques. Leur motivation était principalement la réalisation du « grand œuvre », qui comprend la transmutation, et la production d’or. Au cours des derniers siècles, les savants ont pu isoler petit à petit tous les éléments chimiques naturels que nous connaissons aujourd’hui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est probablement Boyle qui en 1661, comprend la nécessité de différents éléments chimiques. Un siècle plus tard, Lavoisier proclame la loi de la conservation de la matière. Il propose en réalité deux lois : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un système fermé, dans lequel se produisent des réactions chimiques, le poids total de matière est invariable. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poids total de chaque élément qui compose les substances est inchangé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci veut dire que les transmutations d’un élément en un autre sont impossibles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les principes de Lavoisier ont été établis sur la première partie de ces formulations. Il a montré que le poids total dans des réactions organiques et inorganiques restait constant. Ce n’est qu’en 1897 que Landolt a confirmé avec précision l’invariabilité du poids au cours des réactions chimiques avec une précision de 1 ppm (une partie par million). Plus tard, en 1913, Manly a apporté une précision de 10 ppb (une partie par billion). Puis Dalton a proposé que les atomes soient les briques élémentaires de la matière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AU XVIllème siècle, on attribue les réactions organiques à une « force vitale », ou une « force de vie ». A cette époque Thaer montre que dans certaines circonstances la plante change le calcium en silicium. En 1832, Lampadius pensait que le silicium des plantes provenait de leur formation dans la plante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1795, 96 et 97, l’Académie des Sciences de Berlin a annoncé un concours avec l’objectif de déterminer si les éléments chimiques que l’on trouve étaient déjà là, ou ont été fabriqué par la « force vitale ». C’est Schrader qui gagna le concours. Il fit germer des graines de blé, d’orge et de seigle dans un milieu artificiel : de la fleur de soufre, arrosée avec de l’eau distillée. En comparant les analyses des germes avec celles des graines, il en conclut que de la matière avait été créée. En 1807, Braconnot, un chimiste réputé montra la formation de potassium avec la germination de graines de moutarde et de radis. Cependant, des expériences faites par Lessaigne (1821), Jablonski (1836), de Saussure (1767-1845) ont contredit ces résultats, ils ne trouvèrent aucune variation de concentration en éléments chimiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1799, le chimiste français Vauquelin montre qu’une poule produit quatre fois plus de calcium qu’elle n’en avale. Il en conclut que les poules fabriquent du calcium. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le développement de la chimie inorganique lié à la théorie atomiste a supprimé le besoin de la « force vitale ». En chimie, on ne fait pas de différence entre une molécule organique et une inorganique. Cependant, la chimie ne peut pas décrire la vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les années 1820, la Société Royale de Science de Goettingen avait organisé un concours anonyme pour répondre à la question suivante : « Les éléments inorganiques que l’on trouve dans les plantes sont-ils des composés essentiels des plantes vivantes, nécessaires à leur développement, et sont ils fournis de l’extérieur ? » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Wiegmann et Polstorff en 1842 ont montré que : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. si la graine se développe dans un milieu non nutritif, avec seulement de l’eau distillée, la croissance s’arrête lorsque les réserves d’éléments inorganiques sont épuisés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. les composés inorganiques de la plante ne peuvent pas être considérés comme des produits du processus de la vie &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. la quantité de matière ne change pas au cours de la germination. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En même temps que la chimie moderne s’est développée au XIXème puis au XXIème siècle, une autre a continué de manière très peu visible puisque contraire aux principes acceptés par l’immense majorité des scientifiques. Ces personnes pensaient que la biologie ne se comportait pas comme de la chimie ordinaire, et que des transmutations étaient possibles dans les organismes vivants : plantes, bactéries, êtres complexes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Expériences &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après Vauquelin, d’autres chimistes moins connus ont confirmé par leurs travaux ces résultats surprenants. Herzeele en Allemagne (1876-1883) pensait que la matière inorganique est le résultat de la matière organique. Prout, (1785-1850) a fait des expériences avec des oeufs de poule. Plus près de nous, Wim Holleman, (1983) aux Pays-Bas a fait pousser des algues, la Chlorella Vulgaris. Il a mesuré la disparition et l’apparition de potassium. Cependant la personne la plus connue dans ce domaine est Louis Kervran qui a consacré sa vie à ce sujet. Il a montré dans les années 1960-70 que les graines d’avoine produisaient du calcium au moment de la germination. Goldfein (1978), a refait avec succès les expériences de Kervran pour l’armée américaine. Pierre Baranger en 1959 à l’Ecole Polytechnique a fait également des travaux de ce type. Komaki, au Japon a de son côté travaillé avec des bactéries. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La situation actuelle &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, très peu d’équipes travaillent sur les transmutations biologiques. Des chercheurs Russes ont montré récemment la formation de fer avec une distribution isotopique anormale. Ils ont produit de grandes quantités de fer-54, un isotope rare dans le fer naturel. Ils ont montré cela par spectrométrie de masse haute résolution. Une équipe Japonaise et une Italienne continuent également ces travaux. En France, notre équipe a réalisé plusieurs expériences avec à la fois des graines de blé et d’avoine, et des bactéries. Ces expériences préliminaires semblent confirmer les travaux de Kervran, mais avec des variations de composition chimique beaucoup plus faibles. Nous avons observé avec les bactéries un accroissement de la quantité de calcium après développement des bactéries. Dans la germination des graines, nous avons observé un abaissement de la quantité de métaux lourds : mercure, plomb, palladium. Tous ces résultats sont très importants, et nécessitent des confirmations qui sont en cours. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les applications &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les conséquences des transmutations biologiques sont de plusieurs ordres, d’une part scientifique, puisqu’il faudra remettre en cause certaines de nos certitudes sur la constitution de l’atome et de son noyau, et d’autre part socioéconomique. En effet, il devient important de modifier notre comportement vis-à-vis de la diététique, de la médecine, et de l’agriculture. Un autre aspect de ces recherches pourrait être la possibilité de détruire par des bactéries les métaux lourds, en particulier les déchets nucléaires radio-actifs. Déjà certains médecins soignent l’ostéoporose et la décalcification osseuse par des extraits de silicium alcalin extraits de la prêle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les problèmes théoriques &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui fait sursauter tous les physiciens, surtout les théoriciens quand on leur parle de transmutations biologiques, c’est la « barrière Coulombienne ». Les noyaux de tous les atomes étant positifs, pour faire fusionner deux noyaux, il faut les approcher suffisamment près pour que des forces encore plus importantes, les forces nucléaires, prennent le dessus, et assurent la fusion des deux noyaux. On peut réaliser cela très facilement dans un accélérateur de particules, où on soumet les noyaux à des grandes vitesses qui leur permettent de franchir cette barrière de répulsion des charges. Mais en biologie, de toute évidence il n’y a pas de telles énergies. Il faut trouver une autre explication. Si ce premier miracle se produit, il faut encore expliquer ce qui se passe avec les énergies dégagées. En effet, les réactions de fusion nucléaires s’accompagnent d’une baisse de masse, qui correspond suivant la fameuse relation d’Einstein E=mc2 à un fort dégagement d’énergie, c’est à dire de chaleur. Voilà au moins deux miracles à accepter et expliquer. A ce jour, il n’y a pas vraiment de modèle satisfaisant, mais on peut imaginer un mécanisme catalytique encore inconnu qui permette de franchir la barrière Coulombienne, et des réactions endothermiques qui se produisent simultanément avec les réactions exothermiques, et absorbent l’énergie produite. Jean-Paul Biberian e-mail : biberian@crmc2.univ-mrs.fr &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’association « Graines de Science » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les transmutations biologiques sont un sujet qui n’est absolument pas soutenu par les pouvoirs publics. La raison étant que ce sujet est « classé impossible »depuis deux siècles. Afin de poursuivre ces travaux, nous avons créé une association selon la loi de 1901 : « Graine de Science », Son but est de mettre en relation les personnes motivées par ce sujet, de trouver des financements, et d’apporter la preuve que ce phénomène est une réalité. Les personnes qui souhaitent aider d’une quelconque manière peuvent écrire à : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premières expériences de transmutation biologique ont été réalisées à une époque où les méthodes d’analyse chimique étaient délicates et peu précises. Mais dès l’époque de Kervran, l’analyse physico-chimique par des méthodes spectroscopiques a apporté une meilleure précision dans les résultats. Avec les techniques actuelles, nous espérons apporter la preuve scientifique de l’existence des transmutations biologiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.prismeshebdo.com/prismeshebdo/article.php3?id_article=490"&gt;http://www.prismeshebdo.com/prismeshebdo/article.php3?id_article=490&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-110877046238204094?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.prismeshebdo.com/prismeshebdo/article.php3?id_article=490' title='Jean-Paul Biberian et les transmutations biologiques'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/110877046238204094/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=110877046238204094' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110877046238204094'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110877046238204094'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/02/jean-paul-biberian-et-les.html' title='Jean-Paul Biberian et les transmutations biologiques'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-110860024691693524</id><published>2005-02-17T01:22:00.000+01:00</published><updated>2005-02-17T11:58:38.540+01:00</updated><title type='text'>La Mondialisation - La destruction des emplois et de la croissance - L'évidence empirique - Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Economiques</title><content type='html'>Maurice Allais est l'un des esprits les plus brillants de notre temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la fois physicien et économiste, il a réussi à imprimer sa marque dans ces deux disciplines et il est le seul économiste français à avoir obtenu le &lt;b&gt;Prix Nobel de Sciences Economiques (1988). &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi bien en Physique qu'en Economie, il a passé sa vie à rechercher l'anormal, l'exceptionnel et à redresser ce qu'il pouvait y avoir de faux dans les idées reçues. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA MONDIALISATION - La destruction des emplois et de la croissance - L'évidence empirique&lt;br /&gt;"CE   LIVRE  EST  DÉDIÉ AUX   INNOMBRABLES  VICTIMES DANS  LE   MONDE  ENTIER DE   L'IDÉOLOGIE  LIBRE-ÉCHANGISTE  MONDIALISTE, IDÉOLOGIE   AUSSI  FUNESTE  QU'ERRONÉE, ET  A   TOUS  CEUX  QUE  N'AVEUGLE  PAS QUELQUE   PASSION  PARTISANE"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maurice Allais a dépouillé les statistiques françaises en prenant comme point de départ l'année 1950. Les statistiques en sa possession s"arrêtent généralement à 1997.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'auteur commence son analyse par une description, pendant cette période, de l'évolution de la situation économique de la France, basée sur ces statistiques , et en observe toutes les particularités. Il recherche les raisons qui ont conduit à la situation actuelle.&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;Après avoir examiné la situation française, il étend cette analyse à l'Europe et au Monde, et bâtit ce qu'il estime être le meilleur système économique pour tous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. ÉVOLUTION ÉCONOMIQUE DE LA FRANCE DE 1950 A 1997&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1.1 LE  CHÔMAGE &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a officiellement près de 3 millions de chômeurs en France. En fait, le traitement social du chômage a éliminé des statistiques un nombre à peu près égal de personnes et, finalement, le sous-emploi touche de 5 à 6 millions de personnes. &lt;br /&gt;Jamais, la France ne s'est trouvée en temps de paix dans une situation économique aussi dramatique &lt;br /&gt;      &lt;br /&gt;Ce sous-emploi massif fausse complètement la répartition des revenus, aggrave les inégalités sociales, tandis que certains s'enrichissent indûment. Il crée l'insécurité et la violence. Il compromet la promotion sociale. Au surplus, une immigration extra communautaire excessive n'est pas sans saper la cohésion du corps social. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les forces de désagrégation sociale sont aujourd'hui bien plus fortes que celles qui se constataient à la veille de la Révolution Française.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1.1.1 LE CHÔMAGE OFFICIEL ET LE CHÔMAGE  RÉEL (Période 1950 - 1997) &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;img src="http://allais.maurice.free.fr/g99.jpg"&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La courbe représente l'évolution du nombre total de chômeurs en France, au sens du B.I.T. (chiffre officiel).  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://allais.maurice.free.fr/g103.jpg"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La courbe représente l'évolution du nombre total des sans-emploi, tenant compte de ceux qui sont éliminés des statistiques par le traitement social du chômage  (chiffre réel).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1.1.2 LA POPULATION ACTIVE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://allais.maurice.free.fr/g108.jpg"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans  le même temps, la population active a également progressé. Il est nécessaire d'en tenir compte : &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;En tenant compte de l'augmentation de la population active  : &lt;br /&gt;-  le chômage, au sens du B.I.T. est passé de 2,84 à 12,45 %  de 1974 à 1997  -  soit un accroissement de 1 à 5 - Voir graphique ci-dessous&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://allais.maurice.free.fr/g113.jpg"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-  le sous emploi total est passé de 3,39 à 23,6 % pendant la même période  -  soit un accroissement de 1 à 7 - Voir graphique ci-dessous&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://allais.maurice.free.fr/g115.jpg"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1.1.3 COMPARAISON AVEC LA MOYENNE EUROPEENNE&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les courbes précédentes concernent la France, mais il est tout à fait intéressant et symptomatique de constater que la tendance moyenne européenne est tout à fait parallèle et du même ordre que celle constatée en France. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://allais.maurice.free.fr/g118.jpg"&gt;&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Notons en passant que Maurice Allais déplore qu'il n'y ait encore aujourd'hui aucun annuaire statistique européen digne de ce nom. Après 40 ans, avec plus de 20 000 agents, la Commission Européenne n'a toujours pas fait ce travail essentiel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1.2 VARIATION DU NOMBRE DES EMPLOIS DANS L'INDUSTRIE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les emplois industriels constituent une catégorie qu'il convient d'examiner à part :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://allais.maurice.free.fr/g123.jpg"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://allais.maurice.free.fr/g127.jpg"&gt; &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;En 1997, &lt;b&gt;&lt;u&gt;le pourcentage des emplois industriels dans la population active est tombé à 16,2 %, en baisse de 41 % par rapport à 1974&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;, chiffre absolument spectaculaire et atterrant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1.3 VARIATION  DU  PRODUIT  INTÉRIEUR   BRUT &lt;br /&gt;     &lt;br /&gt;On constate aussi une destruction évidente du taux de croissance et du Produit Intérieur Brut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://allais.maurice.free.fr/g131.jpg"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://allais.maurice.free.fr/g137.jpg"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. EXAMEN DES COURBES ET PREMIÈRES CONCLUSIONS - LA CASSURE DE 1974&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;En examinant les courbes précédentes, on ne peut manquer d'être frappé de l'existence d'un phénomène exceptionnel et indiscutable. &lt;br /&gt;&lt;b&gt;Il s'est passé en 1974 un changement qui a créé une véritable cassure dans toutes les courbes, y compris celles qui concernent les nations européennes voisines. &lt;/b&gt; La cause est donc extérieure à la France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maurice Allais a recherché quel était ce phénomène qui a eu une influence aussi considérable sur l'évolution économique de la France et de l'Europe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a pu évoquer diverses   hypothèses  : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-Accords de Grenelle (Mai 1968)&lt;br /&gt;-Remplacement du SMIG par le SMIC (Janvier 1970)&lt;br /&gt;-1er choc pétrolier au moment de la guerre du Kippour (Octobre 1973)&lt;br /&gt;-2ème choc pétrolier au début de la guerre Irak / Iran (Septembre 1980)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maurice Allais donne les raisons qui conduisent à éliminer ces hypothèses. &lt;br /&gt;Finalement, il ne subsiste qu'une seule cause qui ait pu avoir des conséquences aussi importantes et subites. C'est la modification, à partir de 1974 précisément, de la &lt;b&gt;politique de l'Organisation de Bruxelles qui, sous l'influence de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis&lt;/b&gt;,  s'est délibérément orientée vers la libération mondialiste des échanges extérieurs. C'est à partir de ce moment que les courants économiques mondiaux se sont modifiés. Les effets de ce changement ont été aggravés par la dislocation du système monétaire international et l'instauration généralisée du système des taux de changes flottants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au regard des évolutions constatées de 1974 à 1997, soit pendant 23 ans, Maurice Allais affirme que cette évolution va se poursuivre si la politique de libre-échange mondialiste de Bruxelles est maintenue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. LES CONCEPTIONS ERRONÉES &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3.1 GENERALITES  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui, aujourd'hui, ose remettre en cause la mondialisation des échanges et lui attribue la cause du chômage actuel est  "politiquement incorrect".  On le considère comme un demeuré, animé de misérables préjugés nationalistes, voire xénophobes, et ignorant tout de l'économie.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est érigé en postulat que le fonctionnement libre et spontané des marchés conduit obligatoirement à une situation optimale pour tous les pays et tous les groupes sociaux ! Ce postulat serait évident et ne nécessiterait aucune démonstration ! &lt;br /&gt;           &lt;br /&gt;Ce résultat a été obtenu par un matraquage intensif de l'opinion organisé par des médias à la solde de puissants lobbies internationaux, suivis par le reste des médias et les hommes politiques, qui emboîtent  le pas sans se poser de questions, et même se glorifient d'être des "libéraux", confondant ainsi le libéralisme et le laissez-fairisme. &lt;br /&gt;       &lt;br /&gt;On comprend bien pourquoi certains veulent imposer la libération des échanges. Ce système est très profitable à quelques groupes de privilégiés. Mais pendant que certains s'enrichissent,  les forces vitales de la nation s'appauvrissent.  Au surplus, cette conception entraîne la glorification du culte de l'argent, favorise l'apparition d'un capitalisme sauvage, engendre des inégalités croissantes, et contribue de ce fait à la désagrégation morale. Elle témoigne d'une méconnaissance totale des conditions économiques et éthiques qu'implique une société humaniste et vraiment libérale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3.2 LES TRAITES EUROPEENS &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;3.2.1 Les objectifs fixés par les Traités &lt;br /&gt;     &lt;br /&gt;Les objectifs fondamentaux du Traité de Rome (1957) sont rappelés dans son article 2 : &lt;br /&gt;[...]   promouvoir un développement harmonieux des activités économiques dans l'ensemble de la communauté, une expansion continue et équilibrée, une stabilité accrue, un relèvement des niveaux de vie  [...] &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Traité de Maestricht   (1992) est plus contraignant encore. on y ajoute : &lt;br /&gt;[...]   un haut degré de convergence des performances économiques, un niveau d'emploi et de protection sociale élevé,le relèvement du niveau et de la qualité de la vie, la cohésion économique et sociale et la solidarité entre les Etats membres  [...]    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Traité d'Amsterdam reprend ces mêmes objectifs.    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3.2.2    Les moyens proposés par les Traités &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a rien à dire sur les objectifs ambitieux qui précèdent. L'ennui est que les articles suivants de ces mêmes traités qui fixent les moyens à employer - en particulier l'article 110 du Traité de Rome - ont été rédigés, sans doute en raison de l'ignorance des rédacteurs,  en s'inspirant des accords du GATT (1947), conçus eux-mêmes sous influence américaine, et qui ne permettent pas d'atteindre ces objectifs et même leur sont contraires.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La même erreur a été commise en 1960 dans la rédaction de la convention de l'O.C.D.E. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;C'est toute la construction européenne qui est viciée à la base par ces propositions erronées, admises à l'époque sans discussion.&lt;/b&gt; Ces propositions se fondent sur l'application erronée d'une théorie correcte : La Théorie des Coûts comparés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;Lorsque l'on se rappelle que Maurice Allais est l'inventeur de la Théorie des Coûts comparés, qui lui a valu d'obtenir en 1988 le Prix Nobel de Sciences Economiques, on est bien obligé d'admettre qu'il est bien placé pour en faire l'application, ou  contester l'application qui en est faite.&lt;br /&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maurice Allais explique en détails dans son livre en quoi la Théorie des Coûts comparés a été mal appliquée. Cela dépasse le cadre du présent résumé et  le lecteur qui voudrait approfondir ce sujet pourra   se reporter à l'ouvrage (pages 228 et suivantes)..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. LE REMÈDE&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;4.1 LES PSEUDO-SOLUTIONS &lt;br /&gt;              &lt;br /&gt;Les pseudo-remèdes ne cessent de proliférer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-  On nous dit, par exemple, que le chômage serait moindre si on diminuait les salaires, et tout particulièrement ceux des salariés les moins qualifiés. Cela ne manquerait pas de mettre en péril la paix sociale et est pratiquement impossible. Que de grands organismes internationaux comme l'OCDE, l'OMC, le FMI ou la Banque Mondiale puissent préconiser une telle solution est tout simplement atterrant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-  On nous dit encore qu'il suffit de réduire le temps de travail. Outre que les hommes ne sont pas parfaitement substituables les uns aux autres, une telle solution néglige le fait indiscutable que trop de besoins restent insatisfaits. Ce n'est pas en travaillant moins que l'on pourra y faire face. Comme, en outre, les intéressés ne veulent pas gagner moins, il faudra compenser la différence par des prélèvements accrus. Où est l'avantage ? &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;-  D'autres suggèrent le retour à une certaine inflation. Lutter contre les effets du libre-échangisme mondial par une expansion monétaire et par l'inflation relève d'une illusion et d'une méconnaissance profonde de la situation actuelle qui n'a rien de commun avec la crise des années 30. &lt;br /&gt;             &lt;br /&gt;On peut également remarquer que le recours à ces pseudo-solutions conduit irrésistiblement à des mesures de plus en plus dirigistes et autoritaires qui, automatiquement, conduisent à des réactions de plus en plus violentes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4.2. NÉCESSITÉ  D'UNE   NOUVELLE  POLITIQUE  ET  D'UN  CADRE   INSTITUTIONNEL &lt;br /&gt;       &lt;br /&gt;&lt;b&gt;La libération totale des échanges à l'échelle mondiale, objectif affirmé de l'OMC, doit être considérée à la fois comme irréalisable, comme nuisible et comme non souhaitable. C'est une gigantesque et tragique mystification. La réalité est que la Mondialisation est la cause majeure du chômage massif et des inégalités qui n'ont cessé de se développer. L'application de la nouvelle doctrine s'accompagne en outre du développement de gigantesques bulles financières aggravées par l'instabilité potentielle du système financier et monétaire mondial. &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La libération des échanges n'est possible, n'est avantageuse, n'est souhaitable que dans le cadre d'ensembles régionaux économiquement et politiquement associés, groupant des pays de développement économique comparable, chaque association régionale se protégeant raisonnablement vis-à-vis des autres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il nous faut repenser complètement notre politique sociale et les moyens de concilier éthique et efficacité. Il nous faut réviser radicalement la politique commerciale de l'Organisation de Bruxelles en la fondant sur la préférence communautaire, c'est à dire sur une protection raisonnable du grand marché communautaire. Il nous faut mettre fin au système des changes flottants et réguler le système monétaire international. Il nous faut réduire la population active étrangère extra-communautaire et remédier à une immigration démesurée. &lt;br /&gt;       &lt;br /&gt;Ce qui précède fait apparaître l'immense fossé qui sépare une analyse rationnelle de la situation et les mythologies des "vérités" établies. Il n'y a pas d'autre explication au fait que toutes les politiques mises en oeuvre depuis 25 ans aient échoué. Et on peut prédire en toute certitude que la poursuite de la politique actuelle conduira à la destruction de notre économie et à la destruction de la société française. Comme disait autrefois Jacques Rueff : Ce qui doit arriver, arrive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4.3 LA PRÉFÉRENCE COMMUNAUTAIRE &lt;br /&gt;            &lt;br /&gt;4.3.1     SYSTÈME  TARIFAIRE &lt;br /&gt;           &lt;br /&gt;Quand on parle de protection, on pense immédiatement à droits de douane et à protection tarifaire avec des tarifs compensateurs. Une telle solution est irréalisable pour deux raisons : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- d'abord, il est pratiquement impossible de procéder à une évaluation du prix de chaque produit dans chaque pays. Des milliers de fonctionnaires n'y suffiraient pas. Les décisions seraient arbitraires, devraient être modifiées constamment, et seraient très difficiles à négocier. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- ensuite et surtout, parce que le système des changes flottants rend impossible tout calcul de tarif compensateur.  &lt;br /&gt;        &lt;br /&gt;4.3.2 SYSTEME CONTINGENTAIRE &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;Le système de contingents vendus aux enchères est le système le plus facile à établir, le plus efficace, et le plus compatible avec les principes généraux d'une économie de marchés. Le système de contingents n'implique qu'une seule décision par produit, savoir la fraction maximum de la consommation communautaire de ce produit que l'on considère comme susceptible d'être assurée par des importations.  &lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;Il n'y aurait pas de contingents pour les produits que la communauté ne produit pas, par exemple les matières premières, les produits tropicaux et les produits artisanaux. &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;Pour tous les autres, la protection reposerait sur la vente aux enchères de contingents pour chaque produit ou groupe de produits. L'objectif serait d'assurer que pour chaque produit, ou groupe de produits, un pourcentage minimal de la consommation communautaire soit assuré par la production communautaire. La valeur moyenne de ce pourcentage pourrait être de l'ordre de 80%. &lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;A l'intérieur de la communauté, la concurrence serait bien entendu entièrement libre. &lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;Ce système permettrait d'éviter la disparition partielle ou totale de secteurs entiers d'activité. Il n'y aurait aucune subvention interne. Ce système n'aurait aucun coût budgétaire.&lt;br /&gt;    &lt;br /&gt;Ce qui précède n'est qu'un bref résumé du système préconisé par Maurice Allais. Dans son livre (Appendice IV), il en détaille l'application et répond aux objections qui pourraient lui être faites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://allais.maurice.free.fr/monde01.htm"&gt;http://allais.maurice.free.fr/monde01.htm&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-110860024691693524?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://allais.maurice.free.fr/monde01.htm' title='La Mondialisation - La destruction des emplois et de la croissance - L&apos;évidence empirique - Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Economiques'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/110860024691693524/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=110860024691693524' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110860024691693524'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110860024691693524'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/02/la-mondialisation-la-destruction-des.html' title='La Mondialisation - La destruction des emplois et de la croissance - L&apos;évidence empirique - Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Economiques'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-110859955115166481</id><published>2005-02-17T01:15:00.000+01:00</published><updated>2005-02-17T11:51:38.100+01:00</updated><title type='text'>Terrorisme d'État - 1980 : Carnage à Bologne, 85 morts - Stratégie de la tension</title><content type='html'>Terrorisme d'État&lt;br /&gt;1980 : carnage à Bologne, 85 morts&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'émotion que suscitent des attentats meurtriers est mauvaise conseillère. Dans les précedents historiques qui ont endeuillé l'Europe, comme à Bologne (1980) ou Moscou (1999), les revendications étaient fausses et les coupables, trop rapidemment désignés, n'étaient pas les bons. Dans ce type d'enquête, toutes les hypothèses doivent être envisagées y compris la plus pénible : celle de la « stratégie de la tension ». Dans l'exemple italien, il s'agissait pour une partie de l'appareil d'État, soutenue par l'OTAN, de dresser la population contre les communistes. Aujourd'hui, on ne brandit plus « le péril rouge », mais le « danger islamique ». Rien ne permet pour autant de privilégier cette piste.&lt;br /&gt;Les bombes de Madrid venaient juste d'exploser, le 11 mars 2004, que le ministre de l'Intérieur espagnol, avant même le début de l'enquête, désignait déjà les coupables : l'organisation indépendantiste basque ETA. Quelques heures plus tard, d'autres voix autorisées évoquaient la piste Al Qaïda. Interrompant leurs émissions pour se consacrer à l'information continue, les grandes chaînes de télévision européennes extrapolaient alors les diverses conséquences possibles de ces deux hypothèses. Ce faisant, les uns et les autres cédaient à l'intention des commanditaires : ils perdaient leur sang-froid et se laissaient submerger par leurs émotions. Les commentaires entendus depuis ne nous apprennent rien sur les faits, mais beaucoup sur les préjugés de ceux qui les commentent. &lt;br /&gt;Précédents historiques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fonction du journaliste doit être ici d'analyser l'événement au regard de sa logique interne, du mode opératoire choisi, des cibles visées, des enjeux qu'il représente. Pour cela, il s'appuie notamment sur l'étude comparative des précédents historique. Ainsi, attribuer une opération de cette importance à un groupe basque uniquement parce qu'elle a lieu en Espagne est un peu léger. Nous devons nous souvenir que les attentats les plus meurtriers en Europe depuis soixante ans, &lt;b&gt;ceux de Moscou (250 morts en septembre 1999) et celui de Bologne (85 morts en 1980), furent trop rapidement attribués à des opposants fanatiques alors qu'ils relevaient de la « stratégie de la tension ».&lt;/b&gt; Rien ne permet d'affirmer que ce schéma est applicable aux attentats de Madrid et il ne s'agit pas de nous engouffrer dans cette hypothèse plutôt que dans une autre. Mais aucune piste ne doit être écartée. Pour mieux cerner, celle-là, souvenons-nous à titre d'exemple des événements d'Italie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme dans les attentats de Madrid, c'est une cible ferroviaire qui est visée, le 2 août 1980 : une bombe explose dans la gare de Bologne, faisant 85 morts et plus de 150 blessés. Comme à Madrid, la bombe, posée dans la salle d'attente de seconde classe de la gare, elle-même un nœud ferroviaire pour l'ensemble du pays, en plein mois d'août, visait à tuer un maximum de passants. Ce qui, contrairement à la légende véhiculée par certains de nos confrères spécialisés dans le terrorisme, n'est pas systématiquement le cas de tous les attentats. Enfin, la cible est populaire : Bologne était un bastion du Parti communiste italien ; à Madrid, ce sont des trains de banlieue venus des quartiers ouvriers qui ont été visés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans leur enquête sur l'attentat de Bologne, les juges italiens, forts de leur expérience des années de plomb et du terrorisme orchestré avec la complicité de l'État, se sont rapidement orientés sur la piste de l'extrême droite. Mais ils en ont été distraits par des renseignements fournis par les services secrets italiens du général Santovito [1]. Ces informations ont égaré les juges sur une multitude de fausses pistes. Selon les magistrats, dont la version est confirmée par les actes de la Cour de cassation du 23 novembre 1995, « le SISMI leur a fait parvenir une masse d'informations difficilement vérifiables, afin de les lancer dans des recherches aussi improductives qu'exténuantes ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tragédie de Bologne est l'aboutissement d'une série d'attentats particulièrement meurtriers qui ont secoué l'Italie depuis le début des années 1970. L'un des premiers épisodes survient le 12 décembre 1969. Ce jour là, à Milan, à 16 h 37, une bombe ravage le hall de la Banque de l'agriculture, tuant 16 personnes et en blessant 88. Quelques minutes auparavant, un employé de la Banque commerciale italienne a trouvé dans les locaux une serviette noire contenant une autre bombe dont le système de mise à feu n'a pas fonctionné. 20 minutes plus tard, à Rome, un second engin explose dans le passage souterrain de la Banque nationale du travail, faisant 16 blessés. À 17 h 22 et 17 h 30, deux nouvelles bombes explosent : l'une devant le monument aux morts de la ville de Rome, l'autre à l'entrée du musée du Risorgimento, piazza Venezia. Heureusement, cette dernière vague ne fait que 4 blessés. &lt;br /&gt;Présomption de culpabilité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces attentats synchronisés étaient-ils le fait de l'extrême gauche, de l'extrême droite ou d'autres commanditaires ? Les enquêteurs imputent immédiatement la responsabilité des 4 explosions aux anarchistes italiens. Dans un télex envoyé par le ministère italien de l'Intérieur, le 13 décembre 1969, à toutes les polices européennes, les autorités affirment qu'elles « [dirigent leurs] premiers soupçons vers les cercles anarchisants ». Dans la foulée, la police perquisitionne le siège de toutes les organisations gauchistes, ainsi que de quelques formations d'extrême droite en évitant les deux plus importantes, Ordine Nuovo et Avanguardia Nazionale. La presse embraye sur « une incroyable campagne contre les extrémistes de gauche » [2]. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enquête est d'une rapidité foudroyante : une dizaine d'anarchistes membres des cercles « Bakounine » et du « 22 mars » sont arrêtés, « de lourdes présomptions » pesant sur eux d'après les policiers. Ceux-ci se focalisent sur Pietro Valpreda, un anarchiste, danseur de profession. Certains de ces amis ont été arrêtés à la suite des attentats perpétrés à Milan le 25 avril 1969, contre le pavillon Fiat de la Foire de Milan et le bureau de change de la gare centrale. Un témoin miraculeux pour l'accusation, chauffeur de taxi, l'accuse : il s'agit de Cornelio Rolandi &lt;b&gt;qui avouera plus tard à l'avocat de Valpreda que le chef de la police de Milan lui a indiqué qui il devait reconnaître&lt;/b&gt;. Membre à la fois du Parti communiste et du MSI, le parti néo-fasciste italien, il meurt l'année suivante d'une &lt;b&gt;« pneumonie foudroyante sans fièvre », ajoutant ainsi son nom à la longue liste des morts suspectes.&lt;/b&gt; Le complice présumé de Valpreda, Giusepe Pinelli, &lt;b&gt;cheminot anarchiste, est défenestré à l'issue d'un interrogatoire&lt;/b&gt;. L'épisode dramatique inspirera au prix Nobel Dario Fo sa célèbre pièce Mort accidentelle d'un anarchiste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les pistes conduisant à l'extrême droite, et notamment le rapport du bureau du contre-espionnage italien (SIO) sur la participation de Mario Merlino et Stefino Delle Chiaie [3], figure fasciste bien connue, sont enterrées. Pourtant, comme l'écrit Frédéric Laurent, « le néo-fascisme est une réalité. Pour ceux qui l'ont étudié, c'est une réalité plus inquiétante que la fantasmatique « internationale terroriste » dont une certaine presse nous peint régulièrement le tableau terrifiant, avec ses chefs d'orchestre tout-puissants tirant les ficelles dans l'ombre à Moscou, Tripoli ou Pyongyang » [4]. &lt;br /&gt;La stratégie de la tension&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec le recul, la fin de la Seconde Guerre mondiale semble avoir marqué le véritable début d'un usage répété de méthodes terroristes par les États, afin de déstabiliser leurs propres systèmes démocratiques et de limiter les libertés individuelles. Ainsi, « loin d'être un acte isolé, le massacre de Milan est le point culminant d'une offensive concertée de déstabilisation du régime parlementaire italien. Cette « stratégie de la tension » comme l'a baptisée un journaliste de l'Observer est exemplaire. Exemplaire parce que, depuis [1968] elle fait de l'Italie un véritable laboratoire de la subversion de droite. Exemplaire aussi parce qu'elle révèle les techniques employées par les hommes de l'extrême droite, les moyens dont ils disposent et le soutien qu'ils peuvent attendre d'une fraction de l'appareil d'État » [5]. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « stratégie de la tension » peut être définie comme une campagne visant à créer un effondrement de l'ordre et de la loi, et par ricochet une crise de confiance des citoyens vis-à-vis d'un gouvernement démocratiquement élu, créant ainsi les conditions d'une prise de pouvoir par l'armée. Elle peut également simplement permettre de créer une psychose sécuritaire au sein de la population qui se tournera en conséquence vers les formations politiques les plus autoritaires. L'Italie, sous le coup d'une recrudescence de la violence politique des formations d'extrême gauche, mais surtout des néo-fascistes bénéficiant de la bénédiction des autorités [6], adopte une série de dispositions policières et législatives particulièrement attentatoires aux libertés individuelles. &lt;b&gt;C'est le cas de la loi Reale, adoptée le 22 mai 1975, qui « donne à la police la prépondérance d'exercice sur la magistrature. La police peut perquisitionner et arrêter une personne sans mandat du juge d'instruction, sur seul soupçon. Les interrogatoires ont lieu sans la présence d'avocat, même commis d'office (ce qui viole l'article 3 de la Constitution sur l'égalité devant la loi » [7]. En 1979, le décret-loi Cossiga allonge la durée de détention préventive pour les affaires liées au terrorisme, et autorise les écoutes téléphoniques. Des dispositions similaires ont été réactivées aux États-Unis et dans de nombreux pays alliés depuis le 11 septembre 2001, avec l'USA PATRIOT Act, les lois anti-terroristes adoptées en Grande-Bretagne, en Allemagne, et au Canada. En France, après l'adoption de la loi Perben II et le renforcement du Plan Vigipirate, la police dispose de pouvoirs d'exception accrus dans la lutte contre le terrorisme [8]. &lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mobiliser l'opinion publique contre un bouc émissaire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les exécutants des attentats italiens ont été identifiés, et parfois condamnés, on ignore toujours qui furent exactement les commanditaires. Tout au plus peut-on affirmer que cette stratégie avait été déterminée par les services secrets de l'Alliance atlantique, sans exclure qu'ils aient été débordés par les sous-traitants qu'ils avaient recrutés dans les milieux d'extrême droite, et qu'ils ont été mis en œuvre grâce à la complicité d'agents placés au plus haut niveau de l'État italien. Pour les services de l'OTAN comme pour les néo-fascistes, les Italiens n'avaient pas conscience du péril rouge et il fallait les faire souffrir pour les dresser contre les communistes. Ce mode de raisonnement n'est pas l'exclusivité des services atlantiques. Les attentats de Moscou survinrent, en 1999, lorsque Vladimir V. Poutine devint Premier ministre. Ils furent attribués aux Tchétchènes. Depuis, &lt;b&gt;des responsables du FSB ont admis qu'ils étaient en réalité l'œuvre d'officiers de leur service qui entendaient contraindre le gouvernement à relancer la guerre et y parvinrent.&lt;/b&gt; Quoi qu'il en soit, ce qui distingue ce type d'attentat des autres, &lt;b&gt;&lt;u&gt;c'est qu'il vise à provoquer une réaction émotionnelle forte pour mobiliser l'opinion publique contre un bouc émissaire. &lt;br /&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Ces exemples nous incitent à la plus extrême précaution dans la désignation des responsables des attentats de Madrid comme dans la vérification des éventuelles revendications.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[1] Celui-ci est arrivé à la tête du SISMI grâce à la loge P2 dont il est membre. En 1981, il est démis de ses fonctions lors du scandale de la loge maçonnique. En 1984, il meurt des suites d'une opération à Florence, mais son décès est considéré comme un assassinat déguisé par des membres de la Commission d'enquête parlementaire sur la P2. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[2] L'Orchestre Noir, de Frédéric Laurent, Stock, 1978. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[3] Stefino Delle Chiaie est à la tête d'un groupe terroriste italien néo-fasciste, dont les membres en exil vont rejoindre les rangs du projet Condor mené par Klaus Barbie en Bolivie et dont les objectifs sont fixés par la CIA. Lui-même sera recruté par Barbie à la fin des années 1970, notamment pour une tentative de coup d'État à La Paz. Voir « Klaus Barbie : A Killer's Career », par Kai Hermann, Covert Action, hiver 1986. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[4] L'Orchestre Noir, op.cit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[5] L'Orchestre Noir, op.cit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[6] &lt;b&gt;&lt;u&gt;Sur l'ensemble des attentats qui vont secouer le pays, essentiellement attribués à l'extrême gauche à l'époque (qu'il s'agisse des Brigades Rouges, des anarchistes ou d'autres groupes encore), un rapport du ministère de l'Intérieur de 1981 affirme au final que 67,55 % des violences commises en Italie de 1969 à 1980 sont imputables à l'extrême droite, 26,5 % à l'extrême gauche et 5,95 % à d'autres organisations. &lt;br /&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;[7] « Justice « de plomb » en Italie », par Anne Schimel, Le Monde Diplomatique, avril 1998. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[8] Pour un détail des législations adoptées après le 11 septembre, voir Le Top 15 des États les plus liberticides par le Collectif Libertés Immuables (Fédération Internationale des ligues des Droits de l'homme, Human Rights Watch, Reporters sans frontières).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.reseauvoltaire.net/article12840.html"&gt;http://www.reseauvoltaire.net/article12840.html&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-110859955115166481?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.reseauvoltaire.net/article12840.html' title='Terrorisme d&apos;État - 1980 : Carnage à Bologne, 85 morts - Stratégie de la tension'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/110859955115166481/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=110859955115166481' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110859955115166481'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110859955115166481'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/02/terrorisme-dtat-1980-carnage-bologne.html' title='Terrorisme d&apos;État - 1980 : Carnage à Bologne, 85 morts - Stratégie de la tension'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-110859590410687684</id><published>2005-02-17T00:15:00.000+01:00</published><updated>2005-02-17T11:44:09.533+01:00</updated><title type='text'>Tendances et statistiques des catastrophes</title><content type='html'>Tendances et statistiques des catastrophes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cours des dix dernières années, le nombre des catastrophes " naturelles " et des accidents technologiques a augmenté dans des proportions importantes. Entre 1994 et 1998, la moyenne s'est établie à 428 événements par an ; e&lt;b&gt;ntre 1999 et 2003, elle a augmenté de deux tiers pour atteindre 707 par an en moyenne.&lt;/b&gt; La plus forte hausse a été enregistrée dans les pays à faible indice de développement humain (142 pour cent d'augmentation) et ce sont les accidents de transport qui ont connu la progression la plus dramatique (75 pour cent d'augmentation). Encore faut-il souligner que nos statistiques n'englobent que les accidents ayant fait au moins dix morts ou une centaine de sinistrés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les catastrophes hydrométéorologiques et géophysiques ont également connu une hausse spectaculaire, augmentant de 68 et, respectivement, 62 pour cent durant la décennie.&lt;/b&gt; Cette évolution reflète des tendances à long terme. Toutefois, les catastrophes climatiques restent de loin les plus fréquentes avec un rapport de neuf pour un par rapport aux catastrophes géophysiques. Parmi les catastrophes naturelles, les inondations sont les plus souvent citées en Afrique, en Asie et en Europe, alors que les Amériques et l'Océanie sont principalement frappées par des ouragans. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Le bilan en vies humaines a atteint 77 000 l'année dernière, soit trois fois plus qu'en 2002&lt;/b&gt;, les pays moyennement et fortement développés étant les plus éprouvés. Rien qu'en Europe, les catastrophes ont fait près de 31 000 morts en 2003, victimes pour la plupart de la vague de chaleur du mois d'août. Ce chiffre est huit fois plus élevé que la moyenne annuelle des neuf années précédentes. Le tremblement de terre de Bam a fait à lui seul au moins 26 000 morts. Dans les pays à faible indice de développement humain, en revanche, le bilan en vies humaines des catastrophes a été le plus modeste des neuf dernières années. Au cours de la décennie, cependant, plus de la moitié des personnes tuées par des catastrophes naturelles étaient des habitants de ces mêmes pays. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant cette même période, sécheresse et famine ont été les phénomènes les plus meurtriers avec au moins 275 000 victimes, soit près de la moitié du total. En moyenne, elles ont fait à chaque fois plus de 1000 morts, contre 370 pour les séismes et un peu plus de 300 pour les températures extrêmes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En dépit de l'augmentation du nombre de catastrophes, la moyenne annuelle de tués est tombée de 75 000 entre 1994 et 1998 à 59 000 entre 1999 et 2003. Le nombre des personnes affectées, en revanche, a continué d'augmenter. De 213 millions environ en moyenne pendant les cinq premières années, il est en effet passé à 303 millions pour les cinq années suivantes, soit une hausse de plus de 40 pour cent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La baisse relative du nombre de personnes tuées par les catastrophes hydrométéorologiques, en particulier, s'explique en partie par l'amélioration des prévisions par satellite et des systèmes d'alerte précoce, ainsi que par le renforcement de la préparation aux catastrophes au niveau communautaire. Quant à l'augmentation du nombre de personnes affectées, elle tient à différents facteurs : fréquence accrue des catastrophes, rapide accroissement de la population dans les régions les plus pauvres, et développement accéléré et incontrôlé, en particulier dans les agglomérations urbaines. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'impact des catastrophes varie énormément selon le niveau de développement humain des pays touchés. Au cours des dix dernières années, chaque catastrophe a fait en moyenne 44 morts dans les pays à fort indice de développement humain, et 300 morts dans les pays à faible indice de développement humain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, l'impact économique affiche une tendance inverse avec une moyenne de 318 millions de dollars américains de dommages par événement dans les pays les plus développés, contre 28 millions seulement - soit onze fois moins - dans les pays les moins développés. Toutefois, ces chiffres ne tiennent pas compte des conséquences beaucoup plus dramatiques des catastrophes sur le produit intérieur brut des pays les plus pauvres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'agissant de l'évolution de l'assistance, l'aide publique au développement (APD) des pays membres du Comité d'aide au développement (CAD) de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a atteint 58,3 milliards de dollars américains en 2002, soit une augmentation de 11,3 pour cent par rapport à l'année précédente. Le Canada, la France, la Grèce, l'Irlande et l'Italie ont relevé leurs contributions individuelles de plus de 30 pour cent. Les plus fortes hausses absolues ont été enregistrées aux États-Unis (1,86 milliard de dollars) et en France (1,28 milliard de dollars). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parmi les cinq principaux bailleurs de fonds, les États-Unis ont augmenté leur contribution à l'aide extérieure de manière particulièrement sensible depuis 1997. Au cours des dix dernières années, c&lt;b&gt;elle du Royaume-Uni a également grimpé de façon soutenue, jusqu'à atteindre les niveaux de la France et de l'Allemagne, en déclin depuis le milieu des années 1990.&lt;/b&gt; Le Japon a fourni la plus importante contribution à l'APD jusqu'en 2000, après quoi il a été détrôné par les États-Unis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'on mesure l'aide extérieure en pourcentage du revenu national brut, cinq pays seulement (&lt;b&gt;&lt;u&gt;Danemark, Norvège, Suède, Pays-Bas et Luxembourg) ont dépassé l'objectif de 0,7 pour cent fixé par les Nations unies&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;. Par rapport à 2001, ce même pourcentage a toutefois augmenté pour l'Australie, la Belgique, le Canada, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, l'Irlande, l'Italie, la Norvège, le Portugal et la Suède. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à l'aide d'urgence (exclusion faite des secours fournis par les institutions multilatérales et par les ONG), elle est passée de 3,3 milliards de dollars américains en 2001 à 3,9 milliards en 2002, soit une augmentation de 18 pour cent. Comme les années précédentes, les États-Unis ont été le principal donateur dans ce domaine, avec 36 pour cent du total. Il convient de souligner que les règles du CAD autorisent les donateurs à inclure dans leur contribution à l'aide d'urgence l'assistance fournie dans leur propre pays aux réfugiés (25 pour cent du total en 2001). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est notoirement très difficile de mesurer avec précision les sommes consacrées à l'aide humanitaire, les donateurs calculant leurs contributions de différentes manières. Ainsi, le total de 3,9 milliards de dollars d'aide d'urgence mentionné ci-dessus ne rend pas pleinement compte de la réalité, certains rapports indépendants estimant à au moins 10 milliards de dollars par an le montant global de l'aide humanitaire. Pour l'année 2001, ce montant s'est décomposé comme suit : "&lt;br /&gt;aide humanitaire des pays membres du CAD/OCDE (non comprise l'assistance aux réfugiés hébergés dans les pays donateurs) : 4,2 milliards de dollars ; &lt;br /&gt;contributions des pays membres du CAD/OCDE à des programmes de relèvement après-conflit : 4 milliards de dollars ; &lt;br /&gt;aide humanitaire de pays n'appartenant pas au CAD (en particulier l'Arabie saoudite et la Corée du Sud) : 500 millions de dollars ; &lt;br /&gt;contributions volontaires du public par le biais des ONG : 700 millions à 1,5 milliard de dollars ; et&lt;br /&gt;aide humanitaire multilatérale (via les ONG, les Nations Unies et d'autres organisations internationales) non incluse dans les statistiques du CAD : 400 millions de dollars. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce chapitre est dû principalement à Jonathan Walter, rédacteur en chef du Rapport sur les catastrophes dans le monde, à Philippe Hoyois, chargé de recherche au CRED, à Regina Below, administratrice d'EM-DAT, et à Debarati Guha-Sapir, directeur du CRED. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;EM-DAT, une base de données sur les catastrophes &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les données relatives aux catastrophes et à leur impact humain au cours des dix dernières années proviennent de la base EM-DAT et ont été compilées par le Centre de recherche sur l'épidémiologie des désastres (CRED). Fondé en 1973, le CRED est une institution sans but lucratif sise à l'École de santé publique de l'Université catholique de Louvain, en Belgique. Si son champ d'intérêt principal est la santé publique, le centre étudie toutefois également l'impact socioéconomique et les effets à long terme des catastrophes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis 1988, il gère EM-DAT, une base de données sur les catastrophes qui rassemble aujourd'hui des informations essentielles sur plus de 14 000 événements survenus à travers le monde entier depuis 1900. Les données proviennent d'un large éventail de sources incluant les agences des Nations unies, les ONG, les compagnies d'assurance, les instituts de recherche et les agences de presse. Elles sont constamment mises à jour afin de compléter l'information et d'éviter les redondances et incohérences. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les nouvelles données sont introduites sur EM-DAT à la fin de l'année, priorité étant réservée à celles des agences des Nations unies, de l'OFDA, des gouvernements et de la Fédération internationale. Cet échantillonnage ne correspond nullement à un critère de qualité ou de valeur des informations, mais reflète simplement le fait que les différentes sources ne traitent pas la totalité des catastrophes ou qu'elles sont assujetties à des contraintes politiques susceptibles d'influer sur les chiffres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette base de données vise essentiellement à faciliter l'action humanitaire au plan national comme au niveau international, à rationaliser les stratégies de préparation en prévision des catastrophes et à fournir un cadre de référence objectif pour l'évaluation des vulnérabilités et l'établissement des priorités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.ifrc.org/fr/publicat/wdr2004/chapter8.asp"&gt;http://www.ifrc.org/fr/publicat/wdr2004/chapter8.asp&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-110859590410687684?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.ifrc.org/fr/publicat/wdr2004/chapter8.asp' title='Tendances et statistiques des catastrophes'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/110859590410687684/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=110859590410687684' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110859590410687684'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110859590410687684'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/02/tendances-et-statistiques-des.html' title='Tendances et statistiques des catastrophes'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-110859561789589346</id><published>2005-02-17T00:11:00.000+01:00</published><updated>2005-02-17T11:41:14.990+01:00</updated><title type='text'>Algérie 1988 - 2000 : Autopsie d'une tragédie. "Si tu parles, tu meurs. Si tu te tais, tu meurs. Alors parle, et meurs"</title><content type='html'>Sur la trois, le 15 février à 23 h 50 (...) une suite de trois dossier de Malik Aït Aoudia et Séverine labat, diffusés jusqu'à deux heures du matin. Titre : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ALGERIE 1988 - 2000 : AUTOPSIE D'UNE TRAGEDIE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui frappe c'est l'heure tardive. Comme si on avait voulu diffuser ces document en évitant de froisser le petit peuple, ou de déclencher quelques foudres. Trois dossiers très longs, pratiquement impossibles à enregistrer. Qui aura pu suivre cette émission qui démarre à minuit moins dix ? J'ai lié ces deux dossiers, diffusés le même soir : le précédent, sur les Etats Unis en guerre contre ... une grande partie du monde, et celui-là. Je pense qu'il fera suite à celui que j'installerai sur la Guerre d'Algérie. J'ai attendu pour ce faire que plusieurs mois se soient écoulés depuis la sortie du numéro spécial publié par Science et Vie en novembre 2004, où je puiserai des documents iconographiques. Je ne saurais trop recommander à mes lecteurs de se procurer ce document exceptionnel sur tous les plans. 2004 représente le cinquantenaire de ce que les Algériens, après leur indépendance, avaient qualifié de "prise de la Bastiille" et qui constitua pendant longtemps leur fête nationale. Elle marque le lancement d'une vague d'attentats contre les Français. J'aurai l'occasion d'en reparler. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le document de Malik Aït Aoudia et de Séverine Labat (chercheuse au Cnrs) représente ... la suite. Depuis les accords d'Evian, vingt ans se sont écoulés. L'Algérie a vécu son lendemain de révolution, sa fin de guerre civile. Elle a exilé nombre de ses combattants historiques. Le pays a décidé de se construire à l'image d'une république socialiste. Elle a un président, une armée, une police, mais aucune politique économique digne de ce nom. Elle tire 90 % de ses revenus de sa manne pétrolière et doit importer la nourriture de ses habitants, alors que c'est un véritable ... grenier à blé. Mais la démographie, totalement incontrôlée, explose. Il n'y a pas de politique d'éducation, pas de politique de santé publique, pas de politique démographique, pas de politique agronomique, pas de politique du tout. Comme le dit le commentaire, l'Algérie a manqué de véritables hommes politiques. Dans les hautes sphères c'est simplement un ballet d'hommes de pouvoir, avec les intrigues et la corruption en prime. Le pays ne se développe pas, n'acquiert aucune dimension sur le plan international. Sur ce terreau le FIS va se développer. C'est le "Front Islamique du Salut" dont l'unique but est d'instaurer à terme dans le pays une république islamique. Si le mot "république" a un sens. Il vient du latin res publica "les choses du peuple". En fait un gouvernement islamique est une théocratie. Simple remarque en passant : Bush n'en est pas loin non plus, lui qui invoque son dieu à tout moment et s'arroge le droit de définir l'axe du bien et l'axe du mal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le président algérien, dont j'ai oublié le nom, se maintiendra quinze années de rang, je crois. Sans rien faire de marquant, sauf se cramponner à son poste. Les discours des leaders du FIS sont violents. Ils se déclarent contre la démocratie, si elle s'écarte de la loi de Dieu. Le menu est sur la porte. Mais le Président croît que le FIS n'est qu'une sorte de feu de paille et s'imagine que ce parti va s'effondrer, s'il est confronté à des problèmes politiques et économiques réels. "Ils n'ont pas de programme", se prête-t-il à répéter. En 1988 le pouvoir réprime durement un soulèvement de rue, une sorte de "Printemps d'Alger". Des jeunes manifestent, sans but précis. Ils cassent, incités sans doute à le faire par des agitateurs. La police, la troupe intervient, sans habitude des manifestations populaires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 91 le pouvoir organise des élections. Le FIS est extrêmement actif, parcourt les villes, les douars, promet monts et merveilles, dénonce l'incurie très réelle du parti au pouvoir, le FNL. Au premier tour beaucoup d 'électeurs, passablement écoeurés par les alternatives proposées, se détournent des urnes. Le FIS réalise alors une énorme avancée. Il est clair qu'il devrait avoir au second tour les 2/3 des voix. Les gens au pouvoir sont complètement dépassés par les évènements. Le parti qui critique ouvertement le système démocratique est sur le point de conquérir le pouvoir ... par les urnes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On emprisonne les leaders du FIS. Le gouvernement ... invalide les électiions ! Le président finit par démissionner. On va alors chercher Boudiaf, un des chefs historiques du FNL, en exil au Maroc depuis la fin de la guerre d'indépendance. C'est lui qui fut l'instigateur le la vague d'attentats de novembre 1954 qui déclencha l'insurrection armée contre les Français. Il se fait longuement prier avant d'accepter de devenir le nouveau président. Soudain, des hommes politiques en témoignent, les choses semblent changer. Boudiaf, pour la première fois, semble avoir l'envergure d'un véritable homme politique. Mais pour redresser l'Algérie il lui faut s'opposer à la vieille garde, à la vieille mafia du FNL, aux corrompus, aux clans, au népotisme, au tribalisme qui s'est rapidement reconstitué dès l'indépendance. Il annonce que si des gens ont des compétences, alors on leur confiera des responsabilités, d'où qu'ils viennent. Pour la première fois le Président de l'Algérie envisage de construire un programme de développement, d'éducation, de santé. Mais il n'a pas le temps de faire grand chose. Il est rapidement assassiné par un officier de sa propre garde, qui lance une grenade pendant un de ses discours. Il se rendra par la suite en disant qu'il a agi par conviction islamiste et qu'il ne craint nullement la mort. Condamné, il ne sera jamais exécuté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1994 : le FIS, privé de sa victoire électorale, décide de prendre le maquis. Une seconde Guerre d'Algérie débute, présentant beaucoup de points communs avec la précédente. Rappelez vous comment les informations nous sont parvenues : à travers de simples communiqués. On ne savait pas qui tuait qui. Les Français disaient "depuis que nous sommes partis, ils s'égorgent entre eux". Le FIS tient les campagnes. Le pouvoir est mal armé contre lui. Les attentats se multiplient, visant les militaires, tous les gens "ayant une casquette". Il s'agit de déstabiliser complètement l'état algérien pour pouvoir en faire un état islamiste. Le nouveau président tente de négocier avec les islamistes, réclamant une trève. Les maquisards réclament alors la libération de leurs chefs historiques, emprisonnés. Le gouvernement demande à ceux-ci d'ordonner la fin des attentats. Mais les chefs du FILS font de leur mise en liberté un préalable, sans condition. En fait, jamais ils ne s'opposeront aux attentats, qui sont aussi horribles que ceux qui ensanglantèrent la Guerre contre les Français. Là c'est une guerre civile où tout se règle à l'arme blanche. On égorge, on torture. Parallèlement au FIS se crée le GIA, le groupe d'intervention armée. L'Algérie est ravagée par ces deux factions. En dix ans il y aura 78.000 morts, dont 25.000 dans les forces publiques. On trouve de tout : des voitures piégées qui explosent contre des commissariats, à des heures d'affluence, des embuscades, des fonctionnaires assassinés, des villagoies égorgés. Certains attentats, en milieux urbains, font plus de cent morts. Les islamistes égorgent des femmes qui circulent sans voile, et violent ainsi la loi islamique. Les terroristes s'en prennent aux intellectuels, aux enseignants, aux journalistes, au cinéastes. Un ancien leader du GIA, ayant bénéficié de loi d'amnistie, explique tout tranquilement pourquoi la froide et systématique élimination des intellectuels s'inscrit dans une logique de guerre. Sa voix est douce. Il n'a pas d'états d'âme. Un des journalistes dit, lors de l'enterrement d'un de ses collègues : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &lt;b&gt;&lt;u&gt;&lt;font size="+1"&gt;Si tu parles, tu meurs. Si tu te tais, tu meurs. Alors parle, et meurs. &lt;/font&gt;&lt;/u&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui frappe dans cette histoire incroyablement chaotique c'est le courage civique incroyable de certains algériens, qui n'hésitent pas à reprendre une manifestation, après que des grenades aient tué plusieurs des leurs. Le pouvoir reste sans réaction. Pendant des années il tentera de négocier avec les islamistes. Or, s'il est une chose qui se dégage de ce pan sanglant de l'histoire algérienne c'est que la course vers l'établissement d'un pouvoir islamiste est sans nuance. C'est la charria et rien d'autre. Des femmes algériennes risquent ouvertement leur vie, à visage découvert, défilant en tenant devant elles des pantalons d'hommes. Elles demandent au président, qui apparemment ne se soucie que de sa réelection, de faire preuve d'énergie, de réagir. Mais il ne bouge pas et truquera même les élections suivantes, dans le plus "style FNL ". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'armée et la police essayent de gérer la situation. On finit par armer des villageois, qui réclament à cor et à cri des armes pour faire face aux pressions et aux menaces auquelles ils sont soumis de la part des groupes terroristes. Quelque chose dessine. En fait les islamistes se sont inspirés de la stratégie adoptée par le FNL en début de guerre d'Algérie : faire basculer les populations dans leur camp en faisant régner la terreur. Des villages sont décimés, hommes, femmes et enfants sont rituellement égorgés, à la chaîne, maison après maison, famille après famille. Mais certains villages, armés, mettent les terroristes en échec. Ailleurs on procède à des regroupements de populations, pour tenter de les mettres à l'abri. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne s'agit plus d'une guerre coloniale. Les Algériens ne peuvent pas partir. La France n'est pas une terre de repli, comme elle le fut pour les pieds-noirs. L'alternative qu'on tente de leur imposer est simple : opter pour la loi islamiste ou mourir. Dans les rangs des terroristes la violence règne également. Des repentis témoigneront : "Il fallait égorger à tour de bras, sinon on nous égorgeait, nous". Le pouvoir et la police marquent un point en pratiquant par deux fois des opérations d'amnistie, qui dépeuplent un peu les rangs des auteurs d'attentats. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette histoire est confuse. Je n'en ai pas noté tous les détails. On y trouve des scène de rassemblements de fanatiques exaltés. Il y a des gens qui font peur, qui ont des regards de fous. Un des leaders du FIS, libéré, écrit une lettre à une des responsables des maquis en lui disant "nous vous cautionnons complètement pour tout ce que vous avez fait depuis des années. Votre combat est le nôtre. Ceux qui s'opposent aux volontés de Dieu doivent mourir". La lettre est saisie accidentellement mais démontre sans ambiguité la collusion complète entre les responsables religieux, politiques et les terroristes. L'Algérie connaît alors un sursaut. Les amnisties ont affaibli le GIA, la phalange la plus violente. De nouvelles élections ont cette fois mis les islamistes en minorité. Dans les Aurès, partisans du FIS et du GIA ... s'opposent et .. s'entre-égorgent (comme ce fut le cas entre factions opposées à l'intérieur même du FNL pendant la guerre d'Algérie). Et c'est là qu'il faut concentrer toute son attention. Comme durant la Guerre d'Algérie, la violence finit par ressembler à une drogue dans cette guerre civile fratricide. Les terroristes décident de s'en prendre au peuple lui-même. Tout bascule dans une folie meurtrière. Des femmes opèrent des recensements dans des villages. Puis ceux-ci sont bouclés. On égorge ... ceux qui ont voté ! C'est l'horreur absolue. Des responsables de ces tueries expliqueront les raisons de nombreux massacres d'enfants. C'était, disaient-ils, pour leur épargner de devenir comme leurs parents. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons ignoré tout cela, pendant dix ans, ou feint de ne pas l'entendre. "Cachez cette violence, que je ne saurais voir". Banalisés, réduits à de simples communiqués, ces faits devenaient pour nous incompréhensibles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 2000 l'Algérie se trouvera lassée par tous ces massacres. Vient le temps de négociations et d'amnisties. Le chef de la police précise "c'était la seule solution pour que ça cesse". Des proches de gens assassinés se pressent, brandissant des photos et réclamant justice. Mais celle-ci ne sera pas rendue. Car c'est la seule façon de faire cesser ces tueries. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, que s'est-il passé en 18 années ? On dirait une sorte de psychodrame abominable. Les responsables ? Au premier chef les politiques de la première heure qui, après l'obtention de l'indépendance se sont avérés incapables de doter l'Algérie d'un véritable avenir politique, de gérer ses ressources. Corruption, mais aussi simplement incompétence. On ne s'improvise pas gestionnaire. Seul Boudiaf, pendant un bref moment, semble réellement désireux de voir son pays évoluer, mais il sera rapidement assassiné. Incurie, incompétencxe, corruption : le terrain de l'extrêmisme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous retrouvons dans cette émission face à des hommes et des femmes que quelques centaines de kilomètres séparent de nous et qui parlent notre langue. Lors d'une manifestation une femme crie devant les caméras : dites leur, dites au Français que nous ne nous laisserons pas abattre. Nous résisterons jusqu'au bout. Un homme politique ou un intellectuel algérien dit, à titre de conclusion "essayez d'imaginer ce qui se serait passé si les islamistes avaient gagné, si l'Algérie était devenue leur nouvelle tête de pont". Le commentaire insiste sur "deux façons de vivre l'islam", l'une d'entre elle étant assimilée à une forme de fascisme, où la religion n'est qu'un prétexte pour s'emparer du pouvoir. Ce que nous montre ce film c'est un peu "ce que vous risquez de connaître demain, vous, les Français". Il indique que face à l'intégrisme la faiblesse ou même la nagociation ne constituent pas un bon calcul. Dès le départ les membres du FIAS avaient annoncé la couleur : un état Islamiste est le contraire d'une démocratie. L'impression dominante est que de nombreux algériens ont fait preuve d'un courage incroyable, au moment où la France en particulier, soucieuse avant tout de ne pas voir ce terrorisme s'exporter sur son territoire donnait peu d'échos à tout ce qui se passait de l'autre côté de la Méditerrannée. Or, comme le montrent Malik Aït Aoudia et Séverine Labat ( du Cnrs ) ce qui s'est joué là-bas c'est un combat sans pitié au terme duquel des extrêmistes se réclamant de l'Islam ont été contenus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne devons pas oublier que nous, Européens, vivons sur le plan-là sur des poudrières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.jp-petit.com/Presse/les_deux_versants_du_monde.htm"&gt;http://www.jp-petit.com/Presse/les_deux_versants_du_monde.htm&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-110859561789589346?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.jp-petit.com/Presse/les_deux_versants_du_monde.htm' title='Algérie 1988 - 2000 : Autopsie d&apos;une tragédie. &quot;Si tu parles, tu meurs. Si tu te tais, tu meurs. Alors parle, et meurs&quot;'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/110859561789589346/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=110859561789589346' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110859561789589346'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110859561789589346'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/02/algrie-1988-2000-autopsie-dune-tragdie.html' title='Algérie 1988 - 2000 : Autopsie d&apos;une tragédie. &quot;Si tu parles, tu meurs. Si tu te tais, tu meurs. Alors parle, et meurs&quot;'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-110859468309204542</id><published>2005-02-16T23:56:00.000+01:00</published><updated>2005-02-17T11:38:34.216+01:00</updated><title type='text'>Roger Wybot et la bataille pour la DST</title><content type='html'>Roger Wybot et la bataille pour la DST, Presses de la Cité 1975&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roger Wybot (1912-1997) a organisé la DST en 1944. Il en sera éjecté par de Gaulle en 1958. Le livre, rédigé par un journaliste, met en forme son témoignage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Wybot était méthodique et rationnel. Il s’intéressait beaucoup à la psychologie et à la psychanalyse. Cela le rendait incommode à certaines personnes. Ainsi son premier entretien avec de Gaulle à Londres, en 1941, s’est mal passé : se faisant un devoir de démolir les illusions du général sur l’opinion des Français, Wybot déchaînera sa fureur. Bien que gaulliste, il n’avait pas le caractère qu’il fallait pour être l’un des favoris du général. Ils ne se sont jamais bien entendu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La DST, sous Wybot, révèle des « affaires » pénibles : affaire des généraux en 1949, affaire des fuites en 1954. Étant gamin à l’époque, je me rappelle en avoir lu des comptes rendus incompréhensibles dans les journaux. Le livre éclaire ces affaires et révèle certains des ressorts de notre société. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les interrogatoires Wybot n’utilise pas la torture qu’il juge inefficace autant qu'indigne : ce sont des parties d’échec où la seule force mise en oeuvre est celle de l’intellect. Son bureau est équipé de micros et la conversation est enregistrée à l’insu du suspect. Des inspecteurs la suivent à distance et font une recherche documentaire dont ils apportent les résultats à Wybot. Calme, froid et objectif, il demande au suspect de s’expliquer sur des faits avérés. Celui-ci, d’abord rassuré par l’absence de pression physique, parle d'abondance. Inévitablement il se contredit, puis s’enferre et finalement avoue – à moins que son innocence n’éclate. Tout est enregistré par procès-verbal dûment signé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Wybot n’est certes pas un tendre, mais il n’a jamais confondu les genres. Ce n’est pas lui qui aurait engagé des chars lourds et des hélicoptères dans des opérations de maintien de l’ordre, manoeuvre affligeante dont nous sommes trop souvent témoins à la télévision. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui sont chargés de la &lt;b&gt;lutte antiterroriste méditeront la méthode &lt;/b&gt;qu’il a utilisée contre le FLN (pp. 449-451) :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;b&gt;Je développe mon système d’infiltration des réseaux du FLN par des agents à nous&lt;/b&gt;. Les hommes que nous glissons dans le dispositif adverse, souvent à des postes subalternes, &lt;b&gt;nous les aidons à conquérir progressivement de l’importance &lt;/b&gt;au sein de la rébellion. Nous leur permettons par exemple de passer des armes, de l’argent pour le FLN. Leurs convois clandestins sont protégés par la DST alors que les transports d’armement d’autres chefs fellagas sont bloqués, saisis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;b&gt;Avec notre accord et la complicité de l’armée française, nos agents FLN montent également des opérations bidon&lt;/b&gt;, de manière à se couvrir de gloire aux yeux de l’état-major du Caire et de Tunis. Chaque fois, nous organisons tout nous-mêmes pour rendre le coup de main rebelle totalement crédible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Au fur et à mesure, nous déblayons le terrain devant eux. Leurs camarades se font prendre, leurs chefs jouent également de malchance. Ce qui leur permet de grimper dans la hiérarchie clandestine, de remplacer ceux que nous choisissons d’éliminer. Certains de ces agents doubles vont atteindre les plus hauts échelons dans l’état-major FLN. Il nous est arrivé de manipuler des chefs et des chefs adjoints de willayas (…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Grâce à ce noyautage de l’adversaire, j’ai pu tenir à jour, dès la première minute, tout l’organigramme de la rébellion, surtout en métropole. Dès qu’un attentat FLN est commis, je sais qui l’a perpétré. Si je veux en arrêter les auteurs, je n’ai qu’un signe à faire. (…) Mais ce qui m’intéresse, ce n’est pas tellement d’appréhender quelques terroristes algériens. La plupart du temps, je les laisse courir un peu, en les surveillant discrètement, enregistrant leurs contacts, leurs cachettes. Ma tactique c’est de lancer, de temps à autre, de vastes coups de filet décapitant partiellement leur organisation. Volontairement, je laisse toujours échapper quelques proies que je fais filer. J’attends que les willayas démantelées se reconstituent avec du sang neuf, puis je frappe à nouveau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;b&gt;Ce qui me permet, à tout moment, de contrôler l’état major ennemi&lt;/b&gt;, parfois d’en dresser les chefs les uns contre les autres. Par exemple, lors de certaines arrestations massives, j’épargne les éléments les plus durs, mais de manière à faire peser sur eux un climat de suspicion. Leurs amis se posent des questions, s’étonnent qu’ils aient pu s’échapper si facilement. Ils seront dénoncés comme indicateurs de police par les agents doubles que j’ai mis en place moi-même, et se feront éliminer comme « traîtres »…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;a href="http://www.volle.com/lectures/bernert.htm"&gt;http://www.volle.com/lectures/bernert.htm&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;br /&gt;&lt;li&gt;&lt;/li&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-110859468309204542?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='related' href='http://www.volle.com/lectures/bernert.htm' title='Roger Wybot et la bataille pour la DST'/><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/110859468309204542/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=110859468309204542' title='23 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110859468309204542'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110859468309204542'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/02/roger-wybot-et-la-bataille-pour-la-dst.html' title='Roger Wybot et la bataille pour la DST'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>23</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-10745738.post-110804252961158950</id><published>2005-02-10T14:32:00.000+01:00</published><updated>2005-02-17T11:36:19.026+01:00</updated><title type='text'>Premier</title><content type='html'>"Au commencement était le verbe"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce Blog est une tentative de formalisation de mes péregrinations sur la toile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Source Le Robert]&lt;br /&gt;&lt;b&gt;PEREGRINATION&lt;/b&gt; n. f., d'abord écrit peregrinaciun (v. 1120), est emprunté au latin peregrinatio, -onis qui désigne un voyage ou un séjour à l'étranger et spécialement, en latin chrétien, la vie terrestre considérée par métaphore comme un voyage loin du Ciel, vraie patrie du croyant, ainsi que le pèlerinage aux Lieux saints. Peregrinatio est le nom d'action dérivé du supin (peregrinatum) de peregrinari «voyager à l'étranger, y séjourner», lui même dérivé de peregrinus (- pèlerin). Le mot a été repris avec son sens métaphorique de «vie terrestre» dans le langage religieux et pour désigner un pèlerinage en Lieux saints (v. 1155). Ces sens ont disparu, de même que le sens propre de «voyage à l'étranger» repris au latin par les humanistes (1546, Rabelais). o La langue moderne emploie généralement le mot au pluriel et l'applique à des allées et venues, des déplacements incessants (1845), un voyage à l'itinéraire compliqué, en particulier la migration de certains animaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;PÉRÉGRIN, INE &lt;/b&gt;adj. et n. est emprunté (v. 1120) au latin peregrinus «étranger» et «personne libre qui ne jouissait pas du droit de cité et du droit latin à Rome» (- pèlerin). Le mot, équivalent de pèlerin en ancien français, a été remplacé par pèlerin dans tous ses emplois, y compris faucon pérégrin (v. 1350), emprunt au latin médiéval falco peregrinus (v. 1150). II a été repris par la langue didactique comme terme d'Antiquité romaine (1875). L'adjectif qu'il a produit, PÉRÉGRINAL, ALE, AUX «relatif au déplacement, au voyage», est rare et d'usage didactique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;PÉRÉGRINER&lt;/b&gt; v. intr., emprunt (v. 1350) au verbe latin peregrinari, est quasiment sorti d'usage avec ses deux sens de «faire un pèlerinage» et «voyager» (1506-1507. On rencontre quelquefois son participe présent PÉRÉGRINANT substantivé. -Le dérivé PÉRÉGRINISME n. m., terme de linguistique, sert à désigner une variété d'emprunt senti comme étranger et en quelque sorte cité (cf. xénisme).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/10745738-110804252961158950?l=faitsderangeants.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/feeds/110804252961158950/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=10745738&amp;postID=110804252961158950' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110804252961158950'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/10745738/posts/default/110804252961158950'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://faitsderangeants.blogspot.com/2005/02/premier.html' title='Premier'/><author><name>Tenten</name><uri>http://www.blogger.com/profile/03693108762581517249</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
